Depuis que l'AC Milan s'appuie sur des Chinois, il ne semble plus avoir de limites. À la mi-avril, un consortium chinois a repris pour 740 millions le club de Silvio Berlusconi. Jamais encore un groupe asiatique n'avait déboursé autant d'argent pour un club de football. Berlusconi a posé une condition essentielle : que les nouveaux propriétaires investissent massivement pour ramener Milan parmi l'élite. Les Chinois tiennent cette promesse, pour l'instant.
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Depuis que l'AC Milan s'appuie sur des Chinois, il ne semble plus avoir de limites. À la mi-avril, un consortium chinois a repris pour 740 millions le club de Silvio Berlusconi. Jamais encore un groupe asiatique n'avait déboursé autant d'argent pour un club de football. Berlusconi a posé une condition essentielle : que les nouveaux propriétaires investissent massivement pour ramener Milan parmi l'élite. Les Chinois tiennent cette promesse, pour l'instant. La semaine passée, les rossoneri ont dépensé 99 millions pour s'offrir quatre joueurs. 38 millions ont été versés pour l'avant portugais André Silva (21 ans, FC Porto), 28 millions pour le médian Franck Kessié (Atalanta), 15 millions pour RicardoRodriguez (Wolfsburg) et 18 autres millions pour le défenseur MateoMusacchio (Villarreal). Les nouveaux patrons de Milan ont encore une liste de courses impressionnante. On y trouve notamment un médian - Lucas Biglia (Lazio, ex-Anderlecht) - et un avant. Pour cette position, Milan vise avant tout Andrea Belotti (Torino) ou Nikola Kalinic (Fiorentina). La moins bonne nouvelle est tombée jeudi : l'agent Mino Raiola a annoncé que le gardien Gianluigi Donnarumma (18 ans) ne prolongerait pas son contrat, qui arrive à échéance l'année prochaine. Milan doit donc le vendre alors qu'il souhaitait le conserver quelques saisons. Quoi qu'il en soit, l'entraîneur, Vincenzo Montella, qui va entamer sa deuxième saison à Milan, disposera d'une équipe compétitive, qui doit se qualifier pour la Ligue des Champions. La dernière participation du club date de la saison 2013-2014. Milan avait été éliminé en huitièmes de finale. Entre 2003 et 2014, il a participé à onze reprises à la CL et une fois à la Coupe UEFA. Comment un club qui a accumulé une dette de 255 millions et a été privé de rentrées européennes pendant trois ans peut-il subitement se permettre de telles dépenses ? Uniquement grâce à l'argent issu de Chine. Le budget de la dernière saison était de 196 millions mais il s'élèvera à 273 millions durant le prochain exercice pour atteindre 426 millions en 2018-2019. Le plan quinquennal prévoit un budget de 524 millions en 2021-2022, soit près du triple de l'actuel. Parallèlement à l'augmentation progressive des rentrées traditionnelles (marketing, publicité, droits TV), l'apport chinois est très ambitieux. Il sera de 90 millions l'année à venir et de 200 millions dans cinq ans. À titre de comparaison, Barcelone encaisse chaque année quinze millions en rentrées commerciales dans toute l'Asie, sans avoir de propriétaire chinois. Ces montants inquiètent l'UEFA. En octobre, elle va discuter avec le club de ses projets financiers. Cet été, Milan, sixième du championnat, peut se qualifier pour la phase de poules de l'Europa League via les tours préliminaires. GEERT FOUTRÉ