Depuis ses deux penalties arrêtés, MarkVolders est vachement hot. La radio et la télévision se l'arrachent,... les magazines aussi, pour preuve. Cela ne lui plaît que modérément, il n'a pas besoin de cela. " Votre photographe m'a demandé de réaliser une photo à la FabienBarthez, vous vous rendez compte ?", s'exclame-t-il. " Certes, j'ai, moi aussi, le crâne rasé et je suis gaucher comme lui, mais la comparaison s'arrête là. "
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Depuis ses deux penalties arrêtés, MarkVolders est vachement hot. La radio et la télévision se l'arrachent,... les magazines aussi, pour preuve. Cela ne lui plaît que modérément, il n'a pas besoin de cela. " Votre photographe m'a demandé de réaliser une photo à la FabienBarthez, vous vous rendez compte ?", s'exclame-t-il. " Certes, j'ai, moi aussi, le crâne rasé et je suis gaucher comme lui, mais la comparaison s'arrête là. " Mais si cela peut aider à la notoriété ? " Parle-t-on de football ou de la vie privée ?", se demande-t-il. " Le côté glamour, très peu pour moi. Peut-être faudrait-il aussi que JérémySapina ou DaanVanGijseghem me donne un baiser sur le crâne avant de commencer un match, comme le faisait LaurentBlanc autrefois ?" ( ilrit) Volders est à 100 lieues de l'image que l'on se fait des stars du football : belles filles, belles voitures... Encore que : " Ma copine est jolie et certains le savent ", révèle-t-il. " Il est arrivé qu'un média me demande de poser en photo avec elle. Si elle n'était pas présente, le cliché ne l'intéressait pas. Et quoi encore ? Si j'avais eu une Porsche, elle aurait aussi dû figurer sur le cliché, sans doute ? Mais voilà, je n'ai pas de Porsche : Mouscron a un contrat avec Renault et le véhicule que le club a mis à ma disposition me suffit amplement. Je ne vois pas l'utilité d'en acheter un supplémentaire, que je devrais revendre trois ans plus tard avec 250.000 kilomètres au compteur. Je ne dis pas que je n'aime pas les belles voitures. Jadis, Lommel avait un contrat avec Mercedes. C'était agréable. Mais, à la fin du mois, on ne touchait pas notre salaire ! Alors, que faut-il choisir ?"Voilà pour le côté people. On pourrait ajouter que Volders est bien un crâne rasé, et pas un chauve. " Longtemps, j'étais chevelu. Il y avait certes une petite calvitie naissante, mais rien de grave. Je trouvais cela ennuyeux pour jouer. Un jour, avant de partir en vacances, ma copine a vu que cela me démangeait et m'a dit : - Situveuxteraserlecrâne, fais-lemaintenant !Situlefaisauretour, tuauraslecorpsbronzéetlatêtetouteblanche, ceseraitmoche. Je suis donc passé à l'acte. C'était juste avant de signer à Mouscron. Les supporters de l'Excelsior ne me connaissent donc qu'avec le crâne rasé... Et moi, je trouve cela bien plus pratique. " Pour Volders, la semaine commence (en principe le mardi, car EnzoScifo accorde généralement une journée de congé le lundi) à 6 heures du matin, lorsqu'il prend la route qui le mène de Tessenderlo (entre Diest et le Limbourg) jusqu'à Mouscron. 170 kilomètres, aller simple. " Si j'ai de la chance, j'emprunte le ring de Bruxelles juste avant les files. J'arrive à Mouscron vers 8 heures si tout va bien, mais parfois vers 9 heures s'il y a un encombrement. J'ai acheté une maison dans le Limbourg, à Klein Vorst pour être précis, et je me vois mal déménager. Parfois, je passe une nuit dans la Cité des Hurlus lorsque je suis fatigué après un double entraînement, mais je suis souvent sur la route. " Pour l'instant, cela lui réussit plutôt bien. La saison a commencé sur les chapeaux de roues. Qu'y a-t-il de changé par rapport à la saison dernière ? " D'abord, le mercato a été réalisé en janvier. On n'a pas dû intégrer trop de nouveaux joueurs. Dans le onze de base, on retrouve juste ChemcedineElAraichi, ChristopheLepoint et JayceeOkwunwanne (qui alterne avec IdirOuali devant). Une autre différence avec la saison dernière, c'est qu'on possède désormais des joueurs avec lesquels on peut aller à la guerre. Lepoint et GonzagueVandooren, pour ne citer qu'eux, dégagent une énorme puissance physique. Après un rude contact, on les croirait à moitié morts, mais ils restent quand même sur le terrain. On a eu un peu la chance de notre côté également, mais il faut la forcer. " Et, autre aspect important : Mouscron possède un bon gardien... " Il ne m'appartient pas de me juger ", coupe Volders. " Je me sens bien, et pour l'instant cela tourne bien, mais je ne me pousse pas du col. La saison dernière, et celle d'avant, je me sentais bien également. Je n'ai pas l'impression d'avoir changé en deux ans. Même si j'essaie encore et toujours de progresser, malgré mes 31 ans. Simplement, le hasard a voulu que j'arrête deux penalties en ce début de saison. Sans cela, on n'aurait jamais parlé de moi. Je le regrette un peu, car cela équivaut à juger un gardien sur deux arrêts qui dépendent à 50 % de... la chance. "Un hasard, vraiment ? FranckyVandendriessche, l'ex-gardien des Hurlus devenu coach spécifique, avait toujours affirmé qu'il avait un truc. L'a-t-il transmis à Mark ? " Je dois beaucoup à Francky, pas seulement pour l'arrêt des penalties. Le courant passe bien entre nous. Il me donne de bons conseils... y compris pour les penalties, je le concède. Ce que je dois observer en priorité, par exemple. Si je suis heureux que ces deux arrêts aient permis à l'équipe d'empocher des points, je trouve que d'autres aspects du métier sont plus importants : rester concentré pendant 90 minutes, ne pas relâcher les ballons, etc. " Vandendriessche est-il différent de son prédécesseur, DidierVandenabeele ? " Il ne faut pas oublier que Francky avait lui-même travaillé pendant sept ans sous la direction de Didier ", rappelle Mark. " Il en a donc retenu certaines choses. Francky travaille un peu plus l'aspect technique, mais Didier était un très bon entraîneur également. Je lui dois beaucoup. Après tout, c'est grâce à lui que je joue encore au plus haut niveau aujourd'hui, puisque c'est lui qui m'a fait venir à Mouscron alors que j'étais sans club. Personne ne croyait plus en moi. Il m'a replacé sur la carte footballistique et je lui en suis reconnaissant. " Vandendriessche a arrêté sa carrière en laissant l'image d'un gardien qui encaissait des buts dignes de vidéo-gag. Volders : " Je trouve cela profondément injuste. Un gardien doit être jugé sur l'ensemble de son £uvre, pas sur deux arrêts... ni sur deux boulettes. Francky a eu le malheur d'encaisser quatre buts en Croatie lors de son unique sélection chez les Diables Rouges. C'était le mauvais match au mauvais moment, c'est tout. Comme d'autres ont eu la chance de réaliser le bon match au bon moment, et ont bâti toute leur carrière sur un one-shot. Francky était un bon gardien... comme l'est StijnStijnen aujourd'hui. Si l'on juge Stijn sur l'ensemble de ses prestations, le bilan sera positif. Mais on pourrait aussi sortir un match au cours duquel il est passé au travers, et le lyncher. Certains ne s'en privent pas, d'ailleurs. J'apprécie beaucoup le gardien de Bruges et des Diables Rouges. Il le sait, nous en avons déjà discuté. Il est originaire de Hasselt, une région pas trop éloignée de la mienne, et cela facilite sans doute les affinités. Contrairement à ce que certains pourraient penser, il est sobre et garde les pieds sur terre. " Si Volders devait prendre un aspect dans le jeu de Stijnen, lequel serait-ce ? " Question difficile... Je trouve que nous avons un peu le même style. Stijn est incroyablement fort en un-contre-un, il l'a encore démontré contre l'Estonie. Il supporte très bien la pression, comme moi. La différence, c'est qu'il joue à Bruges et moi à Mouscron, qu'il est Diable Rouge et moi pas. Mais je ne suis pas jaloux. Je m'appelle Mark Volders et je ne ressens nullement le besoin de changer d'identité. "Volders n'a jamais figuré parmi les trois nominés pour le titre de Gardien de l'année : " Ce sont les joueurs de D1 qui votent à votre referendum, c'est donc à eux qu'il faut demander pourquoi. Si je veux faire partie du gotha, je dois simplement continuer à travailler et espérer que Mouscron réalise une bonne saison, car cela a aussi une influence sur les votes. "A-t-il l'impression d'être un gardien sous-estimé ? " Je ne me pose pas la question. Le plus important est que le club, et en particulier mon entraîneur de gardien, soit content de moi. Pour l'instant, je pense que c'est le cas. Quant à la reconnaissance extérieure : la semaine dernière, Jean- MariePfaff avait donné son Onzed'Or dans un journal. Il m'avait cité comme gardien de but dans son équipe-type, avec pour commentaire : - Cen'estpasungardiendeclassemondiale, maisilsaitcedontilestcapableetcedontiln'estpascapable. Cela m'a fait plaisir, et je me reconnaissais entièrement dans cette description. " De quoi Volders n'est-il pas capable ? " Encore une question-piège... Je pense ne pas avoir de gros points faibles, mais pas de gros points forts non plus. Je suis régulier dans tous les domaines, tout en pouvant m'améliorer dans tous les domaines. "Volders n'a jamais évolué dans un grand club. En a-t-il eu la possibilité ? " Pas dans un tout grand club, non. Mais ma bonne saison à Beveren m'a valu d'être suivi par des équipes du subtop néerlandais, comme le FC Utrecht par exemple. J'ai volontairement opté pour un petit club, le RBC Roosendaal, car après huit mois sans football et une saison au Freethiel durant laquelle j'étais considéré comme le n°2 derrière BoubacarCopa, ma priorité était d'être titulaire. Ce fut une saison cauchemardesque : on prenait des buts à la pelle à chaque match. Tout ce que j'avais bâti à Beveren s'est effondré. Pourtant, on m'a rarement jeté la pierre. Sur la plupart des buts, ma responsabilité n'était pas engagée, mais la défense était une telle passoire que je ne pouvais tout arrêter. La mentalité néerlandaise est ainsi faite que, même lorsqu'on est inférieur à l'adversaire, on veut attaquer. Je me souviens d'un match à l'AZ. C'était 1-0 à la mi-temps. Après 90 minutes, c'était... 7-0. On avait mis tout à l'attaque pour égaliser et on avait laissé des boulevards derrière. Idem à l'Ajax : 1-0 à la 75e minute, 6-0 au coup de sifflet final. En fin de saison, on s'est retrouvé avec seulement quelques points au classement et une centaine de buts encaissés. Après cela, allez défendre votre cause comme gardien... Je me suis de nouveau retrouvé sans club. Pendant deux mois, jusqu'à ce que Mouscron vienne à la rescousse. " Cet été, il aurait pu en être autrement : Heerenveen et Anderlecht se sont intéressés à lui. " Je n'ai pas eu de contact direct avec Heerenveen. Certaines personnes, malgré tout fiables, m'ont laissé entendre que cet intérêt existait, mais j'étais apparemment le deuxième choix derrière KennySteppe. Le club frison a fait un bon choix en optant pour le jeune Anversois. En ce qui concerne Anderlecht, c'est une autre histoire. Quelqu'un, que je soupçonne être le manager de SilvioProto, m'a proposé le poste de gardien n°2 au Sporting. Je trouvais curieux que l'offre ne parvienne pas directement d'Anderlecht. En fait, j'ai vite compris que ce n'était pas moi qui comptais, mais qu'il fallait simplement que je dégage pour que Silvio puisse devenir titulaire quelque part. Je n'ai pas hésité très longtemps... pour décliner. " Bref, plutôt n°1 à Mouscron que n°2 à Anderlecht ? " Pour l'instant, oui. Et d'ailleurs, qui dit que j'aurais été n°2 et pas n°3 au Parc Astrid ? C'est faire peu de cas de DavySchollen. Si Anderlecht avait lui-même débarqué avec une proposition de cinq ans, j'aurais peut-être réfléchi. Cela ne signifie pas encore que j'aurais accepté. Mais ici, il s'agissait d'un simple prêt d'un an dans le but d'aider Silvio. " On passera sur le thème de l'équipe nationale. " La Belgique possède actuellement de bons gardiens, mais plus de gardien de classe mondiale comme à l'époque de MichelPreud'homme, par exemple. Personne n'est actuellement capable d'effectuer des arrêts à la GianluigiBuffon. " A 31 ans, qu'est-ce que Volders a encore envie de réaliser ? " Je n'ai pas d'objectif précis, mais je reste ambitieux. 31 ans, ce n'est pas vieux pour un gardien. Je peux encore tenir le coup pendant six ou sept ans. OliverKahn ou JensLehmann, sans vouloir me comparer à eux, ont joué au plus haut niveau jusqu'à 36, 37 ou 38 ans. Je me suis toujours soigné. J'ai toujours l'impression que ma carrière ne fait que commencer. En fait, elle a commencé lorsque j'ai signé à Mouscron. C'est au Canonnier que le vent a tourné pour moi et que ma carrière a pris une tournure positive. " Si sa carrière n'a pas démarré plus tôt, est-ce en raison de mauvais choix ? " Peut-être. J'ai aussi été victime d'une incroyable malchance. La faillite de Lommel m'a porté un coup, non pas fatal puisque j'ai fini par m'en relever, mais très dur malgré tout. Ce fut le cas pour tous les joueurs qui l'ont vécue. Certains n'ont même plus retrouvé de club. Personnellement, j'ai encore eu la chance d'atterrir à Beveren. Comme n°2 au départ, mais la blessure de Copa m'a permis de devenir le n°1. RBC Roosendaal, ce n'était sans doute pas le meilleur choix, mais je ne pouvais pas le deviner : il y avait de bons joueurs dans cette équipe, comme Tim Smolders, PaulKpaka, Sidney Lammens, Akran Roumani ou Ali El Khattabi, qui avait été meilleur buteur des Pays-Bas. La réalité fut toute autre, mais ces déboires m'ont rendu plus fort mentalement. Et puis, voilà : la vie commence à 31 ans, et j'espère qu'elle sera belle. " par daniel devos - photos: reporters/ hamers