Il n'y a pas de meilleur moment pour jouer le match de sa vie qu'en finale d'une Coupe du Monde. C'est ce qu'a fait Jérôme Boateng (29 ans) en 2014. Il s'est battu comme un gladiateur contre l'Argentine. Quatre ans plus tard, l'Allemagne veut reconduire son titre.

Tu étais au Mondial brésilien, donc tu dois savoir comment on devient champion du monde ?

JÉRÔME BOATENG : Il faut un groupe homogène de grande qualité. Ensuite, il faut que l'équipe fonctionne. Elle ne peut pas comporter d'ego : c'est la clef du succès. On la possédait en 2014. Cette fois encore, on n'a pas de super vedette mais beaucoup de jeunes talents et de stars. Un bon mélange, donc.

Que penses-tu du vieux dicton selon lequel on gagne les matches devant mais les titres en défense ?

BOATENG : Il est véridique car l'Allemagne a une défense stable, même si on peut améliorer certains détails. Mais on a le temps qu'il faut avant un tournoi pour exercer les automatismes.

Qu'est-ce qui est perfectible ?

BOATENG : On a encaissé des buts trop facilement dans beaucoup de matches. On concède trop d'occasions franches parce qu'on perd le ballon et on laisse trop d'espaces, par négligence. Or, notre grande force a toujours été de repousser chaque attaque, quitte à envoyer le ballon dans la tribune. En tout cas, on ne se faisait pas prendre en contre.

Il est possible de remédier à ces carences avant une Coupe du Monde ?

BOATENG : Tout à fait. Avant les matches habituels, on n'est ensemble que deux jours et on ne peut pas régler ce genre de problème aussi vite mais maintenant, on a le temps de préciser à chacun ce qu'il doit faire.

UN BON DÉBUT

Est-il plus facile ou plus difficile d'entamer un tournoi en défendant son titre ?

BOATENG : C'est difficile car nous sommes une cible. Mais on peut appréhender la situation de manière positive : on est toujours allés loin dans les tournois et on a toujours su gérer la pression. Et puis, on est motivés par l'ambition de reconduire notre titre. Ce sera difficile et on a donc besoin de prendre un bon départ afin d'être dans le rythme et de montrer à tout le monde qu'il sera difficile de battre l'Allemagne.

Les autres équipes affichent-elles plus de respect ou d'orgueil face au champion en titre ?

BOATENG : Les deux, je crois.

Cette Mannschaft est-elle très différente de l'équipe 2014 ?

BOATENG : Je pense qu'on a progressé sur le plan technique et qu'on a plus de possibilités offensives. On peut jouer dans plusieurs systèmes.

Les départs de Philipp Lahm, Bastian Schweinsteiger, Miroslav Klose et Per Mertesacker ont laissé des vides. Ont-ils été comblés ?

BOATENG : Vous ne citez que des joueurs de classe mondiale. On ne les remplace pas si facilement mais leurs successeurs sont très bons. Nous sommes en bonne voie.

Qui sont les meneurs du groupe ?

BOATENG : Toni Kroos est très important dans l'entrejeu, Sami Khedira est international depuis longtemps, comme Mesut Özil et Thomas Müller. Mats Hummels est également expérimenté et évidemment, il y a Manuel Neuer. Ils peuvent tous prendre l'équipe en mains.

Comment remplis-tu ton rôle de leader ?

BOATENG : Je parle beaucoup et je signale immédiatement les choses qui ne me plaisent pas.

Vous avez été éliminés de l'EURO en demi-finale mais vous avez gagné la Coupe des Confédérations et remporté vos dix matches de qualification pour le Mondial. Qu'indique ce bilan ?

BOATENG : Que tout s'est très bien déroulé mais ça ne nous avance pas pour le Mondial.

L'Allemagne n'a pas gagné ses matches récents contre le Brésil, l'Espagne, la France et l'Angleterre. Est-elle vraiment forte ?

BOATENG : Nous sommes très forts mais des matches de ce niveau se jouent sur des détails. Par exemple, il faut concrétiser ses occasions. Le Real est le meilleur exemple : il marque quasi sur toutes ses occasions. En Champions League contre lui, on a eu six occasions franches à domicile mais on n'a marqué qu'un but.

La finition est le principal souci ou il y en a d'autres ?

BOATENG : Il faut être efficace à tous les niveaux, y compris à la transition, dans les deux sens. Ces derniers mois, on a été un peu négligents devant le but adverse.

LA MENTALITÉ

Suite à la défaite contre le Brésil, Toni Kroos a réclamé un " autre langage corporel " et a déclaré que beaucoup de joueurs n'avaient pas saisi leur chance. Il avait raison ?

BOATENG : C'était une réaction émotionnelle, juste après le match. N'oubliez pas qu'on alignait une équipe très jeune. Beaucoup de ces joueurs n'ont pas encore le niveau des valeurs établies ou manquent de régularité. À leur âge, Toni et moi n'étions pas aussi constants que maintenant non plus. Mais on attendait plus du match contre le Brésil.

Devait-il faire cette déclaration à trois mois du Mondial ?

BOATENG : Il avait raison sur le fond.

En octobre 2014, tu as également été très critique suite au 1-1 en qualifications contre l'Irlande.

BOATENG : C'est comme ça. Mais en mars, il s'agissait d'un match amical avec de nombreux jeunes qui n'ont pas été bons. Toni avait raison : le langage corporel n'était pas bon.

Comment expliquer qu'ils n'aient pas une bonne mentalité, à l'image de Leroy Sané ?

BOATENG : Il faut être prudent. Leroy possède de grandes qualités. Ce n'est pas un hasard s'il a disputé une aussi bonne saison à Manchester City. Il est souvent la cible des critiques.

Cette sélection, qui compte beaucoup de champions du monde, peut-elle être aussi motivée qu'au Brésil ?

BOATENG : C'est une obligation, qu'on soit déjà champion ou pas. Qui sait si nous pourrons encore disputer une Coupe du Monde plus tard ?

Tu auras 33 ans dans quatre ans. Ce serait encore possible.

BOATENG : Peut-être mais on ne sait pas comment les jeunes vont se développer. Ils seront peut-être meilleurs que moi.

Comment te motives-tu ?

BOATENG : Je visionne des vidéos mais pas celles du Mondial précédent. Je regarde des vidéos qui me stimulent. Ça ne doit pas nécessairement être du football. Ça peut être du basket, du volley ou du tennis. Ou de la musique.

POUR LA PATRIE

Tu entames ton troisième Mondial. C'est devenu une routine ?

BOATENG : Ce n'est plus nouveau pour moi mais c'est chaque fois différent et toujours beau. Je défends les couleurs de ma nation.

Depuis la finale de Rio, tu as participé à 24 des 48 matches, soit la moitié. Tu es satisfait ?

BOATENG : Non, bien sûr. J'aurais voulu collecter plus de caps mais j'ai été confronté à des graves blessures.

Tu as d'abord joué à l'arrière droit au Brésil. Tu es heureux de pouvoir désormais jouer au coeur de la défense ?

BOATENG : Je suis très content de pouvoir évoluer à mon meilleur poste.

Jusqu'à présent, seuls l'Italie (1934-1938) et le Brésil (1958-1962) sont parvenus à reconduire leur titre. Cela rend-il la mission encore plus attrayante ?

BOATENG : Oui, c'est excitant car 1938 et 1962 étaient des époques bien différentes. C'est désormais plus difficile car il y a davantage de grandes nations.

La première place de ce groupe, avec la Suède, le Mexique et la Corée du Sud, coule de source ?

BOATENG : Elle doit constituer notre objectif mais ce n'est pas comme si c'était dans la poche.

L'Allemagne doit-elle être première de sa poule pour éviter le Brésil en huitièmes de finale ?

BOATENG : Si ça se produisait, ce serait de notre faute et on devrait tout mettre en oeuvre pour passer.

Quels sont vos principaux concurrents ?

BOATENG : Je pense que l'Espagne est la plus forte. Il y a encore le Brésil, la France, l'Argentine, la Belgique...

Le football allemand occupe la sixième place derrière la Russie à l'issue des Coupes d'Europe 2018. La Bundesliga recule. Cette tendance négative a-t-elle un impact sur l'équipe nationale ?

BOATENG : J'espère et je pense que non. On doit prouver qu'on a les meilleurs footballeurs. On doit rendre son élan au football allemand afin que les clubs soient meilleurs la saison prochaine.

ALLEMAGNE OU ÉTRANGER ?

Kroos, Ter Stegen, Khedira, Gündogan, Rüdiger, Özil, Draxler et Trapp jouent à l'étranger. Leur expérience est-elle importante ?

BOATENG : Elle est utile. Ainsi que l'expérience d'une vie ailleurs. On apporte le style de jeu et les habitudes des clubs en équipe nationale. Les éléments tactiques aussi. Il est toujours intéressant de jouer avec d'autres bons footballeurs. C'est bien pour l'équipe qu'un gardien joue pour le Barça, un médian au Real ou à Arsenal et un défenseur à Chelsea. Nous n'avons pas toujours eu cette richesse.

Kroos est dominant au Real, Khedira est important pour la Juventus... Le développement de leur personnalité est-il visible en Mannschaft ?

BOATENG : De telles personnalités, jouant un rôle de premier plan dans des grands clubs, apportent de l'expérience et de la stabilité. Elles savent comment gérer certaines situations.

L'attaque a été le thème majeur de l'EURO 2016. Timo Werner a-t-il résolu le problème ?

BOATENG : On verra bien en Russie mais on dirait que oui. Timo Werner a beaucoup progressé et j'espère qu'il va éclater pendant la Coupe du Monde. On espère tous que Marco Reus va dévoiler l'étendue de ses possibilités en tournoi aussi.

Quel regard porte l'équipe sur le 7-1 infligé au Brésil en demi-finale 2014 ? C'était le match de votre vie ?

BOATENG : Il est historique mais il ne m'a pas paru si irréel. Je ne l'ai plus regardé.

Que faut-il pour que ton troisième Mondial soit un succès ?

BOATENG : Je veux rester champion du monde. Mais il faut aussi qu'on joue bien, que je reste en bonne santé et que l'équipe dispute un tournoi positif, quelle que soit son issue. J'espère qu'on parviendra à enthousiasmer les gens et à rendre les Allemands fiers de nous. De préférence avec le titre.

" Il n'y a qu'un Manu Neuer "

Joachim Löw a aligné un trio défensif à la Coupe des Confédérations, comme en quarts de finale de l'EURO. C'est un bon plan ?

JÉRÔME BOATENG : Oui, c'est souvent une bonne option mais ça dépend de l'adversaire.

Quelle différence cela te fait-il d'être flanqué de deux partenaires ?

BOATENG :Je suis alors responsable de la relance. Je dois veiller à ce qu'on coulisse bien.

L'équipe et toi parvenez à passer d'un système à l'autre ?

BOATENG : Oui, ça doit aller. J'aime bien les deux systèmes.

Quel est l'avantage d'une défense à quatre ?

BOATENG : Quand on défend contre un seul avant dans l'axe, on peut le passer et rallier l'entrejeu. Quand on est à trois, on est plus lié par ses tâches défensives mais on peut ouvrir le jeu avec ses deux coéquipiers.

L'identité de ton gardien compte ?

BOATENG :Il y a une différence entre Manuel Neuer et un autre. Manu est le meilleur gardien du monde. Les autres sont également très bons. Ter Stegen a énormément progressé mais Manu a une autre dimension. Il n'y a qu'un Manu...

© BELGAIMAGE
Jérôme Boateng : " Je veux rester champion du monde. Mais il faut aussi qu'on joue bien. ", BELGAIMAGE
Jérôme Boateng : " Je veux rester champion du monde. Mais il faut aussi qu'on joue bien. " © BELGAIMAGE
Il n'y a pas de meilleur moment pour jouer le match de sa vie qu'en finale d'une Coupe du Monde. C'est ce qu'a fait Jérôme Boateng (29 ans) en 2014. Il s'est battu comme un gladiateur contre l'Argentine. Quatre ans plus tard, l'Allemagne veut reconduire son titre. Tu étais au Mondial brésilien, donc tu dois savoir comment on devient champion du monde ? JÉRÔME BOATENG : Il faut un groupe homogène de grande qualité. Ensuite, il faut que l'équipe fonctionne. Elle ne peut pas comporter d'ego : c'est la clef du succès. On la possédait en 2014. Cette fois encore, on n'a pas de super vedette mais beaucoup de jeunes talents et de stars. Un bon mélange, donc. Que penses-tu du vieux dicton selon lequel on gagne les matches devant mais les titres en défense ? BOATENG : Il est véridique car l'Allemagne a une défense stable, même si on peut améliorer certains détails. Mais on a le temps qu'il faut avant un tournoi pour exercer les automatismes. Qu'est-ce qui est perfectible ? BOATENG : On a encaissé des buts trop facilement dans beaucoup de matches. On concède trop d'occasions franches parce qu'on perd le ballon et on laisse trop d'espaces, par négligence. Or, notre grande force a toujours été de repousser chaque attaque, quitte à envoyer le ballon dans la tribune. En tout cas, on ne se faisait pas prendre en contre. Il est possible de remédier à ces carences avant une Coupe du Monde ? BOATENG : Tout à fait. Avant les matches habituels, on n'est ensemble que deux jours et on ne peut pas régler ce genre de problème aussi vite mais maintenant, on a le temps de préciser à chacun ce qu'il doit faire. Est-il plus facile ou plus difficile d'entamer un tournoi en défendant son titre ? BOATENG : C'est difficile car nous sommes une cible. Mais on peut appréhender la situation de manière positive : on est toujours allés loin dans les tournois et on a toujours su gérer la pression. Et puis, on est motivés par l'ambition de reconduire notre titre. Ce sera difficile et on a donc besoin de prendre un bon départ afin d'être dans le rythme et de montrer à tout le monde qu'il sera difficile de battre l'Allemagne. Les autres équipes affichent-elles plus de respect ou d'orgueil face au champion en titre ? BOATENG : Les deux, je crois. Cette Mannschaft est-elle très différente de l'équipe 2014 ? BOATENG : Je pense qu'on a progressé sur le plan technique et qu'on a plus de possibilités offensives. On peut jouer dans plusieurs systèmes. Les départs de Philipp Lahm, Bastian Schweinsteiger, Miroslav Klose et Per Mertesacker ont laissé des vides. Ont-ils été comblés ? BOATENG : Vous ne citez que des joueurs de classe mondiale. On ne les remplace pas si facilement mais leurs successeurs sont très bons. Nous sommes en bonne voie. Qui sont les meneurs du groupe ? BOATENG : Toni Kroos est très important dans l'entrejeu, Sami Khedira est international depuis longtemps, comme Mesut Özil et Thomas Müller. Mats Hummels est également expérimenté et évidemment, il y a Manuel Neuer. Ils peuvent tous prendre l'équipe en mains. Comment remplis-tu ton rôle de leader ? BOATENG : Je parle beaucoup et je signale immédiatement les choses qui ne me plaisent pas. Vous avez été éliminés de l'EURO en demi-finale mais vous avez gagné la Coupe des Confédérations et remporté vos dix matches de qualification pour le Mondial. Qu'indique ce bilan ? BOATENG : Que tout s'est très bien déroulé mais ça ne nous avance pas pour le Mondial. L'Allemagne n'a pas gagné ses matches récents contre le Brésil, l'Espagne, la France et l'Angleterre. Est-elle vraiment forte ? BOATENG : Nous sommes très forts mais des matches de ce niveau se jouent sur des détails. Par exemple, il faut concrétiser ses occasions. Le Real est le meilleur exemple : il marque quasi sur toutes ses occasions. En Champions League contre lui, on a eu six occasions franches à domicile mais on n'a marqué qu'un but. La finition est le principal souci ou il y en a d'autres ? BOATENG : Il faut être efficace à tous les niveaux, y compris à la transition, dans les deux sens. Ces derniers mois, on a été un peu négligents devant le but adverse. Suite à la défaite contre le Brésil, Toni Kroos a réclamé un " autre langage corporel " et a déclaré que beaucoup de joueurs n'avaient pas saisi leur chance. Il avait raison ? BOATENG : C'était une réaction émotionnelle, juste après le match. N'oubliez pas qu'on alignait une équipe très jeune. Beaucoup de ces joueurs n'ont pas encore le niveau des valeurs établies ou manquent de régularité. À leur âge, Toni et moi n'étions pas aussi constants que maintenant non plus. Mais on attendait plus du match contre le Brésil. Devait-il faire cette déclaration à trois mois du Mondial ? BOATENG : Il avait raison sur le fond. En octobre 2014, tu as également été très critique suite au 1-1 en qualifications contre l'Irlande. BOATENG : C'est comme ça. Mais en mars, il s'agissait d'un match amical avec de nombreux jeunes qui n'ont pas été bons. Toni avait raison : le langage corporel n'était pas bon. Comment expliquer qu'ils n'aient pas une bonne mentalité, à l'image de Leroy Sané ? BOATENG : Il faut être prudent. Leroy possède de grandes qualités. Ce n'est pas un hasard s'il a disputé une aussi bonne saison à Manchester City. Il est souvent la cible des critiques. Cette sélection, qui compte beaucoup de champions du monde, peut-elle être aussi motivée qu'au Brésil ? BOATENG : C'est une obligation, qu'on soit déjà champion ou pas. Qui sait si nous pourrons encore disputer une Coupe du Monde plus tard ? Tu auras 33 ans dans quatre ans. Ce serait encore possible. BOATENG : Peut-être mais on ne sait pas comment les jeunes vont se développer. Ils seront peut-être meilleurs que moi. Comment te motives-tu ? BOATENG : Je visionne des vidéos mais pas celles du Mondial précédent. Je regarde des vidéos qui me stimulent. Ça ne doit pas nécessairement être du football. Ça peut être du basket, du volley ou du tennis. Ou de la musique. Tu entames ton troisième Mondial. C'est devenu une routine ? BOATENG : Ce n'est plus nouveau pour moi mais c'est chaque fois différent et toujours beau. Je défends les couleurs de ma nation. Depuis la finale de Rio, tu as participé à 24 des 48 matches, soit la moitié. Tu es satisfait ? BOATENG : Non, bien sûr. J'aurais voulu collecter plus de caps mais j'ai été confronté à des graves blessures. Tu as d'abord joué à l'arrière droit au Brésil. Tu es heureux de pouvoir désormais jouer au coeur de la défense ? BOATENG : Je suis très content de pouvoir évoluer à mon meilleur poste. Jusqu'à présent, seuls l'Italie (1934-1938) et le Brésil (1958-1962) sont parvenus à reconduire leur titre. Cela rend-il la mission encore plus attrayante ? BOATENG : Oui, c'est excitant car 1938 et 1962 étaient des époques bien différentes. C'est désormais plus difficile car il y a davantage de grandes nations. La première place de ce groupe, avec la Suède, le Mexique et la Corée du Sud, coule de source ? BOATENG : Elle doit constituer notre objectif mais ce n'est pas comme si c'était dans la poche. L'Allemagne doit-elle être première de sa poule pour éviter le Brésil en huitièmes de finale ? BOATENG : Si ça se produisait, ce serait de notre faute et on devrait tout mettre en oeuvre pour passer. Quels sont vos principaux concurrents ? BOATENG : Je pense que l'Espagne est la plus forte. Il y a encore le Brésil, la France, l'Argentine, la Belgique... Le football allemand occupe la sixième place derrière la Russie à l'issue des Coupes d'Europe 2018. La Bundesliga recule. Cette tendance négative a-t-elle un impact sur l'équipe nationale ? BOATENG : J'espère et je pense que non. On doit prouver qu'on a les meilleurs footballeurs. On doit rendre son élan au football allemand afin que les clubs soient meilleurs la saison prochaine. Kroos, Ter Stegen, Khedira, Gündogan, Rüdiger, Özil, Draxler et Trapp jouent à l'étranger. Leur expérience est-elle importante ? BOATENG : Elle est utile. Ainsi que l'expérience d'une vie ailleurs. On apporte le style de jeu et les habitudes des clubs en équipe nationale. Les éléments tactiques aussi. Il est toujours intéressant de jouer avec d'autres bons footballeurs. C'est bien pour l'équipe qu'un gardien joue pour le Barça, un médian au Real ou à Arsenal et un défenseur à Chelsea. Nous n'avons pas toujours eu cette richesse. Kroos est dominant au Real, Khedira est important pour la Juventus... Le développement de leur personnalité est-il visible en Mannschaft ? BOATENG : De telles personnalités, jouant un rôle de premier plan dans des grands clubs, apportent de l'expérience et de la stabilité. Elles savent comment gérer certaines situations. L'attaque a été le thème majeur de l'EURO 2016. Timo Werner a-t-il résolu le problème ? BOATENG : On verra bien en Russie mais on dirait que oui. Timo Werner a beaucoup progressé et j'espère qu'il va éclater pendant la Coupe du Monde. On espère tous que Marco Reus va dévoiler l'étendue de ses possibilités en tournoi aussi. Quel regard porte l'équipe sur le 7-1 infligé au Brésil en demi-finale 2014 ? C'était le match de votre vie ? BOATENG : Il est historique mais il ne m'a pas paru si irréel. Je ne l'ai plus regardé. Que faut-il pour que ton troisième Mondial soit un succès ? BOATENG : Je veux rester champion du monde. Mais il faut aussi qu'on joue bien, que je reste en bonne santé et que l'équipe dispute un tournoi positif, quelle que soit son issue. J'espère qu'on parviendra à enthousiasmer les gens et à rendre les Allemands fiers de nous. De préférence avec le titre.