La BBC a signé son premier contrat en 1983. Elle payait 167 millions par saison (dix matches en direct et les résumés chaque week-end). Pour le contrat qui prendra cours la saison prochaine, la vénérable BBC a tout perdu et ne diffusera pratiquement plus aucune image de foot. L'ensemble des contrats dépassera pour la première fois le milliard de livres sterling. Les chaînes payantes du groupe Murdoch offrent 26 milliards par saison pour le direct de 66 matches. Le câblo-opérateur NTL allonge 7 milliards pour 40 matches en pay-per-view, essentiellement le dimanche. ...

La BBC a signé son premier contrat en 1983. Elle payait 167 millions par saison (dix matches en direct et les résumés chaque week-end). Pour le contrat qui prendra cours la saison prochaine, la vénérable BBC a tout perdu et ne diffusera pratiquement plus aucune image de foot. L'ensemble des contrats dépassera pour la première fois le milliard de livres sterling. Les chaînes payantes du groupe Murdoch offrent 26 milliards par saison pour le direct de 66 matches. Le câblo-opérateur NTL allonge 7 milliards pour 40 matches en pay-per-view, essentiellement le dimanche. ITV, qui a ravi à la BBCThe match of the day et les résumés des autres, déboursera 4 milliards par an, à peine un peu plus que ce que rapporte la vente des images hors Angleterre. En France, TF1 paye 6,5 milliards pour les matches à domicile de l'équipe nationale ainsi que quelques rencontres de Coupe. Pour Téléfoot, TF1 a revu sa proposition légèrement à la baisse et n'offre plus que 360 millions. La Ligue hésite car elle en espérait 800. Maist M6 et France 2 n'ont fait que des propositions minables. En Hollande, NOS a remporté les nouveaux droits des résumés des rencontres de championnat et de l'équipe nationale. Canal+ et KNP Telecom héritent du direct crypté. Au total, le foot pro hollandais touchera par saison 2,2 milliards qui seront redistribués d'une manière fort inégale. Les grands, le PSV, Feynoord et l'Ajax, qui voulaient négocier séparément après avoir racheté globalement les droits, recevront les plus grosses parts de gâteau. La D2 n'a hérité que des miettes. En Espagne, l'inflation des droits est exponentielle. En 1998, les chaînes hertziennes ibériques classiques payaient 1,9 milliard à l'ensemble des clubs de la Liga. Aujourd'hui, les clubs négocient séparément avec les nombreuses chaînes de la péninsule. Barcelone a vendu ses droits à Via Digital pour 3 milliards de francs par saison pour l'ensemble de ses rencontres disputées au Nou Camp (15 milliards pour 5 saisons de 2003 à 2008). Le Real a fait un peu mieux avec Canal Satellite. Les autres clubs se partagent ce qui peut encore l'être en Espagne et sont encore en négociation avec les chaînes intéressées. Actuellement, La Corogne ou Valence encaissent 750 millions par saison, et Bilbao ou Saragosse 500 millions. De quoi encore faire rêver les clubs belges, mais ces contrats pourraient être revus à la baisse suite à la gourmandise du Real et de Barcelone. En Italie, il est presque impossible de citer un chiffre précis de l'apport financier que les télévisions apportent au Calcio car il y a énormément d'émetteurs et il est pratiquement possible de voir du foot transalpin tous les jours sur le petit écran, à défaut d'à toutes les heures. La manne télévisuelle est estimée à 23 milliards de francs dont 80% sont assurés par les chaînes à péage. L'inflation des droits due à une très âpre concurrence a fait des victimes, essentiellement dans la pay-TV. A telle enseigne que les deux chaînes digitales cryptées, concurrentes à couteaux tirés jusqu'à hier, Telepiù (Vivendi) et Stream (Murdoch), ont dû fusionner. Le montant des droits de retransmission des matches diffusés par ces deux chaînes fut multiplié par seize en neuf ans et les deux entités ont perdu chacune trois milliards en moyenne ces dernières années. Les décodeurs pirates (il en existerait un million et demi en Italie) n'ont fait qu'accentuer les choses...