Ses participants n'en peuvent évidemment rien, mais le constat est imparable : avant même son début, le Tour de France 2008 est décapité. Normalement, il entrait dans l'an deux de l'ère AlbertoContador.
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Ses participants n'en peuvent évidemment rien, mais le constat est imparable : avant même son début, le Tour de France 2008 est décapité. Normalement, il entrait dans l'an deux de l'ère AlbertoContador. L'été dernier, l'Espagnol a remporté Paris-Nice et le Tour de France avec l'équipe Discovery Channel. Mais quand elle fut dissoute, il prit du service chez Astana... qui fut interdite de Tour et de Paris-Nice en février dernier du fait de son implication dans le dopage avec son coureur vedette Alexandre Vinokourov. Contador poursuit sur son élan cette saison. Partout où il apparaît, il fait pâlir la concurrence comme au Giro où il l'a emporté. En outre, aucune formation n'est capable de rivaliser avec Astana. Contador aurait été le grandissime favori du Tour de France s'il avait pu en prendre le départ. En son absence, qui s'emparera de son sceptre, jusqu'à son retour en 2009 ? Cadel Evans est le candidat le plus logique. D'accord, il ne fait pas battre les c£urs mais on peut former une équipe solide autour de l'Australien. Il connaît rarement un jour sans. Quand il encaisse des coups, il plie certes mais il ne rompt jamais. Evans pourrait afficher un visage plus offensif durant ce Tour qu'il n'en a l'habitude. Il le faut, d'ailleurs. Le peloton sait que son équipe ne peut verrouiller la course. La Caisse d'Epargne d' Alejandro Valverde en est parfaitement capable, elle. L'année dernière, elle a placé quatre coureurs dans le top quinze. Valverde est-il en mesure de profiter de cette abondance ? Dans le passé, tout le monde n'a pas pris au sérieux les ambitions d' El Imbatido. Il est plutôt taillé pour les classiques ardennaises mais ne possède pas une résistance suffisante pour une bataille d'usure de trois semaines, selon ses détracteurs. Néanmoins, les temps ont changé, de ce point de vue. Il ne faut plus être un grimpeur dépourvu de limites pour jouer les premiers rôles au Tour. Grimper avec classe, avoir du coffre, une équipe fiable et effectuer une bonne préparation, tout cela permet déjà d'aller loin. De fait, les spécialistes des classiques ardennaises se distinguent de plus en plus. Il y a quelques années, des coureurs comme Kim Kirchen et Damiano Cunego n'auraient jamais osé rêver d'un podium au Tour. Dorénavant, ils prennent le départ en songeant à la victoire, ce qui est parfaitement possible au sein de ce peloton, si les circonstances leur sont un brin favorables. Le coureur issu d'un bloc solide possède toujours un avantage. Nous pensons notamment à CSC. Carlos Sastre en est le leader mais l'Espagnol n'a pas fait forte impression cette année. Peut-être joue-t-il à cache-cache ? Si ce n'est pas le cas, CSC aura vite fait de sortir son plan B luxembourgeois, le plan Andy Schleck. Le cadet des Schleck a reçu tous les dons de Dame Nature mais il va découvrir le Tour de France. Le glisser d'emblée dans la peau d'un favori accroîtrait exagérément la pénibilité du Tour. Ce raisonnement vaut sans doute aussi pour Roman Kreuziger. Le Tchèque a été impressionnant au Tour de Suisse et deviendra un jour un grand coureur de courses à étapes. Cependant, trois ou quatre semaines séparent l'épreuve helvétique des étapes les plus dures du Tour. Un coureur inexpérimenté est-il capable de se refaire une condition en aussi peu de temps ? En outre, il n'est pas exclu que son équipe, Liquigas, mise tout sur Daniele Bennati, grâce auquel elle pourrait briguer le maillot aux points. Un succès de Kreuziger constituerait une surprise de format mais les circonstances plaident en faveur d'un vainqueur inattendu. Nous prédisons une course imprévisible, étrange. Une question : qui peut-on laisser s'échapper ? Faites un cadeau à un coureur moyen à la Juan José Cobo, de Saunier Duval, et il s'adjuge le Tour. Nous pouvons vous en citer quinze autres du même acabit. Brider l'ensemble du peloton n'est évidemment pas possible non plus. Il n'est pas exclu que, dans cette édition du Tour, le directeur d'équipe à la meilleure stratégie joue un rôle plus important que le coureur le plus fort. C'est assez pervers mais prendre le départ avec un brillant palmarès pourrait constituer un handicap. C'est le cas de Denis Menchov, le seul participant, avec Cunego et Oscar Pereiro Sio, à avoir déjà remporté un grand tour. Menchov constitue un cas étrange. Rabobank, son équipe, laisse ses deux pions majeurs, Thomas Dekker et Robert Gesink, à la maison. On pourrait croire que la formation néerlandaise ne croit pas dans les chances de Menchov. Riccardo Riccò, lui, espère que ce sera un Tour d'attaquants. Le Cobra a déjà déclaré qu'un coureur comme lui est impuissant sur le Grande Boucle mais il semble revenir sur ses propos. Parce que, cette année, il n'y a pas d'Alberto Contador pour pourrir la course ? par jef van baelen