Les Picasso, Rodin, Bruegel ou encore Magritte sont authentiques. Sur un espace de 1.000 m2, au milieu d'un village d'un bon cinq cents habitants, les dessins, sculptures et autres estampes d'artistes de renom se succèdent avec élégance. Le musée Mudia est le projet d'un collectionneur privé désireux de retracer l'Histoire de l'Art de manière attractive et ludique.
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Les Picasso, Rodin, Bruegel ou encore Magritte sont authentiques. Sur un espace de 1.000 m2, au milieu d'un village d'un bon cinq cents habitants, les dessins, sculptures et autres estampes d'artistes de renom se succèdent avec élégance. Le musée Mudia est le projet d'un collectionneur privé désireux de retracer l'Histoire de l'Art de manière attractive et ludique. Deux mois après l'inauguration, le visage de Dominique Lessire rayonne encore de fierté. " " Ce jour-là, tous les Redutois ont reçu une invitation pour visiter la galerie ", avance ce voisin débonnaire. " Il y a quelques jours, le Roi Philippe et la Reine Mathilde sont même venus incognitos. " Une visite royale du village rendue traditionnelle par le Roi Baudouin il y a de cela une trentaine d'années. Dimanche après-midi, la musique résonne bien au-delà des Boucats, lieu-dit où l'Étoile Sportive de la Lesse Redu a élu domicile. Diffusée à travers un baffle posté à la sortie des vestiaires, l'électro n'altère pas les souvenirs de Bernard Binsfeld, ancien joueur et comitard du club, à propos du Village du Livre. " Redu a hérité de ce nom-là en 1984 quand le premier week-end du livre a été organisé ", situe ce moustachu charismatique. " On a mis des bouquins dans des étables, des granges et des écuries et ça a marché du tonnerre. " Au point de prolonger et d'étendre l'expérience : le village possède aujourd'hui pas moins de douze librairies. Créé en 1963, le club de Redu a compté d'anciens bouquinistes dans ses rangs et profite chaque année des gros événements littéraires pour organiser le parking des visiteurs. " Un apport financier important ", souligne l'actuel président Jean-Yves Binsfeld, néanmoins soucieux de marquer la séparation entre les activités culturelles et sportives du patelin. " Le Village du Livre et l'Euro Space Center concernent surtout les touristes là où le club de foot essaie de rassembler les autochtones. " À quelques secondes du début du match face à Champlon B, ils sont justement une trentaine de locaux à longer la rambarde du terrain. Pas mal pour un simple duel de P3. L'arbitre, plutôt avenant, est occasionnel. À force de suivre ses deux fils affiliés à Champlon B, il se dévoue régulièrement pour enfiler la vareuse de l'homme en noir. " C'est mon plaisir, surtout sur un terrain comme celui de Redu, un des plus beaux de la série. " Il se retourne alors vers les 22 acteurs pour se présenter. " Les gars, je ne suis pas un pro, il faudra aussi m'aider, notamment pour le hors-jeu ", argue-t-il. " Pas de souci, ref' ", répond un Redutois. " On n'est jamais hors-jeu ! " Quelques mètres plus haut, Jean Cariaux observe la scène à partir de la buvette panoramique. Grand fan du Standard de Liège, il n'a aucune honte à se faire porter pâle à Sclessin quand l'Étoile évolue à domicile. " J'ai connu l'époque où le club n'avait pas de buvette ", sourit ce co-fondateur du matricule 06633. " Du coup, les deux bars de Redu se bataillaient chaque année pour louer la salle du village et accueillir les joueurs après les matchs. " Entouré de ses vieux potes, Jean assiste dans la foulée au récital des Redutois, qui écartent facilement Champlon B 6-1. Au pas de la porte d'entrée, une grosse télévision semble avoir rendu l'âme depuis bien longtemps. Concentrés, cinq flâneurs essaient néanmoins de capter les commentaires du match du Standard diffusés par la petite radio posée sur le poste téléviseur. Le fameux rassemblement d'autochtones espéré par Jean-Yves, le président aux faux airs de Jean-Claude Brialy. " À une époque où on voulait faire des résultats, on allait chercher des joueurs à droite à gauche, notamment en France, ce qui nous coûtait beaucoup d'argent... et des supporters, puisqu'ils ne voulaient pas venir voir L'équipe de France ", se souvient celui qui a supprimé la paie des joueurs lors de son intronisation en tant que président. " En échange, on n'est pas contre un petit bac ou l'autre en fin de match. " À défaut, le Mudia n'est qu'à 900 mètres...