La Premier League ne lève jamais le pied. Après l'incroyable thriller qui a clôturé la saison 2011-2012, et permis à Manchester City de remporter son premier titre de champion après 44 ans d'attente, le traditionnel Community Shield (la Supercoupe d'Angleterre) a offert un joli spectacle en guise d'amuse-bouche pour la nouvelle collection 2012-2013 qui débute ce samedi. Cinq buts (3-2) et des percussions, de l'intensité, des duels qui nous rappellent (si besoin en était) pourquoi la Premier League est si populaire aux quatre coins du globe.
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La Premier League ne lève jamais le pied. Après l'incroyable thriller qui a clôturé la saison 2011-2012, et permis à Manchester City de remporter son premier titre de champion après 44 ans d'attente, le traditionnel Community Shield (la Supercoupe d'Angleterre) a offert un joli spectacle en guise d'amuse-bouche pour la nouvelle collection 2012-2013 qui débute ce samedi. Cinq buts (3-2) et des percussions, de l'intensité, des duels qui nous rappellent (si besoin en était) pourquoi la Premier League est si populaire aux quatre coins du globe. Le champion d'Angleterre a décroché son premier titre face au champion d'Europe. Sur le même score (avec moins d'intensité et de larmes) que celui qui avait mis en transe l'Ethiad Stadium le 13 mai dernier. Deuxième titre de rang aussi pour un club qui a longtemps trainé outre-Manche l'étiquette de loser. Pour Vincent Kompany, c'est le troisième trophée depuis son arrivée sur le sol anglais en juillet 2008. Pas mal pour quelqu'un dont beaucoup disaient lors de son arrivée à Manchester qu'il venait s'enterrer dans un club à l'avenir incertain. Aujourd'hui, les Skyblues représentent l'avenir de la Premier League ou du moins en sont les représentants les plus puissants. Face à Chelsea, les hommes de Roberto Mancini ont affiché une réelle maturité dans le jeu et une parfaite compréhension d'un système qui a fait ses preuves l'an dernier. Pas question ici de kick and rush mais d'un cuir quasiment scientifiquement amené dans le box adverse. Et même si parfois ce jeu peut agacer les nostalgiques du foot british de papa, les passes courtes, les redoublements, le jeu construit de l'arrière finissent souvent par épuiser l'adversaire. Avant l'estocade portée désormais par un duo offensif explosif : CarlosTevez et SergioAgüero. Avec un Carlito revenu à de meilleures sentiments, la paire argentine risque de faire pas mal de dégâts cette saison. Mais tout n'est pas parfait côté Citizen. Son manager italien peste même sur un recrutement jusqu'ici quasi inexistant - la grande promesse du foot anglais, Jack Rodwell est arrivée en début de semaine d'Everton. Un comble quand on sait que le Cheikh Mansour a investi 930 millions de livres (1,172 milliard d'euros) en trois ans et que les souhaits de son manager italien ont pratiquement tous été exaucés jusque-ici. Mais le fair-play financier pointe le bout du nez. A partir de 2014, le déficit annuel sera limité à 45 millions d'euros. Des peanuts par rapport aux 248 millions d'euros de déficit affiché lors du dernier bilan annuel. Des chiffres qui ne semblent pas émouvoir Mancini qui a balancé en conférence de presse : " Je ne suis pas content, mais je ne préfère pas en dire davantage pour le moment. Allez plutôt poser la question à Brian Marwood (directeur sportif). Moi, j'en ai marre de dire la même chose depuis trois mois. " Difficile de le plaindre en jetant un bref coup d'£il sur l'effectif de City. Lors du Community Shield, l'ex-joueur de la Samp et de la Lazio avait sur le banc des Edin Dzeko, Kolo Touré ou David Silva alors que Micah Richards, Joe Hart ou Joleon Lescott étaient indisponibles. Mais Mancini aimerait voir son club grandir encore un peu plus. Et selon lui, cela passe par l'arrivée d'un défenseur central supplémentaire à associer à notre Vince national. Le nom de Daniel Agger revient régulièrement sur le tapis. Lescott n'a jamais montré des gages de sécurité depuis son arrivée à Manchester tandis que le Serbe Stefan Savic a encore affiché des lacunes face aux Blues de Chelsea. Si le mercato devait se boucler sans transferts ronflants, City reste toutefois le grand favori (avec United) à sa propre succession. A l'inverse, Roman Abramovitch a, lui, délié les cordons de la bourse. 82 millions (dont 40 pour le seul Eden Hazard), l'été fut enflammé du côté de Stamford Bridge. Et il semble que cela ne soit pas fini puisque le club londonien négocie la venue de l'international allemand, André Schürrle (qui coûterait la bagatelle de 30 millions) et rêve toujours d'attirer un gros poisson en attaque ( Edinson Cavani ? Hulk ?). L'ailier de Wigan, Victor Moses est aussi annoncé, tout comme l'Espagnol de l'OM, CésarAzpilicueta. Un Chelsea new-look donc (personne ne s'en plaindra) et pas mal de concurrence pour le numéro dix des Diables. Titularisé sur le côté gauche de l'attaque face à City, Hazard devra très vraisemblablement patienter quelque temps avant de retrouver une place dans l'axe où l'international espagnol, Juan Mata s'est installé dès la saison dernière. " Je ne me soucie pas de savoir si j'évolue à gauche ou dans l'axe. Je dois avant tout jouer. Je me sens même prêt, s'il le faut à évoluer au back gauche ! ", ironise Hazard. Pour sa première avec le haut niveau anglais, Hazard peut être qualifié d'une performance correcte face aux champions d'Angleterre. Rien d'époustouflant, hormis une gamelle sur une talonnade loupée qui a rapidement fait le tour de la toile, mais plusieurs accélérations qui prouvent que physiquement, Eden est proche de son meilleur niveau. " Ce qui m'a davantage marqué, c'est l'intensité incroyable des échanges. Ici, je sais que je reçois moins de ballons et, quand c'est le cas, j'ai moins le temps de le contrôler. Il faut donc que j'en fasse un meilleur usage. " Avec le risque de voir la faucheuse arriver. Hazard a très vite fait connaissance avec l'une des spécificités de la Premier League après un découpage de Savic. " C'est sûr que je me suis pris quelques tampons ", a-t-il expliqué après la rencontre. " Mais ce n'est pas spécialement nouveau pour moi. Vous savez, en France aussi, on m'attendait et me visait. " Après le titre surprise en Ligue des Champions la saison dernière, Chelsea a été logiquement défait par une équipe de City bien plus avancée tactiquement. La nouvelle mouture Blue traine à trouver la bonne formule. La campagne de préparation inquiète d'ailleurs les suiveurs londoniens. La défaite face à Citizen Komp' et sa bande est la quatrième de rang (MLS All-Star, Milan, Brighton) en match de préparation. Arrivé tel un sauveur, Roberto Di Matteo a cette fois l'obligation de marier résultats et manière. Et les prémices d'une telle union se font attendre... Au contraire d'un Fernando Torres qui semble reboosté par l'EURO. Sa prestation de dimanche dernier permet de croire en un El Nino façon Liverpool. " Hazard et Mata vont apporter beaucoup à Fernando cette saison ", assure Silva. Malgré les récentes contre-performances, Chelsea fait figure de favori pour les bookmakers en tant que concurrent principal aux deux clubs de Manchester. Premier élément de réponse ce dimanche à Wigan. PAR THOMAS BRICMONT - PHOTOS: IMAGEGLOBE