Le 12/12/2012, ce sera la fin du monde. Peut-être ! D'un monde, sûrement.
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Le 12/12/2012, ce sera la fin du monde. Peut-être ! D'un monde, sûrement. Ce ne sera plus jamais comme avant. On en pleure déjà en espérant d'être toujours là pour en pleurer de rire. Ce 12 décembre 2012, les 36 clubs qui composent la Ligue allemande vont prendre une grande et grave décision. Le nombre de places allouées aux supporters visiteurs va passer de 10 à 5 % de la capacité des stades. Soi-disant pour des raisons de sécurité. Du coup depuis deux semaines, les supporters font grève de chants, de cris, de bonheur pendant les premières 12 minutes et 12 secondes des matchs de D1 et D2. La sécurité, on va en parler mais moi je me dis qu'un supporter local dépense plus au stade qu'un supporter visiteur. Si je me le dis, les clubs le pensent sûrement. La sécurité, on en parle. Expérience vécue. Jour de derby de la Ruhr, Dortmund-Schalke 04. On ne s'aime pas. Dortmund joue pour le titre, S04 pour une qualif en CL. Deux heures avant le coup d'envoi. 50.000 personnes déjà aux abords du stade. Le jaune et le bleu ne s'épousent pas mais se croisent, se parlent parfois mais jamais ne s'affrontent. Tous mélangés. Tout le monde est heureux. Après le match, même les flics, faut les chercher pour les voir. Pas de soucis. Irréel, surréaliste. Là, on se dit que les Allemands sont très forts parce que 10 % du stade de Dortmund, c'est quand même 8.000 personnes à gérer. 8.000 ! Pas mal de clubs belges aimeraient avoir une telle assistance dans leur propre stade. Chez nous, on transporte les visiteurs comme des convois de bestiaux. Escortés et puis parqués. Isolés. Une sorte de cordon sanitaire. Chez nous, y en a même qui se mettent en grève pour le prix des places. Ils ont peut-être pas vraiment tort. Pour info, sachez qu'une super place assise pour Dortmund-Manchester City en Ligue des Champions coûtait 43 €. Dois-je vous rappeler combien coûtent les places chez nous ? Autre grand moment vécu. Je joue à Alemannia Aachen, on n'a plus rien à perdre ou à gagner, on se déplace à Bielefeld. Si les locaux gagnent, ils sont champions et peuvent fêter la montée. Je répète, on n'a plus rien à gagner dans ce championnat. Pourtant, 100 cars de supporters nous suivent. 263 km de déplacement pour replacer l'amour de son club au centre de tout. Stade archi-comble. Feux d'artifice prêts, chars de parade garés devant le stade. Que croyez-vous qu'il soit advenu ? On gagne 1-3. Impossible de pas jouer à fond. Ils sont 5000 à nous hurler leur amour pendant 90'. Sublime sensation. Grand moment. Tout ça en D2. A la fin du match, les supporters locaux applaudissent. Génial. Le fair-play sera récompensé. Bielefeld sera champion la semaine d'après. Fidélité et respect. En Écosse, la protestation vise là où ça fait mal. Les Glasgow Rangers doivent jouer en coupe à Dundee United. Les dirigeants refusent de vendre les places réservées à leurs supporters. Problème : les clubs visiteurs sont obligés de mettre en vente les places qui leur sont allouées pour un déplacement. Le problème est vite résolu. Les supporters sont solidaires du club. Personne n'achètera de place. Ils n'ont pas la mémoire courte. Y a six mois, quand les clubs de l'élite écossaise ont dû se prononcer sur la relégation des Rangers en D4 suite à leurs problèmes financiers, le premier club à prendre position et exiger la descente en enfer est... Dundee United parce qu'ils leur devaient...30.000£ sur un transfert. Un pourboire dans ce monde-là. Dundee United va reperdre un paquet de pognon. Puisqu'on parle de pognon, changeons de tribune. Arsenal. Côté sportif : 10e avec 21 points après 15 matchs. Plus mauvais départ depuis l'arrivée de Wenger. Côté financier : l'action d'Arsenal vaut 20 fois plus maintenant que lors de l'arrivée d'Arsène. Les actionnaires sont aux anges. Merci tonton Arsène. Et dire qu'il y en a qui croient qu'il va être viré. Naïfs va ! Avec Wenger, c'est St-Nicolas toute l'année. Et dans les tribunes, on peut lire : " In Arsène, we trust ". Education et amour, c'est cela qui sauvera le monde. " Chez nous, on transporte les visiteurs comme des convois de bestiaux. "