Il est 22 h 20. Le stade peut enfin crier sa joie. Tout le stade car ce samedi, le Standard a joué à domicile. A Bruxelles, certes, mais à domicile quand même. Dans un stade Roi Baudouin tout acquis à sa cause. Rouge et blanc, drapeau au vent. Dans le virage est, il y avait bien de nombreux drapeaux jaunes et bleus mais trop peu pour concurrencer cette vague liégeoise qui emporta tout sur son passage. Sur le terrain, même schéma. Il y avait bien 11 joueurs campinois déterminés à ramener cette Coupe dans cette sympathique bourgade de Westerlo. Mais pas assez pour contrer la volonté du Standard.
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Il est 22 h 20. Le stade peut enfin crier sa joie. Tout le stade car ce samedi, le Standard a joué à domicile. A Bruxelles, certes, mais à domicile quand même. Dans un stade Roi Baudouin tout acquis à sa cause. Rouge et blanc, drapeau au vent. Dans le virage est, il y avait bien de nombreux drapeaux jaunes et bleus mais trop peu pour concurrencer cette vague liégeoise qui emporta tout sur son passage. Sur le terrain, même schéma. Il y avait bien 11 joueurs campinois déterminés à ramener cette Coupe dans cette sympathique bourgade de Westerlo. Mais pas assez pour contrer la volonté du Standard. Le scénario était écrit et il a été respecté. 22 h 20 : tous les supporters rouches peuvent fêter ce sixième trophée et pleurer la fin de cette malédiction de la Coupe. Dominique D'Onofrio, aussi, peut se délester d'un poids énorme et lance dans un soupir de soulagement un " C'est fait " symbolique. Sergio Conceiçao profite également de ce premier trophée décroché avec les Liégeois. Il est 22 h 20 et le Standard clôture en beauté une longue saison. Marquée par de nombreux soubresauts. Une saison tempétueuse mais comme après toute tempête, le soleil finit toujours par revenir. Le Standard a terminé cette campagne 2010-2011 en écrasant tout sur son passage. Quelques heures plus tôt, tout Liège avait rallié Bruxelles. Pour fêter ses héros malheureux, ceux qui ont échoué à la deuxième place derrière Genk mais qui auraient pu marquer l'histoire du football belge en revenant du diable vauvert - cette sixième place arrachée au forceps - pour coiffer tout le monde sur la ligne d'arrivée. Mais aussi pour les voir remporter un trophée qui les fuit depuis 18 ans. Dans un élan de soutien patriotique, tous les hommes politiques se sont donné rendez-vous à l'ombre de l'Atomium, d' Yves Leterme à Didier Reynders en passant par Joëlle Milquet, Elio Di Rupo et Jean-Michel Javaux. Les plus fervents (comme Michel Daerden) ont revêtu le t-shirt spécial dédié à cette (future) victoire. Quand les joueurs rentrent sur la pelouse, l'ambiance est à son paroxysme. Les Standardmen portent un t-shirt en hommage à leur coéquipier Mehdi Carcela, dont le choc avec Chris Mavinga a sans doute marqué la fin du rêve de titre. " Courage Mehdi, Sois un homme ". Des Mots destinés au Belgo-Marocain, dont le sacrifice fut salué durant toute la rencontre par tout un public en phase avec sa souffrance. Le match pouvait commencer. Une première mi-temps jouée sur un faux rythme. Un Westerlo bien en place, plus dangereux que le Standard mais qui buta à deux reprises sur un Sinan Bolat des grands jours. Le Standard fonctionne par accélérations, toujours efficaces. Mémé Tchitéteste les réflexes de Bart Deelkens. Quelques minutes avant la mi-temps, le glas sonne pour Westerlo. Corner repris avec puissance par Eliaquim Mangala (1-0). Deux buts en quatre jours pour le défenseur français : les deux seuls de sa saison. Le match est plié à l'heure de jeu suite à l'auto-goal d' AdnanMravac. Si Bolat s'employa encore à deux reprises (dont un arrêt magnifique sur une reprise en un temps de Paulo Henrique), le stade et toute la place Saint-Lambert pouvaient exploser. La fête allait durer jusqu'aux petites heures... Le Standard termine donc sa saison en beauté. Par une victoire. La Coupe en chocolat diront certains mais si cette Coupe n'apporte que symbolisme, c'est parce que le Standard avait arraché quelques jours plus tôt sa qualification pour la Ligue des Champions. Les Liégeois garderont peut-être un goût amer. Celui de ne pas avoir réalisé le doublé mais qui aurait pu, début avril, prédire une telle fin de saison ? A l'époque, les hommes de DD avaient galéré huit mois durant pour se qualifier in-extremis pour les PO1. Personne ne soupçonnait une telle rage de vaincre et un tel talent dans ce groupe, même si la victoire plantureuse contre Anderlecht (5-1) et la bonne tenue dans les sommets soulignaient la qualité du noyau rouge et blanc. Si, lors de ce fameux Genk-Standard, l'arbitrage de FrankDe Bleeckere, sifflé par tout un stade lors de la remise des médailles à l'issue de la Coupe de Belgique, suscitera encore de nombreux commentaires (un carton rouge de Mavinga à la 25e minute aurait proposé un tout autre scénario...), le Standard ne doit qu'à lui-même d'avoir échoué à un demi point des Limbourgeois. En offrant un autre visage dans la phase classique, les Liégeois auraient ramené le titre en bord de Meuse ! Ils ont certes prouvé qu'une bonne forme lors des PO1 pouvait modifier complètement la donne mais qu'un parcours parfait (huit victoires et deux nuls face aux meilleures équipes !) ne pouvait pas suffire pour être sacré. Ces PO1 ont dégagé deux tendances : 1. Il convient de débuter les PO1 frais mentalement et physiquement (sinon point de salut, regardez Anderlecht et Gand). 2. Mais on ne peut pas se permettre de débuter sa saison en avril, au risque de le regretter. Néanmoins, la saison du Standard reste positive. DD a reconstruit un groupe, lui a donné une base et une consistance. Il a surtout créé un état d'esprit à la fois détendu et compétiteur. Après une saison délicate, il a rendu aux supporters le goût de la victoire, de la conquête et des trophées, même si pendant huit mois, ces supporters se sont posé beaucoup de questions sur la politique du Standard. Le club liégeois est aujourd'hui à un nouveau tournant. Les départs de Steven Defour et d' Axel Witsel sont annoncés. L'actionnariat pourrait changer de main. Comment le club va-t-il réagir face à ces chamboulements ? L'éclosion de Pape Camara a déjà montré que les solutions ne manquaient pas mais si le club doit bâtir sur ce qu'on a vu lors de ces PO1, il doit aussi se souvenir de ce qui n'a pas fonctionné durant huit mois... PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: REPORTERS" DD a reconstruit un groupe, lui a donné une base et une consistance. Il a surtout créé un état d'esprit à la fois détendu et compétiteur. "