A 30 ans, Ivan Milas n'est plus un gamin et cela se sent autant dans ses propos que dans son comportement. Papa de deux filles, Maria et Magdalena, alors que son épouse, Anna, attend leur troisième enfant, il offre sa maturité à Mons où il se sent bien.
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A 30 ans, Ivan Milas n'est plus un gamin et cela se sent autant dans ses propos que dans son comportement. Papa de deux filles, Maria et Magdalena, alors que son épouse, Anna, attend leur troisième enfant, il offre sa maturité à Mons où il se sent bien. Mis à part un match malheureux face à Genk et des problèmes de synchronisation avec Ivan Willockx, ce joueur de 1,85 m et 80 kilos s'avéra tout de suite utile et clairvoyant au centre de la défense montoise. Milas débarqua chez les Dragons en janvier et fut lancé dans le bain après quatre jours d'entraînement seulement avec son nouveau club : " J'étais prêt. Durant les fêtes de fin d'année, je ne m'étais pas du tout relâché. Je voulais être à la hauteur en cas d'offre de l'un ou l'autre club étranger. J'avais fait le tour du problème en Croatie et en Bosnie. C'était le moment de partir, de rentabiliser mon football afin d'offrir un avenir plus intéressant à la famille. Un ami parla de moi à un agent de joueurs liégeois, Valère Facchini, qui prit ses renseignements et contacta, notamment, Tomislav Ivic. Je l'ai eu au téléphone et il me recommanda de partir en Belgique, d'être travailleur et assidu ". Ivan Milas n'hésita pas une seconde quand Mons lui proposa un défi difficile : l'aider à rester en D1. Or, son dernier club, Zrinski Mostar était en tête de la D1 de Bosnie-Herzégovine et sera probablement champion en fin de saison. Entre un titre national et une opération survie en Belgique, il n'y avait cependant pas photo à ses yeux : " Il y avait tellement longtemps que j'attendais cette chance. Le titre en Bosnie-Herzégovine, c'est bien, mais je voulais partir, vivre autre chose même si je savais que ce serait difficile. Je connaissais le classement de la D1 belge. La porte de l'étranger s'est ouverte grâce à Mons. En Croatie et en Bosnie, je n'ai jamais fait partie d'aucune écurie. Sans cela, je me serais certainement retrouvé dans un grand club. Quand un entraîneur débarque, il impose souvent ses joueurs. Du jour au lendemain, que ce soit au NK Zagreb ou à Rijeka, on me pria de chercher un autre employeur après une bonne saison. Je n'entrais plus dans les plans du nouveau patron... Les dirigeants de Zrinski Mostar, eux, furent corrects. J'ai signé un contrat d'un an là-bas mais nous avons convenu d'une clause libératoire en cas d'offre de l'étranger. Le président de ce club me donna sa parole et il la respecta ". Mostar, c'est la ville du vieux pont ottoman datant du 16e siècle et qui fut précipité dans la Neretva après un bombardement croate en 1993. Grâce à l'apport de l'Unesco, le pont a été reconstruit avec des pierres venant des mêmes carrières qu'il y a 500 ans. De grands architectes percèrent les secrets des techniques d'autrefois pour reconstruire le même pont qui a été inauguré récemment en grandes pompes. Un avenir meilleur se dessine au loin pour les habitants de ces régions mais Ivan Milas n'avait pas le temps d'attendre. Sur la carte de visite du défenseur croate, on note, dans l'ordre, les clubs suivants : NK Kujundzusa (D3 croate, club de sa ville natale, Imotski), NK Vrapce (D2), NK Samobor (D2), Dragovoljac (D1), Sibenik (D1), Ziang Green Taun (D2 chinoise), retour à Sibenik, NK Zagreb (D1 croate), Rijeka (D1) et Zrinski Mostar. " J'ai vécu une aventure humaine et sportive passionnante en Chine ", souligne-t-il. " Ce fut, pour moi, un extraordinaire choc des cultures. Tout est tellement différent dans ce pays qui s'ouvre vers le monde. Quand nous nous promenions dans cette petite ville chinoise de... cinq millions d'habitants, les gens, très gentils, souriaient, nous touchaient pour exprimer leur joie de nous voir chez eux. J'ai été loué quatre mois. Les Chinois voulaient que je prolonge mon séjour. Cela m'aurait arrangé car je gagnais bien ma vie. Sibenik refusa et je suis retourné en Croatie ". Entre la Chine et le pays du Doudou, c'est le jour et la nuit. Encore que 2005 soit l'année du coq (wallon ?) dans l'horoscope chinois. Mons aura bien besoin de ce bon présage afin de se sortir du marécage de la D1. Après une très belle série en janvier, la nouvelle mécanique montoise de Jos Daerden s'enraya brutalement alors qu'Ostende mettait de l'iode dans son jeu. " Je ne sais pas ce qui s'est passé mais la chance nous bouda du jour au lendemain ", avance-t-il. " Daerden nous avait prévenu : rien n'allait être facile jusqu'à la fin de la saison. Ostende a eu cette veine qui nous échappe. A Anderlecht, son succès relève du miracle. Mons, par contre, méritait au moins un point à la fin de son match d'alignement face aux Bruxellois. Au Brussels, on a eu l'occasion de tuer tout suspense avant de tout perdre stupidement, d'écoper d'une carte rouge. Ce soir-là, le verdict fut douloureux pour nous alors que nous méritons les trois points ". Les doutes se sont-ils glissés dans les têtes après ce revers dans la capitale ? Ce soir-là, Ivan Willockx manqua de présence dans un duel aérien avec Igor De Camargo avec, à la clef, une égalisation qui relança le Brussels. Nicolas Goussé se paya stupidement une carte rouge. L'énervement fut total et Mons égara un influx monstre au Brussels. A l'heure du bilan final, cette expédition et la blessure de Cédric Berthelin, coûteront peut-être très cher aux Dragons mais Milas n'est pas de nature à céder au découragement. " Mons doit rester en D1 ", assène- t-il. " C'est important pour ce club qui se dote de belles installations. C'est décisif pour tous les joueurs aussi. Mon avenir serait forcément incertain en cas de chute en D2 : je ne veux pas y penser. Ce groupe détient plus de talent dans chaque ligne que nos adversaires dans la lutte pour le maintien. J'ai tout de suite trouvé mes marques auprès de mes équipiers. La langue n'a jamais été un problème. Je me débrouille avec quelques mots d'anglais et de français ". Après le déplacement à Lokeren, les Montois s'apprêtent à recevoir La Louvière dans un derby régional très attendu. " Nous savons que La Louvière présente une équipe bien organisée ", dit Ivan Milas. " Mons ne peut plus se permettre le moindre mauvais pas. La conquête des trois points est impérative ". Mons est dans la gueule du loup et la suite du programme lui impose, ensuite, un choc au Standard. Puis ils recevront Westerlo, iront au Germinal Beerschot, accueilleront le Club Bruges et Mouscron avant de terminer leur saison à Anderlecht. Mons devra se mesurer aux trois grands de la D1. Aucune équipe du bas de classement n'a un programme aussi éprouvant. Le Standard qui lutte pour l'Europe sera le premier au programme de ce triptyque des géants. " Les Liégeois carburent à haut régime ", termine Ivan Milas. " C'est une équipe de vedettes avec Vedran Runje, Eric Deflandre, Ivica Dragutinovic, Philippe Léonard, Sergio Conceiçao, Milan Rapaic, Sambegou Bangoura, etc. La motivation ne peut qu'être au rendez-vous. Mon club m'a fait confiance en janvier : je me donnerai à fond pour Mons jusqu'au bout. Nous ne descendrons pas ". Pierre Billic" Nous ne DESCENDRONS pas "