Ils sont bien loin, les panaches de fumée - souvent toxiques - qui noircissent le ciel d'Olusosun, au nord-ouest de Lagos. Là-bas, les dix mille tonnes de déchets qui sont quotidiennement brûlés noircissent l'horizon et empoisonnent la vie des habitants. C'est dans ce quartier de la capitale économique du Nigeria, et ville la plus peuplée du pays, qu'a grandi Victor Osimhen, le cadet d'une famille de sept enfants.

Il parcourait, bébé, les rues de la ville sur le dos de sa mère, à la recherche d'automobilistes désireux d'acheter un peu d'eau potable. Une situation courante dans ce quartier à la réputation sulfureuse. Victor a, lui aussi, été obligé de vendre de l'eau. Après le décès de sa maman, survenu alors qu'il n'avait que dix ans, il a dû se débrouiller pour survivre.

Heureusement, il y avait le football comme dérivatif. Vu la proximité de la décharge, des occasions inattendues se sont souvent présentées. Shira Yussuf, l'homme qui l'a découvert, se souvient par exemple d'une anecdote qui raconte qu'Osimhen, à la recherche de chaussures de football, en a trouvé dans un tas d'immondices.

Il les a emportées à la maison et les a fait remodeler à sa taille. C'est également Yussuf qui l'a présenté à Emmanuel Amunike, sélectionneur de l'équipe U17 du Nigeria. Un seul test a suffi pour convaincre l'ancien ailier du potentiel du jeune joueur, qui s'est révélé en 2015 au Championnat du Monde U17 au Chili. Là-bas, Osimhen ne s'est pas contenté de remporter le titre mondial avec les Eaglets, il a aussi été sacré meilleur buteur du tournoi avec 10 buts.

14 matches avec Wolsburg

" Six mois avant le Championnat du Monde, j'avais encore proposé Victor à pas mal d'équipes ", a raconté son agent Jean-Gérard Benoit Czajka au journal L'Équipe. " Elles pouvaient l'acheter pour 300.000 ou 400.000 euros. Mais elles n'ont pas été tentées. Quelques jours après la finale, mon smartphone n'a pas arrêté de sonner. Tout le monde voulait Victor. Mais son prix était alors dix fois plus élevé. "

Au début 2016, c'est le VfL Wolfsburg qui, via son manager sportif de l'époque, Klaus Allofs, s'est montré le plus prompt et s'est assuré les services de l'attaquant. " Après lui avoir fait visiter la ville et nos infrastructures, nous avons pris beaucoup de temps pour discuter. Notre entraîneur de l'époque, Dieter Hecking, était présent également. Et finalement, nous avons pu convaincre Victor. "

En janvier 2017, Osimhen, qui est devenu majeur et peut signer lui-même son contrat, est transféré définitivement au club de Volkswagen. Mais entre-temps, Allofs et Hecking sont partis, et une blessure au genou ne facilite pas son intégration. De plus, la valse des entraîneurs qui se trame au club joue également en sa défaveur.

Le Nigérian ne parvient pas à convaincre le Français Valérien Ismaël, le Néerlandais Andries Jonker, le Suisse Martin Schmidt et l'Allemand Bruno Labbadia de son potentiel. Et, en pointe, il doit faire face à une forte concurrence avec des attaquants comme Mario Gomez et Divock Origi.

En un an et demi, il ne jouera que 14 matches de Bundesliga. Pour compliquer encore la situation, Osimhen n'est pas autorisé à jouer avec l'équipe réserve en sa qualité de joueur extra-communautaire.

Priorité au LOSC

Fin août 2018, Charleroi loue l'attaquant nigérian, malgré l'attaque de malaria qui l'a affaibli. Sous la houlette de Felice Mazzù, il devient l'une des révélations de la Jupiler Pro League avec 19 buts en 34 matches. En juillet 2019, les Zèbres lèvent l'option d'achat qui, pour Osimhen, a été fixée à 3,5 millions d'euros.

Le LOSC, affaibli offensivement durant l'été suite aux départs de Nicolas Pépé (Arsenal) et Rafael Leão (AC Milan) réinvestit l'argent récolté par ces ventes en achetant Osimhen pour 12 millions d'euros. Au stade Pierre Mauroy, le Nigérian a pris un départ canon. Il a inscrit cinq buts lors des cinq premières journées de championnat - d'abord comme remplaçant de Loïc Rémy, blessé - et a rapidement pris la tête du classement des buteurs.

" Victor était notre priorité comme attaquant de pointe pendant le mercato ", a confirmé l'entraîneur Christophe Galtier à RMC Sport. " Ce garçon est plein d'énergie. Il a, pour ainsi dire, du feu dans les jambes. Il apporte de la profondeur, utilise bien les espaces et est très présent dans les 16 mètres. Ce profil est parfaitement adapté au football moderne, qui exige de l'explosivité, de la vitesse et de la puissance. Mais, en plus d'être collectif, Victor est aussi un vrai finisseur. Et, vu son âge, il dispose encore d'une belle marge de progression. " Les défenseurs de Chelsea sont prévenus.

" Il restait trop longtemps au sol "

En août 2016, Victor Osimhen a été convoqué pour la première fois en équipe nationale du Nigeria par le nouveau sélectionneur, Gernot Rohr, qui venait d'entrer en fonction. Le Franco-Allemand de 66 ans, qui est encore sous contrat jusqu'en 2022 avec les SuperEagles, croit en lui.

" Victor m'a séduit par sa vitesse, par sa facilité à armer son tir, mais aussi par sa volonté et sa combativité ", explique l'ancien défenseur. Mais Rohr met aussi le doigt sur un point qui reste à travailler. " Pendant les entraînements, il tombait trop facilement à mon goût et restait trop longtemps au sol. Les kinés se précipitaient pour lui porter secours, jusqu'à ce que je leur aie demandé d'attendre. Ça ne vaut pas la peine, il finira bien par se relever tout seul ! J'ai fait un peu d'humour, bien sûr. Mais je n'avais pas complètement tort. Il devait s'endurcir, et en tant qu'adolescent, ne pas avoir peur d'aller au duel avec des adultes. Il a bien compris le message. "

Pour l'instant, Osimhen a inscrit un but en six matches. Dans la hiérarchie, il est devancé en pointe par Odion Ighalo du Shanghai Greenland Shenhua FC.

Ils sont bien loin, les panaches de fumée - souvent toxiques - qui noircissent le ciel d'Olusosun, au nord-ouest de Lagos. Là-bas, les dix mille tonnes de déchets qui sont quotidiennement brûlés noircissent l'horizon et empoisonnent la vie des habitants. C'est dans ce quartier de la capitale économique du Nigeria, et ville la plus peuplée du pays, qu'a grandi Victor Osimhen, le cadet d'une famille de sept enfants. Il parcourait, bébé, les rues de la ville sur le dos de sa mère, à la recherche d'automobilistes désireux d'acheter un peu d'eau potable. Une situation courante dans ce quartier à la réputation sulfureuse. Victor a, lui aussi, été obligé de vendre de l'eau. Après le décès de sa maman, survenu alors qu'il n'avait que dix ans, il a dû se débrouiller pour survivre. Heureusement, il y avait le football comme dérivatif. Vu la proximité de la décharge, des occasions inattendues se sont souvent présentées. Shira Yussuf, l'homme qui l'a découvert, se souvient par exemple d'une anecdote qui raconte qu'Osimhen, à la recherche de chaussures de football, en a trouvé dans un tas d'immondices. Il les a emportées à la maison et les a fait remodeler à sa taille. C'est également Yussuf qui l'a présenté à Emmanuel Amunike, sélectionneur de l'équipe U17 du Nigeria. Un seul test a suffi pour convaincre l'ancien ailier du potentiel du jeune joueur, qui s'est révélé en 2015 au Championnat du Monde U17 au Chili. Là-bas, Osimhen ne s'est pas contenté de remporter le titre mondial avec les Eaglets, il a aussi été sacré meilleur buteur du tournoi avec 10 buts. " Six mois avant le Championnat du Monde, j'avais encore proposé Victor à pas mal d'équipes ", a raconté son agent Jean-Gérard Benoit Czajka au journal L'Équipe. " Elles pouvaient l'acheter pour 300.000 ou 400.000 euros. Mais elles n'ont pas été tentées. Quelques jours après la finale, mon smartphone n'a pas arrêté de sonner. Tout le monde voulait Victor. Mais son prix était alors dix fois plus élevé. " Au début 2016, c'est le VfL Wolfsburg qui, via son manager sportif de l'époque, Klaus Allofs, s'est montré le plus prompt et s'est assuré les services de l'attaquant. " Après lui avoir fait visiter la ville et nos infrastructures, nous avons pris beaucoup de temps pour discuter. Notre entraîneur de l'époque, Dieter Hecking, était présent également. Et finalement, nous avons pu convaincre Victor. " En janvier 2017, Osimhen, qui est devenu majeur et peut signer lui-même son contrat, est transféré définitivement au club de Volkswagen. Mais entre-temps, Allofs et Hecking sont partis, et une blessure au genou ne facilite pas son intégration. De plus, la valse des entraîneurs qui se trame au club joue également en sa défaveur. Le Nigérian ne parvient pas à convaincre le Français Valérien Ismaël, le Néerlandais Andries Jonker, le Suisse Martin Schmidt et l'Allemand Bruno Labbadia de son potentiel. Et, en pointe, il doit faire face à une forte concurrence avec des attaquants comme Mario Gomez et Divock Origi. En un an et demi, il ne jouera que 14 matches de Bundesliga. Pour compliquer encore la situation, Osimhen n'est pas autorisé à jouer avec l'équipe réserve en sa qualité de joueur extra-communautaire. Fin août 2018, Charleroi loue l'attaquant nigérian, malgré l'attaque de malaria qui l'a affaibli. Sous la houlette de Felice Mazzù, il devient l'une des révélations de la Jupiler Pro League avec 19 buts en 34 matches. En juillet 2019, les Zèbres lèvent l'option d'achat qui, pour Osimhen, a été fixée à 3,5 millions d'euros. Le LOSC, affaibli offensivement durant l'été suite aux départs de Nicolas Pépé (Arsenal) et Rafael Leão (AC Milan) réinvestit l'argent récolté par ces ventes en achetant Osimhen pour 12 millions d'euros. Au stade Pierre Mauroy, le Nigérian a pris un départ canon. Il a inscrit cinq buts lors des cinq premières journées de championnat - d'abord comme remplaçant de Loïc Rémy, blessé - et a rapidement pris la tête du classement des buteurs. " Victor était notre priorité comme attaquant de pointe pendant le mercato ", a confirmé l'entraîneur Christophe Galtier à RMC Sport. " Ce garçon est plein d'énergie. Il a, pour ainsi dire, du feu dans les jambes. Il apporte de la profondeur, utilise bien les espaces et est très présent dans les 16 mètres. Ce profil est parfaitement adapté au football moderne, qui exige de l'explosivité, de la vitesse et de la puissance. Mais, en plus d'être collectif, Victor est aussi un vrai finisseur. Et, vu son âge, il dispose encore d'une belle marge de progression. " Les défenseurs de Chelsea sont prévenus.