Alors que l'affaire Zehun Ye n'a pas encore été jugée au niveau pénal (le parquet vient à nouveau de renvoyer le dossier à la juge d'instruction Sylvana Verstreken pour devoirs supplémentaires), des Chinois suspects ont été signalés dans les tribunes des stades de D2. Des faits semblables avaient été observés la saison dernière, déjà, et semblent s'être amplifiés. Le 16 octobre, l'Olympic de Charleroi envoyait un fax à l'Union Belge pour mentionner la présence d'Asiatiques lors des matches qui communiquaient avec leur portable pendant quasiment toute la partie. Ce fut encore le cas à Olympic Charleroi-FC Liège. Le premier £uvrait de la tribune assise, l'autre, en face de la tribune debout. Ils avaient un micro dans la manche et une oreillette à moitié cachée par une écharpe. Ils avaient déjà été observés dans d'autres clubs tels Namur, Virton, Beveren, Antwerp et Hamme.
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Alors que l'affaire Zehun Ye n'a pas encore été jugée au niveau pénal (le parquet vient à nouveau de renvoyer le dossier à la juge d'instruction Sylvana Verstreken pour devoirs supplémentaires), des Chinois suspects ont été signalés dans les tribunes des stades de D2. Des faits semblables avaient été observés la saison dernière, déjà, et semblent s'être amplifiés. Le 16 octobre, l'Olympic de Charleroi envoyait un fax à l'Union Belge pour mentionner la présence d'Asiatiques lors des matches qui communiquaient avec leur portable pendant quasiment toute la partie. Ce fut encore le cas à Olympic Charleroi-FC Liège. Le premier £uvrait de la tribune assise, l'autre, en face de la tribune debout. Ils avaient un micro dans la manche et une oreillette à moitié cachée par une écharpe. Ils avaient déjà été observés dans d'autres clubs tels Namur, Virton, Beveren, Antwerp et Hamme. Les responsables de la sécurité de la Neuville en ont averti les autorités. Deux policiers en civil interpellèrent les deux suspects qui furent emmenés au commissariat. L'un des deux (habitant Louvain, l'autre Liège) ne connaissant ni l'anglais ni le français, il fallut trouver un interprète. Ces deux Chinois n'étaient pas des clandestins et étaient parfaitement en règle. De plus, ils ne se connaissaient pas. Tous deux déclarèrent qu'ils travaillaient pour des compatriotes qui pariaient sur des rencontres de football. Procès verbal fut rédigé et les deux individus furent relâchés puisqu'ils n'avaient rien fait d'illégal. Un rapport a été envoyé au procureur du Roi de Charleroi qui décidera d'une suite éventuelle. Sans élément neuf, elle devrait être classée sans suite. Le 6-4 de cet Olympic-FC Liège a frappé les imaginations. Première constatation : aucuns paris anormaux n'ont été constatés sur cette rencontre en Belgique. " Les sommes misées pour ce match sont même très faibles. Je pense qu'il n'y a aucune comparaison possible avec l'affaire Zehun Ye ", dit Karel D'Hondt expert et analyste des paris sportifs. " Beaucoup de Chinois assistent à des matches bien précis en Belgique, mais ne sont pas des bandits pour autant. " Pour le reste, D'Hondt n'a pas accepté de livrer d'autres commentaires, précisant simplement qu'il suivait attentivement les résultats. On le sait, les Asiatiques ont fait des paris, sportifs et autres, un sport national, légal ou clandestin. En Chine, on peut parier en cours de match sur le score final ou la différence de buts. Pour ce faire, il est plus qu'utile de connaître les résultats intermédiaires. Des étudiants chinois sont payés par des parieurs pour les leur donner. Rien d'illégal là-dedans si les résultats ne sont pas falsifiés. René Verstringhe, le juriste de l'Union Belge chargé de ces problèmes est inquiet : " Tout d'abord, nous n'avons qu'à nous féliciter de l'attitude du club carolo qui a réagi au quart de tour. Cela devrait inspirer tous les clubs belges quand naît un doute. Dès que l'Olympic a mis la fédération au courant, nous avons envoyé quelqu'un sur place pour enregistrer les angoisses des dirigeants carolos. " Verstringhe a aussi demandé au commissaire carolo, Jean-Hubert Nicolay, une copie du PV d'audition des deux Chinois et espère obtenir satisfaction (cela ne va pas de soi, le commissaire n'y étant pas obligé). " Je prends cette affaire au sérieux ", poursuit Verstringhe. " On peut se demander pourquoi en Chine, on parie sur la D2 belge, alors qu'il est en Belgique ou ailleurs des matches plus intéressants. J'attends les PV pour voir s'il est nécessaire que nous interrogions des acteurs de cette rencontre ou d'autres personnes. " Les leçons de l'affaire Zehun Ye semblent avoir été enregistrées du côté de l'Union Belge. Il y a quatre ans, personne n'avait porté attention aux premières inquiétudes de Roland Louf (aujourd'hui directeur de la communication à l'Union Belge mais alors manager de La Louvière) qui avait mis l'ex-président fédéral Jan Peeters au parfum des agissements douteux d'un Chinois au Tivoli. Du côté des acteurs d'Olympic-Liège, personne n'a remarqué quoi que ce soit sur le terrain. A commencer par l'arbitre waaslandien Istvan Lagaert : " Je ne me suis posé aucune question concernant les dix buts inscrits. Rien ne m'a semblé anormal. Ce fut même agréable car le suspense persista jusqu'au coup de sifflet final. L'observateur de la commission centrale des arbitres (CCA) était Alex Ponnet et lui non plus n'a rien remarqué d'anormal. " Dans les deux camps, carolo et liégeois, les dirigeants disent vouloir mettre la main au feu concernant l'intégrité de leurs joueurs... Cela étant, un phénomène contemporain de tentatives de rachat de clubs pose questions. On se souvient que Ye avait fait le tour de plusieurs clubs belges en proposant d'en devenir sponsor ou mécène ou partenaire... de manière à être investi d'une autorité de décision sportive. Son but était, de la sorte, de pouvoir sélectionner les joueurs voulus et leur donner les instructions qu'il fallait... Un comportement à mettre en parallèle avec ce qui s'est passé à Namur et pourrait se passer à l'Union Saint-Gilloise ? On a récemment évoqué dans Sport/Foot Magazine les tractations du président propriétaire du club de Namur Jean- Claude Baudart avec un groupe italien pour une reprise. Mais la rupture avec Fabio Cordella a été entérinée. " Mais, soyons clairs : il n'a jamais été question de pratiques illégales à la base de l'éloignement entre Fabio Cordella et moi ", avance Jean-Claude Baudart. " Je n'ai pas peur et je n'ai jamais été menacé. Cordella est un homme d'affaires qui a proposé un prix pour la reprise de l'Union Namur avant de le revoir à la baisse. Il espérait mettre la main sur le club pour trois fois rien et même gagner très vite de l'argent. Et, au fil du temps, j'ai constaté que Cordella est un menteur et un fabulateur. "Mais que s'est-il passé exactement depuis les premiers contacts et la rupture entre Namur et les Italiens ? " Au fil du temps, tout est devenu de plus en plus flou ", explique Baudart. " Cordella a tenté de faire croire qu'il allait faire un gros effort en reprenant le budget actuel (750.000 euros) mais il ne faut pas rigoler : ce budget est en équilibre. Cela ne coûte rien de le reprendre cela. En juillet, Cordella proposait 1,2 million pour la reprise du club. Le deal était intéressant et j'avais accepté d'injecter 100.000 euros dans l'ASBL. Il a toujours été clair que les Italiens reprendraient tout le club. Namur avait déjà hérité de cinq de leurs joueurs mais n'ont pas le niveau de la D2 belge. Cordella devait être propriétaire à 100 % avec, évidemment, le contrôle de l'ASBL, du conseil d'administration, des cartes bleues, etc. La comptabilité est claire. Cordella a plutôt songé à une société anonyme (SA), mais pour transformer l'ASBL, il faut l'autorisation de l'Union Belge. Je crois que cette évolution n'aurait pas posé de problèmes aux Italiens. Mais, au fil des jours, Cordella a exigé que des Namurois acceptent des postes d'administrateurs dans la future SA et Cordella ne voulait plus que 60 % des parts. Il songeait bien sûr à moi alors que mon désir a toujours été de tout lui céder. "" Je ne suis pas un naïf. En cas de problèmes graves (erreurs de gestion, faillite, fraude, etc.), la justice peut se retourner contre les administrateurs solvables d'une SA. Et à qui demanderait-elle des comptes ? Pas aux Italiens rentrés chez eux mais à... moi, en Belgique. Cordella a sans cesse diminué son offre et son dernier chiffre s'élevait à 400.000 euros. Je devais lui céder le club et effacer mon ardoise pour 400.000 euros. En fait, il désirait payer le moins possible. J'ai mis fin aux négociations. On l'a signalé à l'Olympic qui a démenti puis le voici à l'Union Saint-Gilloise qui aurait renoncé à une solution égyptienne pour s'embarquer avec Cordella. Ce n'est plus mon problème. Comme je ne peux pas tenir le coup seul à Namur, j'ai d'autres contacts à l'étranger. "" Cordella estime avoir été menacé mais il ne faut pas rire. Il a eu une discussion animée avec Bojo Ban, agent de joueurs namurois, à la sortie du stade. Rien de grave. J'ai prêté une de mes maisons dotée d'une alarme à Cordella. Elle est en vente et il est possible que des personnes intéressées par son achat soient venues le voir. C'était le soir et les lumières sensorielles se sont déclenchées. Lui, il a vu des ombres menaçantes et il a multiplié les versions. Ce n'est pas sérieux. En plus de tout cela, et cela n'a rien à voir avec Cordella, j'ai entendu des tas de rumeurs évoquant le retour des Chinois. Je n'ai rien vu et j'ai tout simplement protégé mon club auprès de l'Union Belge suite aux bruits qui ont suivi certaines rencontres. " FabioCordella (33 ans), le manager italien, affirme que c'est lui qui a décidé de mettre un terme aux négociations avec Namur. Selon lui, les raisons de la cassure sont claires : " La première c'est qu'au terme de la rencontre face au Brussels le 12 octobre, M. Baudart a incité des personnes à invectiver notre directeur technique, DarioMarigo. Comme il y a eu menaces physiques, plainte a été déposée auprès de la justice et je ne donnerai donc pas les noms des personnes concernées. Quelques jours plus tard, alors que je logeais à Malonne, dans une maison mise à ma disposition par le président Baudart, des hommes sont entrés la nuit dans l'habitation et m'ont également menacé physiquement. Là aussi, je me suis adressé à la justice. A partir de ce moment-là, j'ai décidé que nous n'allions pas prendre la totalité du club mais de nous limiter à 60 ou 70 % et de laisser Baudart en place. Mais, lui, il n'a pas voulu prendre de risque dans une société à capital. En fait, M. Baudart nous a demandé de lui verser 500.000 euros pour lui, d'épurer une dette de 260.000 euros et d'avancer 300.000 euros pour le budget normal. Dans ce cas, c'était trop car, si Namur doit rester en D2, il faudra retourner sur le marché en janvier et cela signifie de nouvelles dépenses. Alors, nous avons proposé à M. Baudart de réduire la somme à 400.000 euros, et là, il a refusé. C'était déjà pas mal alors qu'il ne désirait pendre aucun risque. "Entre-temps, Cordella confirme qu'il s'est tourné vers l'Union Saint-Gilloise et qu'une réunion importante doit avoir lieu en cette fin de semaine. L'objectif est d'acquérir 75 % du club bruxellois. Cordella : " Je suis manager en marketing et en tant que tel je représente un groupe d'actionnaires qui ont l'intention d'investir dans le football en Belgique en reprenant un club de D2, qui n'est pas trop cher, et de faire le nécessaire pour l'amener en D1. "Qui sont ces actionnaires ? Cordella : " Je ne peux pas les citer tous mais comme je travaille depuis cette année à Trévise, c'est facile de faire le lien avec le président du club, Ettore Setten, qui est un dirigeant d'entreprise dont le chiffre d'affaires dépasse les 500 millions. " L'industriel est connu dans le monde du football depuis les années 90 lorsqu'il devint sponsor de Naples et depuis quelques saisons comme dirigeant de Pordenone d'abord et de Trévise actuellement. Ceci dit, Setten n'a pas démenti l'info selon laquelle, il voulait revendre son club. Des bruits pourtant pas très positifs (mais pas liés à des paris) circulent sur sa politique économico-sportive... Cordella : " En 2006-2007, j'étais directeur général de l'Africa Sports en Côte d'Ivoire. J'y ai placé différentes personnes et ce club a remporté le titre. En 2007, j'ai repris Lanciano en D3 italienne et ce club au bord de la faillite est parvenu à se maintenir. Ce qui a suscité pas mal de rumeurs est le fait que pendant trois mois, de juin à septembre 2007, j'étais en poste dans les deux clubs. Mais comme j'étais directeur général, je ne devais pas rester en Côte d'Ivoire et je m'y suis rendu une fois par mois. "par pierre bilic, thomas bricmont, guy lassoie, nicolas ribaudo et patrice sintzen