Neymar, la nouvelle icône brésilienne, est sur la touche mais cela ne l'empêche pas de remplir des pages entières dans les journaux ibériques. En effet, son transfert de Santos à Barcelone, l'été dernier, fait l'objet d'une enquête judiciaire. Barcelone le doit à... un socio un peu trop curieux, Jordi Cases, un pharmacien d'Olesa. Celui-ci s'est posé des questions sur l'indemnité de transfert versée par le Barça. Officiellement, elle s'élève à 57,1 millions d'euros. 17,1 millions sont allés à Santos tandis que 40 millions ont été versés à la société N & N, propriété du père du joueur.
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Neymar, la nouvelle icône brésilienne, est sur la touche mais cela ne l'empêche pas de remplir des pages entières dans les journaux ibériques. En effet, son transfert de Santos à Barcelone, l'été dernier, fait l'objet d'une enquête judiciaire. Barcelone le doit à... un socio un peu trop curieux, Jordi Cases, un pharmacien d'Olesa. Celui-ci s'est posé des questions sur l'indemnité de transfert versée par le Barça. Officiellement, elle s'élève à 57,1 millions d'euros. 17,1 millions sont allés à Santos tandis que 40 millions ont été versés à la société N & N, propriété du père du joueur. Neymar a coûté encore plus car le dossier comporte d'autres contrats. Selon le Barça, ceux-ci n'ont rien à voir avec le transfert : il s'agit de services. Un contrat de 7,9 millions concerne trois autres footballeurs de Santos. Un autre, de neuf millions, couvre la tenue de deux matches amicaux. Selon le quotidien ElMundo, il faut y ajouter trois autres conventions, que le Barça n'a pas confirmées : une prime à la signature de 10 millions, une commission de 2,6 millions au manager, en l'occurrence le père de Neymar, et 8,5 millions pour la famille en échange de prestations à fournir. Le total s'élève donc à 95,1 millions. Le fait que Neymar ait rejoint le Barça dès cette saison est le fruit de machineries face auxquelles le dossier Hazard est un jeu d'enfant. Neymar a effectué un test au Real, plus jeune, mais il n'était pas prêt mentalement. En mai 2010, Chelsea a formulé une première offre concrète de 25 millions, refusée. En mai 2011, le Real s'est à nouveau manifesté. Kun Aguero est le plan A, Neymar le B. Le Real ne parvient pas à recruter l'avant de l'Atletico et mise donc sur Neymar. Il propose 65 millions et un salaire annuel de 5 millions nets. Sandro Rosell, président du Barça depuis 2010 et responsable de Nike au Brésil dans une autre vie, fait capoter le transfert. Il veut Neymar. Plus tard. En septembre 2011, le Real enchérit : 70 millions plus un salaire de 10 millions. Santos et sa famille cèdent. Neymar passe les tests médicaux et signe un contrat au Real, le 18 septembre. La délégation madrilène reprend l'avion, satisfaite : en 2014, Neymar lui appartiendra. Seul Rosell sait ce qui s'est passé ensuite. Il est parvenu à renverser la situation. Il a demandé à Messi de téléphoner à Neymar, il a fait appel à ses contacts au Brésil et a puisé dans sa bourse. Des juristes ont déclaré le contrat du Real non conforme. En automne 2011, la famille Neymar a obtenu un emprunt sans intérêts de 10 millions, repris officiellement dans la comptabilité du Barça. Après le Mondial, Neymar allait venir en Espagne, en Catalogne. Finalement, son arrivée a été avancée d'un an, pour des raisons sportives : l'échec en Ligue des Champions et la Messi-dépendance de l'équipe. Le Real a longtemps cru que Neymar lui appartenait. Pendant quatre mois au moins, jusqu'à l'émergence des premières rumeurs. Il a définitivement compris dans le courant de 2012, quand il a voulu avancer l'entrée en vigueur du contrat d'un an mais s'est heurté au refus du club et du joueur. Tout a dérapé au printemps 2013, malgré une ultime offre de 100 millions pours Santos. Neymar appartient au Barça. Grâce à Rosell. À quel prix ? La Justice va tenter de le déterminer. Entre-temps, poussé dans ses derniers retranchements, le président SandroRosell a jeté le gant. Même s'il continue à clamer qu'il a tout fait dans les règles de l'art. PAR PETER T'KINT