Le nabab a demandé à l'agneau d'aller dans la jungle expliquer aux lions que, dorénavant, ils mangeraient les restes et qu'ils ne pourraient rugir qu'avec l'autorisation de l'agneau. Evidemment, ça a rugi. Evidemment, l'agneau a été dévoré.
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Le nabab a demandé à l'agneau d'aller dans la jungle expliquer aux lions que, dorénavant, ils mangeraient les restes et qu'ils ne pourraient rugir qu'avec l'autorisation de l'agneau. Evidemment, ça a rugi. Evidemment, l'agneau a été dévoré. Quelle erreur de casting ! Demander à un gamin sans références du très haut niveau d'aller mettre à la retraite des mecs pleins d'assurance et de connaissances du très, très haut niveau. Surtout qu' André Villas-Boas n'était pas le plus respectueux. Pas d'explication au taulier Frank Lampard sur ses mises à l'écart. Il lui arrivait même d'arriver en retard aux entraînements. Une fois sur le terrain, pas un bonjour, pas une excuse pour le retard. Du coup, les joueurs ont souvent été en retard dans les duels. Pas une excuse non plus. Abramovitch les a menacés de les virer tous sans qualif' pour la prochaine Ligue des Champions. Il va finir par se ruiner le nabab ! En attendant, sa belle audace tourne à la grosse farce. C'est le p'tit André qui est viré. Mis à la retraite à 34 ans avec un chèque de 10 millions d'euros. Génial. On est content pour lui. Surtout que le tonton milliardaire se fout du pognon. Le Russe ne sait même plus ce que c'est. Abramovitch fait de ses coaches des gagnants à l'Euro-millions. Tu signes et tu gagnes sans devoir jouer. Même pas besoin de gratter, surtout pas les méninges. C'est bingo. Déjà qu'il avait sortis 15 millions pour se l'offrir le Villas. Mais le plus ridicule c'est qu'il crache plus de biftons pour les virer, ses coaches. Cinq depuis quatre ans et demi, depuis Mourinho. Et 77 millions d'euros de dépensés pour les libérer. Trois milliards d'anciens francs belges. Avec lui, le licenciement est un bon pour le paradis. Tous ont dit merci. Mourinho pas. Vexé qu'il fut, le Special One et même fâché. Et puis réconcilié : quelques mois après l'avoir viré, Abramovitch lui a fait livrer une Ferrari à 2,4 millions. Avec sûrement, derrière la tête, ce qu'il pense maintenant : " Un jour, j'aurais peut-être de nouveau besoin de lui ". L'argent permet tout. Pour le réveillon, il s'est payé les Red Hot Chili Peppers. Six millions d'euros le concert. Mais bon, là il a bon goût. Comme pour ses peintures. Il s'est offert un Francis Bacon à 58 millions. Hélas, ce génie de Bacon n'est plus là pour expliquer à Roman comment on peut calmer et exprimer ses angoisses en faisant dans le chef-d'£uvre. On espère quand même que Roman a regardé la toile au moins une fois. En attendant, les vieux de Chelsea ont mis leur arthrite sélective au service de la pension anticipée de leur coach. Ceux de Manchester United n'en ont pas. A Man U, on ne sélectionne pas. Ni son arthrite, ni ses matches, ni son rendement. Autre culture, autre coach. C'est la fable du dinosaure et de l'agneau. Sir Alex peut compter sur ses quasi- quadras pour éviter les catas. Pour rester dans la course au titre. Pourtant, Papy Scholes et Papy Giggs sont gavés de titres. Mais ces mecs ne sont pas gâtés. Dans le sens pourris, rassasiés. Grande carrière mais toujours pas de carie. L'avenir appartient aux vieux. Même au pays de la Dolce Vita. Là, y a Andrea Pirlo. Le roi de la pirouette gracieuse. Le roi du petit tour qui permet la grande révolution. A 32 ans, il est le moteur de la Vieille Dame. Il lui a redonné un c£ur, lui a fait un lifting classieux. Le métronome déride. La Juve, ses supporters, le foot italien. Dérider quand, soi-même, on ne se déride quasi jamais, tel est son exploit. Dès l'âge de 10 ans, on s'inquiétait de son manque de sourire. Mais Mozart riait, déjà, avec les pieds. Il parle peu, ce sont les autres qui en parlent le mieux. Lippi : " Pirlo est notre leader silencieux ". Cruijff : " Pirlo est un génie ". Platini : " Quand Pirlo va, tout va ". Ancelotti : " Il n'existe personne comme Pirlo, il est unique au monde ". Buffon : " Dimanche en le voyant jouer, je me suis dit que Dieu existait ". Les vieux jouent comme des Dieux. Ils sont éternels. L'avenir leur appartient. " Quand Pirlo va, tout va ".