Après l'apéro servi lors de Belgique-Pays-Bas et les zakouski de la Ligue des Champions, nos clubs retrouveront leurs menus habituels. Ce n'est pas toujours de la haute cuisine mais il serait injuste de faire la fine bouche en négligeant nos spécialités régionales. La table fut bien dressée tout au long de la troisième journée de championnat, que ce soit à Anderlecht (neuf points sur neuf) et au Standard (invaincu), mais l'étoile Michelin du week-end est revenue aux Loups, superbes d'audace à Bruges. Eux aussi sont invaincus et confirment leur étincelante fin de précédente saison.
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Après l'apéro servi lors de Belgique-Pays-Bas et les zakouski de la Ligue des Champions, nos clubs retrouveront leurs menus habituels. Ce n'est pas toujours de la haute cuisine mais il serait injuste de faire la fine bouche en négligeant nos spécialités régionales. La table fut bien dressée tout au long de la troisième journée de championnat, que ce soit à Anderlecht (neuf points sur neuf) et au Standard (invaincu), mais l'étoile Michelin du week-end est revenue aux Loups, superbes d'audace à Bruges. Eux aussi sont invaincus et confirment leur étincelante fin de précédente saison. Ariel Jacobs livre un travail de toute beauté au Tivoli, sans grands moyens financiers, et, avec le recul, on regrettera son absence dans le peloton de tête du référendum consacrant l'Entraîneur de l'année en mai dernier. La Louvière n'est guère médiatisée, surtout en Flandre, mais son coach n'avait-il déjà pas plus de mérites que les entraîneurs des gros cubes de la compétition ? A méditer. Après le remarquable nul (3-3) décroché dans la Venise du Nord, les gars du Centre pourraient rester longtemps à la carte. Le menu de La Louvière-Charleroi, un des plats du prochain week-end, devrait attirer les regards. Le foot des terroirs est à la croisée des chemins mais il garde un charme qu'une BeNeCup, idée des grands clubs, n'aura jamais. Cela ne doit pas cacher les problèmes vitaux, que tous les clubs belges doivent surmonter. Il y a quelques mois, La Louvière adressait un pied de nez aux " riches " en gagnant, sans discussion, la Coupe de Belgique : une belle récompense pour les Loups qui ne roulent pas sur l'ormais, ont des idées sur le plan sportif. Malgré ce grand moment, il était évident que le président Filippo Gaone ne pourrait pas continuer à y aller sans cesse de sa cassette personnelle. Des projets, avérés ou pas, virent le jour. Les tractations avec Charleroi firent couler beaucoup d'encre. Tout était possible : une fusion ou un simple déménagement des Loups qui, pour leurs matches, se seraient installés chez les Zèbres. On sait que la direction louviéroise, découragée par l'immobilisme des autorités politiques de la ville, rencontra les décideurs carolos, dont Abbas Bayat. L'accord était proche. A cette époque, on nota l'intérêt du FC Brussels de Johan Vermeersch pour La Louvière. Ainsi que celui de Namur, revenu en D3 et qui, en un bond, aurait découvert l'élite. Une idée intéressante car cela aurait offert un club de D1 à la capitale wallonne tout en " décongestionnant " le Hainaut où les clubs professionnels se marchent sur les pieds. Le champagne avait déjà été mis au frais au Casino de Namur. Le Standard n'aurait pas refusé, disait-on à l'époque, d'acheter tout le magasin louviérois. Michel Preud'homme n'a jamais caché qu'il appréciait Silvio Proto et on suppose que Manaseh Ishiaku et Peter Odemwingie, entre autres, ne le laisseront pas longtemps indifférent. Les tractations de La Louvière avec Mons furent approfondies. Si Loups et Dragons ne se sont pas mariés, cela doit s'expliquer, en grande partie, par le caractère fort de Filippo Gaone et de Dominique Leone. Peu de mariées auraient apporté une aussi belle dot que La Louvière : Coupe de Belgique, présence sur la scène européenne, bon groupe, etc. Si mariage, avec l'un ou l'autre prétendant n'a pas eu lieu, cela s'explique aussi par l'espoir (?) d'avoir un jour un stade moderne. Jean-Claude Van Cauwenberghe, le Ministre-Président de la Région Wallonne, est intervenu pour redistribuer des subsides à cet effet. Cela coinça Filippo Gaone qui releva aussi, comme il l'avait demandé, un effort financier des commerçants louviérois. Gaone a dû bloquer les négociations avec les autres clubs même si l'apport des nouveaux actionnaires (150.000 euros jusqu'à présent ?) ne permettra même pas de saler les patates à la fin de la saison. Gaone est et reste le seul à ouvrir généreusement son portefeuille. Intenable. Pour survivre, on reparlera tôt ou tard de fusion, d'union, de synergies ou de déménagement. C'est pour demain. Vendredi, avant de recevoir Charleroi, La Louvière sera cependant présente dans la cour des grands, au tirage au sort de la Coupe de l'UEFA. par Pierre BilicA La Louvière, on reparlera tôt ou tard de fusion, d'union, de synergies ou de déménagement