Le stade accueillait la finale Argentine-Paraguay (1-0) à 10 h du matin. Etrange. Dans le monde, une seule équipe, Viktoria Zizkov, de Prague, continue à disputer ses matches à 10 h le dimanche matin. A Athènes, c'est à cause de la canicule,... qui ralentira le jeu en seconde période.
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Le stade accueillait la finale Argentine-Paraguay (1-0) à 10 h du matin. Etrange. Dans le monde, une seule équipe, Viktoria Zizkov, de Prague, continue à disputer ses matches à 10 h le dimanche matin. A Athènes, c'est à cause de la canicule,... qui ralentira le jeu en seconde période. Quand les joueurs foulent le terrain, 10.000 personnes tout au plus sont présentes dans cette arène de 52.000 places. Finalement, 41.000 spectateurs payants assisteront au match. Le record olympique date de 1968, quand le Mexique, pays hôte, avait affronté le Japon pour le bronze devant 105.000 supporters. A Sydney, ce chiffre avait été chatouillé : 104.000 personnes avaient suivi la rencontre opposant l'Espagne au Cameroun. On connaissait à l'avance le vainqueur de ce second affrontement purement sud-américain (après Uruguay-Argentine en 1928). En demi-finales, l'Argentine avait clairement montré qu'elle était la meilleure équipe de ce tournoi. Elle avait d'ailleurs clamé ses ambitions : la médaille d'or. Elle n'a rien concédé dans sa route vers la finale. Même si la finition n'a pas été son meilleur atout en finale, son goal-average est éloquent : 17 buts pour/0 contre en six matches. Quand on laisse Javier Saviola, avant à Barcelone dans la vie de tous les jours, sur le banc, on ne manque pas de talents. En six rencontres, Saviola n'a joué que 83 minutes. En fait, le sélectionneur, Marcelo Bielsa, a préféré Carlos Tevez (20 ans), bien qu'il évolue toujours en championnat argentin. L'attaquant de Boca Juniors a marqué sept buts avant la finale et a inscrit l'unique goal du match contre le Paraguay. Il est le meilleur buteur du tournoi avec huit réalisations. " Retenez ce nom ", disaient déjà les journalistes argentins avant le match. Si l'Argentine se qualifie pour le prochain Mondial, il en sera une des vedettes. En fait, l'attaquant n'est pas un inconnu puisqu'il avait été au centre d'une longue saga cet hiver dont Sport/Foot Magazine avait rapporté tous les épisodes. Voulant à tout prix jouer la Coupe Intercontinentale au Japon, il avait décliné sa sélection pour le Mondial des moins de 21 ans aux Emirats Arabes Unis. Dans un premier temps, la fédération l'avait suspendu et la FIFA, via Sepp Blatter, avait annoncé que tout joueur refusant de représenter son pays ne pouvait prendre part à aucune autre compétition, surtout si elle organisée par l'organisme mondial. Mais après de longues tractations et de concessions, la fédération retira sa sanction et le joueur promit de participer aux Jeux... Tevez a déjà été remarqué par des grands clubs étrangers. En janvier, le Bayern le voulait mais a refusé de payer les 22 millions d'euros requis par Boca. Les Jeux n'auront pas fait baisser la note. Les prestations d'Athènes font du bien à Bielsa, qui a été balayé dans son pays suite à l'élimination prématurée de l'Argentine au Mondial asiatique. Après la retraite de Gabriel Batistuta et Cie, abattu, Bielsa s'est laissé convaincre de construire une jeune équipe pour les Jeux, qui devrait servir de base pour l'équipe nationale. Il réussit car la formation qui a remporté les Jeux d'Athènes est bel et bien celle qui va bientôt entamer les matches de qualification pour le Mondial. Seul le jeune gardien de River Plate, German Lux (22 ans), n'a pas été repris dans la sélection qui a disputé la Copa America et qui affronte le Pérou la semaine prochaine. Des joueurs qui avaient participé au Mondial, outre Saviola, on ne retrouvait que Roberto Ayala (Valence) et Killy Gonzalez (Inter), les trois aînés, avec le défenseur latéral Gabriel Heinze (Manchester United). Pour les éliminatoires de la Coupe du Monde, Bielsa convoquera peut-être l'arrière gauche Walter Samuel ou les médians Javier Zanetti et Juan Verón mais, avec Saviola et Tevez, a-t-il encore besoin de Hernan Crespo en pointe ? La nouvelle Argentine est offensive et déborde de talent. Ainsi, Javier Mascherano (River Plate), âgé d'à peine 20 ans, fait un travail remarquable dans l'entrejeu. C'est aussi un régal de voir les brillantes passes d' Andres d'Alessandro (23 ans), qui se fraie un chemin à travers les défenseurs paraguayens. Eric Gerets, qui entraîne Wolfsburg, peut être content de disposer d'un joueur qu'on compare déjà à Veron. Le Paraguay, qui n'alignait que quatre internationaux A et dont 13 des 18 joueurs évoluent dans leur championnat domestique, n'était pas de taille. Quand Bielsa sélectionne des joueurs de Barcelone et de Manchester United, le Paraguay, à l'exception de Carlos Gamarra (Inter), doit faire appel à des éléments qui, s'ils jouent à l'étranger, appartiennent au NEC, à San Lorenzo (Argentine), à Valladollid et à Toluca (Mexique). En plus, en finale, le Paraguay était privé de son meneur de 33 ans, Jose Cardozo (Toluca), qui avait jusque-là fait la différence, marquant cinq buts en autant de matches. Le fait que le Paraguay soit resté dans le match jusqu'à la fin, malgré deux exclusions, est un demi-miracle, dû au grand nombre d'occasions ratées par l'Argentine. Bielsa a joué à visière ouverte, avec trois attaquants et trois défenseurs : " Parce que le football offensif permet à mes joueurs de mieux exprimer leurs qualités et parce que le foot, c'est aussi du show ". Le Paraguay n'était pas trop déçu par sa défaite. Sa médaille d'argent est quand même la toute première de tous les temps de son pays. On attendait davantage de l'Italie, médaille de bronze, pour laquelle Alberto Gilardino a marqué le seul but de la finale de consolation contre l'Irak. L'entraîneur, ClaudioGentile, n'a guère pu compter sur la collaboration des grands clubs. Seul Milan a cédé Andrea Pirlo, le moteur de l'équipe, non sans se faire prier. La formation avec laquelle Gentile a été champion d'Europe Espoirs a surtout manqué d'arguments offensifs. Gilardino (Parme) était seul en pointe. L'attaquant de 22 ans était ultra motivé, d'autant que Giovanni Trapattoni l'avait dédaigné pour l'EURO, alors qu'avec 23 buts en Serie A, il n'avait inscrit qu'un goal de moins que le meilleur, Andriy Shevchenko. En plus, Pirlo, autour duquel tout tournait, n'a pu faire démarrer le moteur. L'Irak, la révélation, n'a pas gagné de médaille mais beaucoup de sympathie. Contrairement aux autres Irakiens, qui ont bénéficié d'une wildcard, l'équipe de foot s'est qualifiée, dans des conditions difficiles, en plus. A cause de la guerre, l'Irak a disputé tous ses matches à Amman, la capitale jordanienne. Durée du trajet en car : 16 heures. La plupart des jeunes footballeurs ont pris l'avion pour la première fois de leur vie à l'occasion des Jeux. Sans les 700.000 euros investis par la FIFA, l'Irak n'aurait pas été présent à Athènes. Geert FoutréEn finale, SAVIOLA éTAIT SUR LE BANC