L'école de la pression

Entre des recrues rarement référencées, un club sauvé extrêmement tard de la faillite et un nouvel entraîneur toujours vierge d'expérience à la tête d'une équipe adulte, la version 2020 du KVO avait tout du candidat désigné pour s'installer sur le siège éjectable vers la D1B. Pourtant, il n'a fallu que quelques semaines au nouveau CEO Gauthier Ganaye pour construire un noyau qui tient la route au sein de l'élite, et à peine plus de temps à son coach Alexander Blessin pour parachuter sur les pelouses belges un football plein d'énergie.
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Entre des recrues rarement référencées, un club sauvé extrêmement tard de la faillite et un nouvel entraîneur toujours vierge d'expérience à la tête d'une équipe adulte, la version 2020 du KVO avait tout du candidat désigné pour s'installer sur le siège éjectable vers la D1B. Pourtant, il n'a fallu que quelques semaines au nouveau CEO Gauthier Ganaye pour construire un noyau qui tient la route au sein de l'élite, et à peine plus de temps à son coach Alexander Blessin pour parachuter sur les pelouses belges un football plein d'énergie. Son pressing à haute intensité, venu tout droit des écoles Red Bull, où il formait encore les jeunes voici quelques mois, permet à Ostende de malmener tous ses adversaires. Les Côtiers ont commencé par récolter les louanges en août, avant de passer aux points en septembre, pour s'éloigner de la zone rouge et s'offrir le luxe de regarder vers le haut. Sur le terrain, les Ostendais ont conservé quelques éléments d'expérience, le routinier Kevin Vandendriessche en tête. Autour de Fashion Sakala et Andrew Hjulsager, éléments offensifs les plus brillants de la saison dernière, ils ont ensuite articulé de jeunes joueurs prometteurs, venus de Belgique, comme Arthur Theate, ou de l'étranger, à l'image de Makhtar Gueye, l'impressionnant attaquant sénégalais. Le cocktail ouvertement orienté vers la jeunesse semblait trop audacieux aux yeux de nombreux observateurs, mais le pari tenté par les nouveaux propriétaires du KVO ressemble pour l'instant à un coup gagnant. Aussi bien dans l'intensité du pressing que dans sa qualité, Ostende survole tous les classements nationaux. Belle surprise, pour une équipe promise au bas de tableau et qui, à l'échelle nationale, devrait donc accumuler les joueurs dans son camp en priant pour qu'une reconversion offensive tourne bien. Avec son jeu énergique, Blessin a installé des transitions partout sur le terrain, et ses jeunes athlètes affamés se régalent des espaces créés par leur approche. Un vent de fraîcheur sur le jeu belge. Dans les bureaux du KVO, on affirme recruter essentiellement sur base des datas, sans jamais " s'interdire une bonne idée ". La venue à la Côte d' Evangelos Patoulidis pourrait s'inscrire dans cette seconde catégorie. Quand il quitte Neerpede, dans la foulée de son quinzième anniversaire, le départ du Belgo-Grec provoque un petit séisme chez les Mauves. Meneur de jeu racé, courtisé par de grandes écuries de Premier League quelques mois plus tôt, il débarque finalement à Sclessin, au bout d'une drague menée par Bruno Venanzi himself, désireux d'attirer à l'Académie l'un des plus grands talents du pays. Intégré au noyau pro en 2018, quand Emilio Ferrera et Michel Preud'homme s'installent à Liège, Patoulidis n'explose jamais, au point d'être finalement renvoyé en U21 la saison dernière, puis de quitter le Standard en juillet dernier. À l'affût, et au bout d'un test convaincant, Ostende offre une chance à l'ancien Rouche de découvrir l'élite, et de ne pas être rangé trop hâtivement dans la case des talents gâchés. Arrivé en test depuis le Standard, où il n'entrait pas dans les plans, Arthur Theate s'est installé sans tarder au sein de la défense du KVO, qu'il dirige entre audace dans les duels et élégance à la relance. Deux ans après son arrivée à la Côte, le gardien formé au Barça - via l'Académie Eto'o - Fabrice Ondoa semble avoir épuisé tout son crédit. Guillaume Hubert a débarqué pour l'envoyer sur le banc.