Certains diront que le destin a joué une part importante dans son premier vrai match pro, en soulignant la blessure de Geoffrey Mujangi Bia face à Gand. Lui pas car il sait que cette quasi-titularisation (il est monté au jeu à la 9e minute) n'est pas tombée du ciel. Il a bossé pour la décrocher. Ce dimanche 4 décembre, Paul-José Mpoku a vécu son vrai baptême du feu. Et l'enfant du pays, le fils prodigue revenu d'Angleterre après trois ans outre-Manche a été gâté. Un match au sommet ! " Il l'avait mérité car il aime le travail. Il sait où il veut arriver et il met toutes les chances de son côté ", estime José Riga, l'entraîneur du Standard.
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Certains diront que le destin a joué une part importante dans son premier vrai match pro, en soulignant la blessure de Geoffrey Mujangi Bia face à Gand. Lui pas car il sait que cette quasi-titularisation (il est monté au jeu à la 9e minute) n'est pas tombée du ciel. Il a bossé pour la décrocher. Ce dimanche 4 décembre, Paul-José Mpoku a vécu son vrai baptême du feu. Et l'enfant du pays, le fils prodigue revenu d'Angleterre après trois ans outre-Manche a été gâté. Un match au sommet ! " Il l'avait mérité car il aime le travail. Il sait où il veut arriver et il met toutes les chances de son côté ", estime José Riga, l'entraîneur du Standard. Mais qui est donc ce jeune médian de 19 ans, promu en même temps que Michy Batshuayi comme porte-étendard de la nouvelle politique du Standard ? Et tant pis s'il ne s'agit pas complètement d'un fruit de l'Académie puisqu'il a effectué sa post-formation à Tottenham où il est resté de 16 à 19 ans. Né de parents congolais, celui qui avait débuté à Petit-Rechain, un petit club de la région de Verviers, avant de rejoindre le Standard à 10 ans, décida peu avant ses 16 ans de tenter l'aventure étrangère. Direction Londres. " Ce choix fut dicté principalement par la présence d'une partie de sa famille dans la capitale anglaise ", explique son agent, Jorge Vidal. A Londres, il rejoint son oncle, ses parents demeurant à Verviers. Là, dans la mécanique bien huilée d'un club de Premier League, il apprend le professionnalisme. Intégré à l'Académie des Spurs, il reçoit sa seule et unique convocation pour un match de FA Cup contre Bolton avant d'être prêté la saison dernière à Leyton Orient, petit club londonien végétant en 3e division, où il se fait remarquer, notamment en Cup lors d'un fameux 8-2 contre le FC Droylsden. Au total, Mpoku disputera 35 matches avec Leyton Orient avant de revenir de prêt chez les Spurs. Pourtant, comme Tottenham n'a pas la réputation de lancer des jeunes et que son noyau se compose de 45 joueurs, un départ se précise. Soit un nouveau prêt, soit un transfert définitif. Les prêts, il en a marre. " Tottenham aurait bien voulu le garder ", continue Vidal. " C'est lui qui a décidé de rebondir autre-part. Comme il préférait un club de D1 plutôt que de D2 ou D3 anglaise, un retour en Belgique devenait la meilleure solution. Bruges s'est montré intéressé mais le Club a trop tardé. Son nom a été chuchoté à Anderlecht mais c'est finalement le discours de la nouvelle direction du Standard qui l'a convaincu. " Retour donc à la case départ pour 400.000 euros. " Ce qui m'a surtout marqué lors de son retour, c'est qu'il était devenu un homme ", explique José Jeunechamps, l'entraîneur des U21 du Standard. " C'est aujourd'hui un grand sportif qui a mené une réflexion sur son travail. Il fait preuve de plus de maturité que les autres jeunes de son âge et cela se remarque dans sa gestion au quotidien, sa façon de préparer les matches, d'être à l'entraînement. Comme éducateur, je dois me demander si c'est son passage en Angleterre qui lui a appris à appréhender son métier de cette manière mais je pense que le fait de devoir gérer un déracinement, le problème de la langue et sa propre prise en charge l'ont fait grandir plus vite. " " Il est parti tout seul ", corrobore le directeur technique du Standard, Jean-François de Sart. " Naturellement, cela vous forge un homme. L'Angleterre fut pour lui une très bonne école de vie et ce n'est pas donné à tout le monde de garder la tête hors de l'eau si jeune. " Pourtant, le retour au pays ne lui garantissait pas une réussite. Restait encore à trouver une place dans l'équipe. " Il savait qu'il allait devoir être patient ", dit Vidal. Versé en Espoirs, il séduit et attire l'attention du noyau A. " Ses progrès se sont concrétisés à travers ses statistiques ", explique Jeunechamps. " En 16 matches avec les Espoirs, il a inscrit 10 buts et donné 11 assists. C'est un peu un mélange de Mehdi Carcela et d' Axel Witsel. Par la technique et sa force de pénétration, il rappelle Carcela mais sans la vitesse. Et comme Witsel, il est très bon dans la couverture et la maîtrise du ballon. A tout moment, il peut sortir de sa boîte. " A l'heure où le Standard se cherche des nouveaux leaders techniques, son bagage est un précieux atout. " Il dispose de qualités techniques au-dessus de la moyenne et il a énormément de culot. Il ose beaucoup ", reconnaît de Sart. Quant à Riga, il parle " d'un style chaloupé et d'une aisance technique pied gauche-pied droit ". Et cerise sur le gâteau, un caractère de leader complète sa panoplie. " Chez les Espoirs, je devais le mettre capitaine. C'est un rassembleur et un sain compétiteur ", dit Jeunechamps. Riga aura le mot de la fin : " C'est quelqu'un de fiable, toujours disponible au niveau tactique. " Et comme il peut jouer à tous les postes de l'entrejeu, Mpoku, qui fit partie de l'équipe belge des -19 ans, apparaît comme bien plus qu'un pari sur l'avenir. PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTO: IMAGEGLOBE" Un mélange de Carcela et de Witsel "