Le soleil brille sur Strasbourg, où étudie l'amie de Fabrice Ehret. Lorsque celui-ci découvre le matériel du photographe, il s'effarouche : on va le reconnaître plus souvent en rue. Pourtant, sa Maserati n'est pas discrète non plus.
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Le soleil brille sur Strasbourg, où étudie l'amie de Fabrice Ehret. Lorsque celui-ci découvre le matériel du photographe, il s'effarouche : on va le reconnaître plus souvent en rue. Pourtant, sa Maserati n'est pas discrète non plus. Fabrice Ehret : Les rouges n'étaient pas méritées. Une fois, j'ai touché quelqu'un au visage, involontairement, l'autre fois, j'ai tacklé Didier Drogba alors que j'étais le dernier défenseur. Malin, il s'est laissé tomber alors que j'avais le ballon : penalty et carte rouge. Quant aux avertissements... J'aime les duels. Je me fais respecter mais je ne commets pas de méchantes fautes. C'est le contraire ! Je suis rapide, j'ai de la détente. A 14 ans, je courais le 100 mètres en 11.04. J'essaie de jouer simplement mais je sais faire les bons choix au bon moment : conserver le ballon ou le passer, lancer une attaque et suivre le mouvement, mais je ne suis pas un numéro 10. Sur mon flanc, je peux passer un ou deux hommes et délivrer un bon centre. De la créativité ? Ce n'est peut-être pas le terme approprié. J'ai entendu parler de lui mais le seul que je connais, c'est Nenad Jestrovic, qui a joué en France. J'ai fait partie de l'équipe jusqu'à un an de l'EURO 2001. J'ai souffert d'une pubalgie pendant six mois. La France a terminé deuxième derrière la Tchéquie. Strasbourg a été relégué en D2. Les joueurs de ce niveau ne sont pas sélectionnés. Me voilà maintenant dans un grand club, Anderlecht. Chaque année, il dispute une Coupe d'Europe. Il est du niveau du PSG, de Marseille, de Lyon, de Monaco. Peut-être mais le Standard et Bruges feraient partie de l'élite en France aussi. J'ai vu les matches de Ligue des Champions d'Anderlecht contre Lyon et le Bayern : il n'y avait pas de différence, au contraire : les meilleurs joueurs étaient anderlechtois. Je suis flatté qu'un club de ce niveau me transfère. Non, je veux gagner des titres. Si Dortmund, Schalke ou Leverkusen s'étaient présentés, j'aurais réfléchi. Kaiserslautern et Bielefeld sont de bons clubs, comme l'Espanyol et Majorque, aussi intéressés, mais ils n'ont pas le prestige d'Anderlecht. Jouer pour la première place est plus attrayant, surtout quand on doit jouer en défense. Après cinq ans à Strasbourg, j'étais devenu un meuble. Je veux faire mes preuves devant un autre public. Non. Je suis du coin. Il est plus facile de s'épanouir dans un environnement familier. Anderlecht représente un grand pas en avant mais ma vie n'est pas en jeu : ce n'est que du foot. Et 100 matches en D1 française, ce n'est pas une mauvaise base. Pour un Français, c'est plus intéressant fiscalement. C'est la seule différence. Nous n'étions pas d'accord sur son offre financière. Le club voulait me vendre il y a un an mais demandait trop û 1,5 million, je crois. Pensant que je partirais, il a engagé un défenseur et un médian gauches, qui ont entamé la saison. Comme ça n'allait pas, je suis revenu dans l'équipe. Quand j'ai refusé l'offre, je n'ai plus joué. Le site a été fait quand j'avais 19 ans. J'ai vécu seul pendant six ans, je sais que j'évolue dans un monde de requins. Les Alsaciens sont durs. J'ai été très critiqué pendant la saison en D2, quand j'étais blessé. J'étais hué dès que je touchais le ballon. C'est dur, pour un jeune, et encore plus quand ceux que vous considérez comme votre famille vous sifflent. Maintenant, je ne me laisserai plus décontenancer, au contraire. Je sais que le public anderlechtois est exigeant. Si je ne pouvais pas assumer cette situation, je serais resté à Strasbourg. Je ne regarde pas trop loin, je fais mon travail au jour le jour. Je ne vais pas déclarer que dans deux ans, je serai à l'Inter ou à Arsenal. Les belles autos, mais elles sont chères. Le cinéma et la mode : j'aime les beaux vêtements. Plus jeune, je me teignais parfois les cheveux en gris. C'est ma couleur préférée. Je voulais me distinguer des autres. Nous habitions près de Lugano. A la maison, nous parlions italien et français, mais à l'école, tout était en italien. Je le comprends encore mais pas assez pour une interview, par exemple. Jan Hauspie