Le sujet a fait l'objet de multiples analyses, éditos et articles dans la presse américaine : l'audimat de la NFL est en baisse et pas un peu. Le foot américain a perdu 20 %. C'est alarmant pour les chaînes qui ont acheté les droits de retransmission pour 50 milliards de dollars. Elles sont contraintes de céder des publicités gratuites aux entreprises, faute de pouvoir leur garantir l'audience sur laquelle elles comptaient.
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Le sujet a fait l'objet de multiples analyses, éditos et articles dans la presse américaine : l'audimat de la NFL est en baisse et pas un peu. Le foot américain a perdu 20 %. C'est alarmant pour les chaînes qui ont acheté les droits de retransmission pour 50 milliards de dollars. Elles sont contraintes de céder des publicités gratuites aux entreprises, faute de pouvoir leur garantir l'audience sur laquelle elles comptaient. La NFL ne s'inquiète pas trop. D'après le commissionerRoger Goodell, ce n'est qu'un passage à vide temporaire et les chiffres vont remonter après les élections présidentielles. Les comptes rendus permanents sur Donald Trump et ses clashes avec Hillary Clinton ont détourné des millions de téléspectateurs des matches de NFL au profit des chaînes d'information comme CNN, Fox News et MSNBC. Ce n'est pas une tendance nouvelle : avant chaque élection présidentielle, les chiffres baissent de 2 à 10 %, depuis 1996. La baisse est plus conséquente cette fois et les analystes relèvent d'autres causes, comme le manque de starpower. Beaucoup de joueurs populaires ont arrêté ces dernières années (Peyton Manning, Marshawn Lynch, Calvin Johnson), d'autres ont été suspendus - comme la star Tom Brady, qui a écopé de cinq matches après le scandale Deflate - ou sont en crise, comme Aaron Rodgers. Les jeunes talents sont moins télégéniques et donc moins attractifs. En outre, l'image de la NFL est sérieusement écornée par les nombreux joueurs impliqués dans des cas de violence conjugale, par la controverse quant aux dommages cérébraux suite aux chocs pris par les crânes et encore plus par les protestations des joueurs, à commencer par Colin Kaepernick. Celui-ci riposte à la violence envers les Afro-Américains aux États-Unis en ne se levant plus pendant l'hymne national, ce qui heurte beaucoup de spectateurs blancs. Autre problème, le calendrier, qui s'étend du jeudi au lundi et sature les téléspectateurs. Ils n'ont plus l'impression de rater quelque chose. C'est néfaste à une époque où les réseaux sociaux et Netflix gagnent en popularité auprès des jeunes. Depuis 2010, le nombre de téléspectateurs âgés de douze à quinze ans a chuté de 40 % sur les chaînes classiques. Au début, cette désertion s'opérait au détriment des programme habituels mais épargnait les retransmissions sportives en direct, celles-là mêmes qui constituent le Saint Graal des annonceurs. Cette tendance touche désormais le sport : ESPN a perdu onze millions d'abonnés en quelques années, beaucoup de jeunes préférant le contenu gratuit d'internet et YouTube. Le commissioner Roger Goodell continue à croire dans les chaînes classiques pour diffuser son produit. Mais si Donald Trump disparaît de la scène médiatique et que les chiffres ne remontent pas, il devra revoir le modèle si lucratif de la NFL. PAR JONAS CRETEUR