Le titre conquis par les Rouches est largement mérité et une équipe qui franchit les 30 premiers obstacles sans connaître la défaite est logiquement récompensée en fin de saison. Michel Preud'homme a conduit son groupe de main de maître et les joueurs ont, 10 mois durant, fait preuve d'une envie énorme sur le terrain. C'est un groupe qui avait faim et qui a respecté parfaitement les consignes de son coach.
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Le titre conquis par les Rouches est largement mérité et une équipe qui franchit les 30 premiers obstacles sans connaître la défaite est logiquement récompensée en fin de saison. Michel Preud'homme a conduit son groupe de main de maître et les joueurs ont, 10 mois durant, fait preuve d'une envie énorme sur le terrain. C'est un groupe qui avait faim et qui a respecté parfaitement les consignes de son coach. Comme souvent lorsqu'une équipe est championne, l'entraîneur a connu peu de problèmes au niveau de la sélection et du comportement des joueurs. Michel a pu s'appuyer sur un système de jeu immuable car il a tout de suite fonctionné. Pourquoi changer quelque chose qui tourne très bien ? Michel a choisi d'évoluer en 4-4-2 avec une défense en ligne, un milieu de terrain dont la forme a varié en fonction des éléments utilisés. Avec Selim Toama, Gregory Dufer voire Réginald Goreux comme véritables joueurs de flanc, l'animation est différente par rapport à la titularisation d' Axel Witsel ou Steven Defour comme demis d'aile vu que ce sont plus des joueurs axiaux. En attaque, Milan Jovanovic est le titulaire indiscutable associé soit à Dieumerci Mbokani soit à Igor de Camargo. L'animation du jeu est beaucoup plus variée que les saisons précédentes où c'était plutôt le kick and rush qui prévalait. Cette année, on alterne beaucoup plus jeu court/jeu long, ce qui a déstabilisé énormément les adversaires d'autant plus que les longs ballons ont été utilisés à bon escient avec une présence athlétique impressionnante pour s'imposer dans le trafic aérien. L'équipe-type du début de saison (7 premiers matches) se composait d' Olivier Renard ; défense (de droite à gauche) : Marcos Camozzato, Oguchi Onyewu, Mohamed Sarr et Dante ; le milieu de terrain comprenait Witsel comme demi droit, Marouane Fellaini comme récupérateur, Toama à gauche et Defour comme soutien du duo offensif. En attaque, Jovanovic plutôt décalé vers la gauche en tant que gaucher et de Camargo (1er, 2e, 6e et 7e match) et Mbokani (3e, 4e et 5e match ) à tour de rôle. A partir de la 8e journée, le 11 de base a été modifié à pour cause d'indisponibilité. Il y a dans cette équipe une grande liberté d'action et tout le monde participe à l'offensive tout en gardant une organisation et une supériorité numérique en défense quand on est en possession de balle. La consigne est d'imprimer un rythme élevé aux échanges en se basant sur le jeu en un temps ou le contrôle/passe quand on est en zone de construction. Le bloc-équipe écarte très fort le jeu pour ouvrir des brèches dans le dispositif adverse et le jeu par les flancs est donc très important. Ce jeu par les flancs est tributaire d'une grosse présence dans le jeu aérien dans les 16 mètres où le Standard est très performant notamment grâce à l'apport de Fellaini. L'équipe est très bien organisée en perte de balle et un pressing est réalisé sur le porteur du ballon dès que le bloc-équipe est repositionné et compact. Cela oblige souvent le porteur du ballon à chercher le jeu long, ce qui est du pain bénit pour une défense maîtresse dans le jeu aérien. Les distances entre les lignes sont très réduites et le bloc coulisse très bien latéralement. Chaque joueur a son rôle à jouer en perte de balle même si les attaquants se contentent souvent de couper les angles. Le but premier est d'essayer de récupérer le ballon le plus haut possible afin de ne pas avoir à remonter 80 mètres pour amener le danger devant le goal adverse. Bref, un bloc très soudé qui n'est pas la meilleure défense du championnat pour rien. Tous les observateurs sont d'accord pour dire qu' Espinoza est beaucoup moins fort qu' OlivierRenard. Mais malgré un comportement qui aurait tendance à faire paniquer tout le groupe, l'Equatorien a très peu encaissé de buts. S'il a commis pas mal d'erreurs dans ses prises de balle notamment, peu ont finalement eu des conséquences fâcheuses. La chance l'a accompagné tout au long de la saison mais ne dit-on pas que la chance sourit aux grands gardiens ! Peut-être est-il finalement un grand keeper mais sa technique de base laisse quand même songeur. C'est certainement en grande partie grâce à ce très solide quatuor que le Standard est l'équipe ayant encaissé le moins de goals du championnat. Ils sont tous les quatre excellents dans le positionnement défensif et dans l'agressivité et hormis Marcos, ils règnent en maître dans le jeu de tête. Ils évoluent en ligne et la communication, le coulissement latéral et la couverture mutuelle fonctionnent très bien. Offensivement, les défenseurs centraux ne participent quasiment jamais et ils restent en position défensive pour couvrir les présences en zone de finition d'un garçon comme Fellaini, par exemple et les sorties des défenseurs latéraux qui eux, ne rechignent pas à s'engager. Dante et surtout Marcos apportent un plus en possession de balle et ils sont capables de délivrer d'excellents centres. Par contre, Dante, Sarr et Onyewu montent sur les phases arrêtées où leur taille et leur excellent jeu de tête constituent un danger constant. Bref, c'est une défense complète mais qui amène rarement la supériorité numérique à l'échelon supérieur à partir de l'axe. C'est le secteur où les changements de joueurs et d'organisation sont les plus fréquents. Fellaini est la pièce incontournable du milieu de terrain et son absence coïncide souvent à des résultats mitigés. Marouane est le meilleur box to box du championnat et a un impact énorme sur l'efficacité dans les 16 mètres aussi bien défensivement qu'offensivement. La forme du losange en milieu de terrain varie très fort en fonction des joueurs sélectionnés et cette figure géométrique est plus large que profonde lorsque que des joueurs comme Toama, Dufer ou Goreux sont dans l'équipe et d'autant plus quand ils occupent les deux flancs. A contrario, lorsque Defour est posté côté gauche et Witsel à droite, le losange devient beaucoup plus profond (certainement avec de Camargo comme soutien d'attaque) et moins large. L'entrejeu, lorsque Dufer, Toama et Dembele ne sont pas alignés, est le plus jeune d'Europe, en tout cas pour une équipe décrochant les lauriers. Il fait preuve d'un enthousiasme énorme et il exerce un pressing constant sur le porteur du ballon. En possession du ballon, les milieux de terrain tentent de joindre les attaquants le plus rapidement possible en limitant les touches de balle afin de mettre du rythme pour déstabiliser l'adversaire. Jovanovic est l'élément incontournable de l'attaque et il est associé selon les choix du coach à Mbokani et de Camargo. Malgré ses problèmes de pubalgie, le Serbe a été aligné le plus souvent possible par son entraîneur et c'est lui le détonateur des appels en profondeur tandis que son compère en attaque est meilleur dans le jeu de tête et dans un rôle de pivot. En perte de balle, ils effectuent un travail de recul-frein et sur les phases arrêtées, Jovanovic reste en pointe et l'autre attaquant redescend prendre un joueur en marquage. Les corners et coups francs latéraux étaient tirés en début de saison par Toama et à partir du moment où il n'a plus joué, c'est Defour qui s'en est chargé. Marcos reste alors en défense avec un deuxième joueur en fonction de l'équipe alignée et les 3 autres défenseurs titulaires (quand c'est la défense-type de la saison qui joue) montent sur chaque corner ou coup franc latéral. Dans l'axe, les coups francs sont donnés par Defour, Jovanovic, Dante voire Toama ; 3 ou 4 combinaisons sont choisies à chaque match. Quant aux penalties, ils sont tirés par Jovanovic en début de saison et au deuxième tour, c'est Dante qui s'en charge. Défensivement, sur coups francs, les murs sont traditionnels aussi bien dans l'axe que sur les flancs. Sur corner défensif, un seul joueur reste devant (Jovanovic quand il joue) et le coach place un joueur au premier piquet et personne au deuxième. Pour le reste, il y a suffisamment de taille et de qualités au niveau du jeu de tête chez Onyewu, Sarr, Dante, Fellaini, Witsel et de Camargo, ou Mbokani pour rivaliser dans le trafic aérien. Cela explique aussi pourquoi le Standard encaisse très peu sur les phases arrêtées défensives. par étienne delangre