La semaine dernière, j'ai fréquenté la 4e dimension. J'ai pris de l'altitude, beaucoup d'amplitude et énormément de décibels. Invité par mon pote SundayOliseh qui est lui-même invité par l'Ajax d'Amsterdam, j'ai assisté à un match parmi 80.000 amoureux.
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La semaine dernière, j'ai fréquenté la 4e dimension. J'ai pris de l'altitude, beaucoup d'amplitude et énormément de décibels. Invité par mon pote SundayOliseh qui est lui-même invité par l'Ajax d'Amsterdam, j'ai assisté à un match parmi 80.000 amoureux. Préambule : rendez-vous à 15 h à Gelsenkirchen. Les Ajacides ont réquisitionné un hôtel. On se croirait à Amsterdam. Il est redécoré en rouge et blanc. Y a même les canaux et les vélos. Mais ils sont allemands. Je le sais car ils sont turbo diesel avec injection au kérosène et y a une petite étoile sur le guidon. Sunday est invité en tant qu'ancienne star de l'Ajax. Ça tombe bien, il l'a aussi été à Dortmund. Le car avec les invités arrive. C'est un car du club, décoré " Ajax ". Les mecs ont l'air fiers. Goeien dag, bla-bla-bla, champagne et puis on passe à table. Mais avant d'engouffrer, on se nourrit de compétences. Sunday et l'autre star Kiki Musampa (Ajax, Bordeaux, Malaga, At. Madrid, Man City, entre autres) sont priés de présenter le match. Le présenter en analysant le jeu des deux équipes. Sunday s'occupe de Dortmund. Et là, on a l'impression que le match se joue sur une feuille blanche cinq heures avant le coup d'envoi. Leçon tactique et philosophique sur le foot. Un quart d'heure de haut niveau. Après ça, on ne regarde plus un match de la même façon. Si ce mec ne finit pas entraîneur de haut niveau, ce serait un peu comme si on avait interdit à Jimmy Hendrix de joueur de la guitare. Au stade, je suis peinard, assis dans un siège en cuir avec une " pils " à la main. Tout ça à 20 minutes du coup d'envoi. Je vois la tribune de presse en face de moi. Les collègues s'affairent, moi je reste tranquille. Cool. En plus, pas de casque sur la tête. Je peux enfin me rendre compte de cette putain d'ambiance de fou. Ce stade ne s'arrête jamais et comme ils ne sont pas loin de 80.000 à gueuler, la chair de poule se fige 90 minutes durant. C'est ça qui est épatant. Quand il le faut, toutes les tribunes se lèvent et poussent. Il doit faire bon être sur la pelouse. L'effet est garanti parce que ce match, c'est l'Ajax qui l'a joué et Dortmund qui l'a gagné. L'après-match, c'est retour à un autre hôtel. Sur les écrans, Ajax TV. Même ça, ils l'ont pris avec. On refait le match. Et puis aussi d'autres matchs, plus anciens. La nostalgie camarades. Sunday nous explique comment lors de son premier entraînement avec l'Ajax, il avait dû mettre les choses au point avec Frank de Boer. Kiki nous confie qu'il avait été durant deux ans le voisin d'immeuble de Ryan Giggs à Manchester. Et qu'il ne l'avait croisé qu'une fois. Le temps de lui demander pourquoi il ne sortait jamais. " Y a des matchs, man ? !" On comprend mieux pourquoi il en est à 912 officiels avec ManU. Sunday raconte comment ils ont passé ensemble leur diplôme d'entraîneur à la fédé anglaise. " Ryan est vraiment charmant. Mais avec lui c'est souvent " yes or no ". " Roberto (Di Matteo) par contre est un plaisir de conversation. " Je vous le disais, on est en bonne compagnie. Cela dit, à deux heures du mat', on file dans la chambre. Et là, sur le lit (non, non, pas à ce point-là ? !) un maillot du match, des cadeaux offerts par tous les sponsors du soir, des livres sur l'histoire de l'Ajax et comble du raffinement, posée sur la table de nuit, la photo du groupe qui avait été prise l'après-midi à l'autre hôtel. Sur l'oreiller, une petite lettre nous remerciant d'avoir été leur hôte en ce soir de Ligue des Champions. OK, ça s'appelle du relationnel, du business, mais c'est quand même la classe. Ça fait du bien de fréquenter de l'intérieur un grand club. C'est une autre planète. D'ailleurs Marc Overmars était là aussi. C'est ça l'esprit foot, l'esprit club, c'est pour ça que les grands ne meurent jamais. Et puis ce respect des anciens. Ils sont partout dans l'organigramme du club. Même dans les hôtels pour épater la galerie. Le respect des anciens pour ne jamais vieillir. L'esprit foot, l'esprit club, c'est pour ça que les grands ne meurent jamais.