Trois saisons chez Mitsubishi, deux au volant d'une Hyundai officielle, toujours pas de victoire en championnat mondial mais plutôt le sentiment frustrant de faire du sur-place : Freddy Loix n'a plus de temps à perdre. Il est occupé à terminer le chapitre coréen de sa carrière pour en entamer un autre, plus captivant avec la marque au Lion.
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Trois saisons chez Mitsubishi, deux au volant d'une Hyundai officielle, toujours pas de victoire en championnat mondial mais plutôt le sentiment frustrant de faire du sur-place : Freddy Loix n'a plus de temps à perdre. Il est occupé à terminer le chapitre coréen de sa carrière pour en entamer un autre, plus captivant avec la marque au Lion. Freddy Loix : Je piloterai une 307 WRC. Sur les onze premières manches mondiales, je ne devrais manquer que le Mexique. J'ignore si mon programme sera complété en cours de saison. Peut-être cela dépendra-t-il de mes performances... Peugeot alignera trois exemplaires identiques de sa nouvelle WRC et la hiérarchie s'établira sur le terrain. Le constructeur français a toujours pratiqué cette politique, il n'a aucune raison d'en changer ; on l'a vu ces deux dernières années, Richard Burns et Gilles Panizzi disposaient d'une voiture aussi affûtée que celle de Marcus Grönholm. Donc, peu m'importe de savoir si mon futur employeur me nominera pour marquer des points ou s'il confiera cette mission à Harri Rovanperä ; l'essentiel pour moi sera de m'installer aux commandes d'une auto capable de jouer la victoire. Début octobre, je me suis rendu au QG du département sportif pour faire connaissance avec l'équipe ; j'en ai profité pour prendre le volant d'une 206 WRC. Mes premiers tests sur la 307 sont prévus en novembre, juste après le rallye de Grande-Bretagne sans doute. Encore une fois, les résultats des deux dernières campagnes constituent ma meilleure réponse : tous les pilotes Peugeot se sont retrouvés à un moment donné en lice pour la victoire, seul Richard Burns n'est pas parvenu à conclure mais il lui reste deux rendez-vous pour combler cette lacune. C'est la preuve que l'équipe met tous ses représentants sur pied d'égalité et leur confie un matériel très compétitif. Je n'aurai pas la tâche facile contre lui, je le sais. Les temps qu'il signe sur tous les revêtements constituent sa meilleure carte de visite. Mais je suis décidé à déployer les efforts nécessaires pour soutenir la comparaison avec lui, et si possible le battre... Je l'ai côtoyé à l'époque où, comme moi, il défendait le pavillon Toyota. Quand il est venu au rallye Bianchi en Belgique, je lui ai refilé quelques tuyaux ; malheureusement, ça s'est mal fini pour lui car il a pris un poteau de face... Selon de bonnes âmes gravitant dans le milieu, je vais chez Peugeot uniquement parce que je suis toujours soutenu par Marlboro, notamment grâce à mon manager Sean O'Connor qui joue un rôle important auprès de ce cigarettier. Cette théorie m'énerve ! Je veux rappeler les faits : l'été dernier, la FIA a imposé aux usines de faire appel à un troisième pilote n'étant pas monté sur le podium d'un rallye mondial ces trois dernières années. Je correspondais à ce profil. Je pouvais en plus me targuer d'une solide expérience et, sans forfanterie, d'une bonne pointe de vitesse. J'étais donc bien placé sur les listes... J'en ai eu la confirmation quand Corrado Provera qui dirige Peugeot-Sport et Jean-Pierre Nicolas, responsable de la cellule rallye, m'ont rencontré pour me proposer de rejoindre leurs rangs. Un contrat avec les champions du monde... La volte-face de la fédération qui a encore modifié son règlement il y a quelques semaines, n'a nullement remis l'accord en cause : Provera et Nicolas croient en moi, ils apprécient mes qualités de metteur au point et me considèrent comme un pion important de leur engagement en 2004. Quand j'ai signé là-bas, j'étais persuadé que j'allais effacer mes trois campagnes en demi-teinte chez Mitsubishi. MSD û le préparateur anglais chargé d'aligner les Hyundai Accent sur la scène mondiale û s'était considérablement renforcé avec l'arrivée de plusieurs techniciens de haut vol. Dave Whitehead, le patron de MSD, m'avait montré le planning des développements prévus pour amener l'Accent WRC au niveau des meilleures : boîte semi-automatique, amortisseurs Reiger identiques à ceux des Ford, nouveau moteur tout alu, caisse redessinée, en plus de nombreuses autres évolutions, tout se présentait sous les meilleurs auspices. L'optimisme restait de rigueur fin 2002 après le rallye de Grande-Bretagne où j'avais offert à Hyundai la quatrième place finale au championnat des constructeurs : les responsables coréens présents sur place se montraient ravis, ils nous promettaient monts et merveilles... La suite fut moins réjouissante. En décembre, j'ai interrogé Whitehead sur le programme des tests en vue du Monte-Carlo et il n'a pu me donner aucune précision car il attendait des nouvelles... et de l'argent que devaient verser les Coréens. Au fil des semaines, la situation s'est dégradée. Les essais ont été supprimés, les paiements ont été effectués avec retard, bref il est apparu que l'aventure tournait mal. Disons que, malgré ce contexte difficile, je me suis battu au maximum avec les moyens du bord. Dans les spéciales comportant de nombreuses descentes, j'attaquais comme un damné pour compenser le temps perdu en montée en raison du manque de puissance du moteur. J'ai régulièrement pris le meilleur sur mon équipier Armin Schwarz et je ne crois pas que j'aurais pu faire mieux. Même si je n'ai marqué qu'un seul point au championnat des pilotes, j'ai gagné en confiance car j'ai appris à exploiter une auto de rallye à 100... ou 110 % de son potentiel. Quel intérêt aurais-je eu à disputer les derniers rallyes à la va-vite, sans aucun test préalable et au volant d'une auto à bout ? J'y aurais fait de la figuration tout en prenant des risques inutiles. Je préfère ne plus y penser et me tourner vers 2004. C'était différent : chez Mitsu, je n'avais jamais pu m'exprimer car l'équipe était entièrement vouée à la cause de Tommi Makinen et ne tenait aucun compte de mes avis. Ces deux dernières saisons, j'ai travaillé avec des gens sympas, motivés et compétents mais qui n'ont pu disposer des moyens indispensables pour arriver au top. Je me relaxe, je passe beaucoup de temps avec Else et notre petit Thomas dans la région de Plan de la Tour, près de St-Maxime dans le Var, où nous avons élu domicile. J'en profite aussi pour rouler à moto : David Whitehead ne me l'a jamais interdit mais je crains que Corrado Provera ne soit pas du même avis. Eric Faure" Je sais exploiter une auto de rallye à 110 % de son potentiel "