Le ton est résolu. Dirk Geeraerd (42 ans) n'a pas l'habitude de mâcher ses mots. Il est pourtant surpris par leur impact : " Certaines déclarations ont été gonflées et j'ai l'étiquette d'un provocateur. Je donne certes mon avis mais je ne corresponds pas à l'image faite de moi. Je me suis senti dans la peau d'un gibier. J'assume des responsabilités et mon noyau de 24 joueurs doit obtenir des résultats, gagner sa vie. Je ne peux pas boire un verre avec mes gars avant un match. Que penserait-on de nous ! Après, il m'arrive de prendre une chope avec Frederik Vanderbiest. Cela fait partie du jeu et ainsi, je reste moi-même. Je n'ai qu'un visage : je fonce droit et je peux regarder tout le monde en face. Le succès éventuel ne me montera jamais à la tête. J'ai trouvé mes marques, je sais ce qu'on attend de moi : assurer le maintien tout en offrant un football agréable au public, pour qu'il ait envie de revenir. Dans les divisions inférieures, j'avais l'habitude de jouer la tête. Perdre fait mal mais c'est une expérience enrichissante.
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Le ton est résolu. Dirk Geeraerd (42 ans) n'a pas l'habitude de mâcher ses mots. Il est pourtant surpris par leur impact : " Certaines déclarations ont été gonflées et j'ai l'étiquette d'un provocateur. Je donne certes mon avis mais je ne corresponds pas à l'image faite de moi. Je me suis senti dans la peau d'un gibier. J'assume des responsabilités et mon noyau de 24 joueurs doit obtenir des résultats, gagner sa vie. Je ne peux pas boire un verre avec mes gars avant un match. Que penserait-on de nous ! Après, il m'arrive de prendre une chope avec Frederik Vanderbiest. Cela fait partie du jeu et ainsi, je reste moi-même. Je n'ai qu'un visage : je fonce droit et je peux regarder tout le monde en face. Le succès éventuel ne me montera jamais à la tête. J'ai trouvé mes marques, je sais ce qu'on attend de moi : assurer le maintien tout en offrant un football agréable au public, pour qu'il ait envie de revenir. Dans les divisions inférieures, j'avais l'habitude de jouer la tête. Perdre fait mal mais c'est une expérience enrichissante. Je ne suis pas devenu plus prudent dans mes déclarations. Je regrette simplement qu'on sorte certains propos de leur contexte. Je n'ai jamais sous-estimé Ethnikos Achnas, par exemple, mais cet épisode me poursuit. La raclée 5-0 essuyée à Chypre me reste sur l'estomac. On a expliqué à l'UB ce qui s'est passé suite aux rumeurs de trucage. Ce fut un offday complet qui constitue une tache, un blâme. Nous avions pourtant tout mis en £uvre... Oh, je comprends qu'il soit difficile de se renouveler au sujet de Hugo Broos, Frank Vercauteren, Michel Preud'homme ou Emilio Ferrera. Je suis nouveau. Il semble qu'il faille donc me découvrir. On tente d'apposer une image à ce nouveau visage. Certains entraîneurs sont plus distants que moi mais je n'ai pas une grande gueule. J'aime être proche de mon groupe. Les joueurs doivent obéir à l'entraînement, exécuter les exercices avec application et accepter que je tente de les faire progresser. Ensuite, je rigole avec eux ou je raconte des blagues au kiné. Mes joueurs savent que je suis là pour eux. Ce n'est pas un hasard si, avant la saison, je les ai tous rencontrés individuellement, parfois chez eux. Je voulais connaître leurs v£ux, leurs objectifs. Je suis un livre ouvert. Un leader doit aussi être un psychologue. Mon passé d'assistant social m'est précieux à ce titre ". " Nous pouvons être satisfaits de nos prestations jusqu'à présent, même s'il n'y a pas de rapport entre la qualité de notre football et notre solde. C'est décevant. Ceux qui n'ont pas assisté à nos matches pensent, en voyant notre classement, que nous vivons une saison médiocre. Nous payons le tribut de l'apprentissage. Les trop nombreuses fautes individuelles me déçoivent beaucoup. D'autre part, je suis content qu'il n'y ait pas de problème collectif. Je ne dois pas me tracasser car j'ai tout bien expliqué à l'entraînement. Mais que puis-je faire si quelqu'un shoote à côté du ballon ou provoque un penalty inutile ? En principe, ma défense était prête et ne pouvait qu'être renforcée par le transfert de Davy Oyen à gauche car Chemcedine El Araichi est droitier et devait entrer en concurrence à droite avec Martijn Monteyne. Cependant, Davy a apporté un tel plus à l'entrejeu que je l'y ai posté, à charge pour Chem de s'affirmer. Il s'est rendu indispensable par sa mentalité et sa dureté dans les duels. Martijn et Chemcedine sont comparables : des battants, qui ne ratent jamais une séance, qui relèvent la tête après un coup. On peut toujours compter sur eux car ils ont le sens du devoir. J'ai un problème dans l'axe car James Lahousse et Daan Vaesen ne retrouvent pas le niveau de la saison écoulée. Pendant la préparation, James n'a pas atteint de suite la forme souhaitée. Chaque erreur commise a été à l'origine d'un but, ce qui arrive aussi à Daan depuis un mois. Cela vous ronge, à la longue. James a douté de lui, il s'est blessé et a été pris dans une spirale négative. La cohésion a disparu, même quand j'ai placé Cyril Detremmerie dans l'axe. Il avait des jambes de coton, était nerveux. Cyril n'a pas encore eu de déclic. Je ne pointe personne du doigt, cependant. Nous avons eu beaucoup de poisse. Dans le but, j'ai respecté la hiérarchie existante. Je n'ai pas grand-chose à reprocher à Wouter Biebauw, hormis les matches contre Mouscron et à Achnas. Jurgen Sierens était titulaire avant de se blesser. Wouter n'a pas commis de gaffe mais n'a pas pris de point non plus comme il l'avait face au Standard la saison dernière. Je devais en tenir compte. Contre le Lierse, le moment était venu de préférer l'expérience de Jurgen, qui m'a apporté la meilleure des réponses ". " Je veux un système clair, doté de mes propres accents : un football soigné, construit depuis l'arrière. A Waregem, j'ai aligné trois attaquants. Nous avons été battus. On m'a reproché d'être naïf. Si je n'aligne qu'un avant à domicile, on dira que j'ai peur et j'aurai l'étiquette d'un coach défensif... J'ai un groupe tranquille, dénué de véritable leader. Nous devons jouer collectivement car nous n'avons pas de vedettes. Mon médian et capitaine Vanderbiest est mon seul homme de caractère, il est le symbole de ce club. Comme Sierens, il entraîne les autres dans son sillage. L'expérience de Koen De Vleeschauwer lui vaut le respect mais il ne place pas vraiment son sceau sur le jeu. En principe, Wagneau Eloi devrait en être capable mais il revient de trop loin pour déjà endosser ce rôle. J'espérais l'utiliser comme joker mais j'ai quelques craintes. Suite à l'affaire Ye, il n'est pas bien dans sa peau. Son tendon d'Achille le tracasse encore et il est très facile de lui prendre le ballon à l'entraînement. Eloi doit me prouver qu'il peut apporter quelque chose à l'équipe. Avant le match contre Charleroi, il m'a annoncé qu'il jouerait. Il a été stupéfait que je lui rétorque qu'il n'était pas à 100 % et jusqu'à présent, aucun joueur ne m'a demandé de reprendre Eloi ". FRéDéRIC VANHEULE