Koen Casteels s'est retrouvé dès l'âge de quatre ans et demi sur les terrains de football du KAC Betekom, une entité de Begijnendijk, dans le Brabant flamand, près de la Campine. En fait, il suit son frère, Matthijs. Koen est attiré par ce frère de deux ans son aîné. Ils se trouvent aussi un hobby, poussés par leur mère, Kathleen, qui insiste pour que ses enfants s'adonnent à un sport. Les frères font du patinage à roulettes, ils sont également doués pour le tennis car plus tard, ils participent aux interclubs, et se rendent chaque semaine à la piscine.
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Koen Casteels s'est retrouvé dès l'âge de quatre ans et demi sur les terrains de football du KAC Betekom, une entité de Begijnendijk, dans le Brabant flamand, près de la Campine. En fait, il suit son frère, Matthijs. Koen est attiré par ce frère de deux ans son aîné. Ils se trouvent aussi un hobby, poussés par leur mère, Kathleen, qui insiste pour que ses enfants s'adonnent à un sport. Les frères font du patinage à roulettes, ils sont également doués pour le tennis car plus tard, ils participent aux interclubs, et se rendent chaque semaine à la piscine. Le football pose problème. Le jeune Casteels doit patienter plus d'un an pour disputer son premier match : le responsable sportif de l'époque, homme rigoureux, tient absolument à respecter la limite d'âge, fixée à six ans. Il refuse donc de lui donner une carte d'affiliation : tout doit se dérouler dans le plus parfait respect du règlement. " Koen a d'abord joué à l'arrière gauche ", se souvient Matthys. Malgré leur différence d'âge, ils ont souvent joué ensemble. Cette brillante génération n'a guère rencontré de résistance et a généralement empilé les buts. " En fait, Koen n'aimait pas courir ", explique son père, Guy. Vers sept ou huit ans, Koen se partage donc entre le but et le champ -une mi-temps dans chaque registre. " Mais son équipe était tellement dominante qu'il était davantage libéro que gardien. " L'entraîneur était un fervent partisan du Néerlandais Frans Hoek, qui avait introduit à l'Ajax le concept de gardien participant au jeu. Cette approche permet à Koen Casteels d'améliorer la coordination de son jeu de pieds. " Cet entraîneur était très sévère. Il insistait constamment sur la nécessité de faire preuve de discipline dans son sport ", explique Matthijs. Pourtant, les premières idoles de Koen Casteels sont des joueurs de champ. Il suit le Mondial 1998 à la télévision et ensuite, il refait les matches dans le jardin familial. Guy a construit des buts en acier, d'abord de la taille des goals de football en salle puis identiques à ceux employés en football sur herbe. Ces buts se trouvent maintenant à Herent, chez un jeune supporter inconditionnel de Koen Casteels. Les frères s'amusent encore plus quand l'herbe est mouillée. En 1998, le maillot brésilien est incontournable. C'est tendance, comme le crâne rasé de Ronaldo, même si Koen admirait également la technique de frappe de l'arrière gauche Roberto Carlos. " Il passait son temps à l'imiter ", explique Guy. " Il bottait tous les coups francs depuis la ligne médiane, sur le terrain des diablotins. " Matthijs trahit un autre secret. " Moi, je supportais DavidBeckham. Comme Koen était un des rares à recevoir le ballon au sol mais n'était pas super dans les airs, il encaissait souvent des buts au second poteau, sur les corners. " Le jeune Casteels se distingue déjà par sa stature imposante. Du coup, Kathleen doit prendre ses précautions quand il participe à des tournois pour jeunes ou qu'il court un cross scolaire. " J'emmenais toujours sa carte d'identité afin de prouver qu'il jouait bien dans sa catégorie d'âge. " Elle en rit encore aujourd'hui. " Vous ne pouvez pas imaginer les discussions que cela provoquait parfois avec les autres parents, qui étaient absolument convaincus que Koen était plus âgé. " Les brillantes prestations des frères Casteels au KAC Betekom n'échappent pas aux scouts. Ils suscitent l'intérêt du Lierse, de Malines, où Matthijs passe des tests tandis que Koen fait de même à Anderlecht. Cependant, les parents jugent qu'il n'a pas la maturité requise, à neuf ans, pour être enrôlé par un club de Division 1, Genk s'étant également manifesté entre-temps. On trouve un compromis : il va jouer encore un an dans son club mais dans une catégorie d'âge supérieure. Paul Meynckens, le père de jumeaux, Stijn et Carlo Meynckens, assure la formation de Koen et de ses camarades. Cependant, Koen sent qu'il a atteint son plafond dans son premier club. Il doit placer la latte plus haut s'il veut réaliser son rêve - devenir footballeur professionnel. A dix ans, il opte pour l'école de jeunes du RC Genk. " Juste au moment où le club avait achevé l'aménagement du complexe des jeunes à la Cristal Arena ", se rappelle Guy. " La formation des jeunes est vraiment excellente à Genk. En plus, d'un point de vue pratique, c'était la seule option car le Racing convoyait les enfants en bus jusqu'à Aarschot, sur le parking destiné au carpool. " Kathleen est angoissée quand elle doit y déposer Koen pour la première fois, pour un trajet de 60 kilomètres. " Ce bus venait de Bruxelles et était comble. Au premier rang, il y avait Faris Haroun. Et aussi Brahim Hacene, qui a joué à Genk jusqu'en espoirs mais qui est maintenant le médecin d'Oud-Heverlee Louvain. J'ai pensé : - Mon dieu, dois-je laisser mon petit garçon en compagnie de tous ces grands gaillards ? Mais Koen trouvait ça marrant et il effectuait le voyage de bon coeur. " Koen Casteels a d'emblée précisé que ses études avaient la priorité. Il a parfois dû faire l'impasse sur quelques séances d'entraînement. " L'école restait essentielle à ses yeux. Il était conscient de l'utilité de faire des études ", affirme Matthijs. " Il voulait absolument achever son cursus à l'école de sport de haut niveau et obtenir son diplôme d'humanités. En période d'examens, jusqu'en rhétorique, il a même brossé des entraînements du noyau A. Il ne s'est pas défait de son perfectionnisme. Il a toujours été très motivé, même quand nous jouions dans le jardin. Koen ne s'arrêtait que quand il avait parfaitement botté ou intercepté le ballon. Il voulait tout réussir. " S'il n'était pas devenu footballeur professionnel, il avait une autre possibilité. " Comme son frère, il voulait devenir kinésithérapeute ", précise Kathleen. " On le remarque à beaucoup de détails : Matthijs reste le modèle de Koen. " À l'académie de Genk, Koen Casteels a trouvé en Gilbert Roex le parfait entraîneur des gardiens. " Le meilleur qui soit, tout simplement ", s'exclame Guy. " Pour le dire crûment, Koen jouait trop au sol et avait du mal à jouer dans les airs. Gilbert a appréhendé la situation avec un grand calme. Il nous a dit que Koen avait encore beaucoup d'aspects à travailler mais qu'il aurait refait son retard à 18 ans. Les faits lui ont donné raison. Gilbert n'était pas facile. C'était un homme sévère mais sans excès et il était honnête. Il savait comment faire passer son message, avec un certain paternalisme. " Kathleen ajoute : " Gilbert ne criait pas. Il tissait de réels liens avec ses gardiens et il se battait pour eux. Quand l'un d'eux échouait, il en était malade. Il travaillait énormément la technique, sans que le moindre détail lui échappe. Il analysait même le jeu de position sur vidéo. Un homme en or. " Genk recèle un autre gardien de talent, dans la même catégorie d'âge : Thibaut Courtois. " Des U10 au U14, ils ont généralement joué chacun à leur tour car on avait aboli le système d'une mi-temps ", explique Guy. À partir des U14, Koen a été avancé en U16, puisque son gabarit imposant lui octroyait une certaine avance. " Les deux gardiens se sont toujours bien entendus et ça n'a pas changé. Nous devons être satisfaits de leur rivalité : cette émulation leur a permis d'atteindre un niveau supérieur. Ils avaient besoin l'un de l'autre et ils se sont aidés mutuellement à progresser. Pour Genk, les satisfaire tous les deux n'était pas évident. Koen est calme, décidé, modeste, très réaliste. Thibaut est très différent, humainement et sportivement. Notre Koen ne réalisera jamais d'arrêts spectaculaires mais il tente toujours d'être efficace. " Koen Casteels a vécu un grand moment sportif en septembre 2004 : il a participé à la Danone Nations Cup via les fédérations scolaires belges SVS et FRSEL, à Paris. " Il en est toujours très fier. Il considère ce tournoi comme un haut fait ", affirme Kathleen. La Belgique a terminé cinquième sur 32 et le Diable Rouge a été élu meilleur gardien du tournoi. Il a reçu son trophée des mains de Zinédine Zidane en personne. " Ce fut le couronnement parfait d'un magnifique événement. 25.000 personnes ont assisté à la finale et il y avait des affiches dans tout Paris ", sourit Guy. " Koen a eu l'avantage d'arrêter deux penalties dans le dernier match, contre la France, et avant cela, il a souvent préservé le nul. " Casteels a suscité l'intérêt de Lille. " Mais c'était un cap trop important à nos yeux. Il ne fallait pas commencer à planer ", insiste Guy. " Nous n'avons jamais voulu que Koen s'installe dans une famille d'accueil. Il devait pouvoir nous raconter sa vie, ici, à la table de la cuisine. Nous étions capables de nous occuper nous-mêmes de nos enfants. Il n'était pas question de l'éloigner car la chaleur familiale dont il avait besoin, c'est ici qu'il la trouvait. De nos jours encore, il éprouve le besoin de retrouver son entourage direct. Il règle tout son trajet dans les moindres détails et respecte un timing précis. " Le RC Genk propose un premier vrai contrat à Koen quand il fête ses seize ans. " Willy Reynders lui a tendu le contrat standard réservé aux jeunes, un contrat par lequel le Racing tentait de conserver ses meilleurs éléments ", poursuit Guy. " Nous étions très heureux car notre fils allait avoir la chance de faire ses preuves parmi l'élite belge. Nous n'avons formulé aucune exigence. Koen était en espoirs, sous la direction de Ronny Van Geneugden. C'était une équipe de champions avec Davino Verhulst, Christian Benteke, Arne Nilis, Dimitri Daeseleire, Hannes Meeus, Pieter Nys, David Hubert, Kevin Kis, Robin Henkens et Jelle Vossen. " Genk fait un geste supplémentaire : Reynders met Jos Beckx à la disposition de Jo Coppens et de Koen Casteels. Le Limbourgeois doit faciliter leur passage des catégories d'âge au noyau A. " Ce n'est pas une barrière qu'ils devaient franchir mais un mur ", raconte Guy. " Jos les mettait au tapis avant d'effectuer un travail de reconstruction. Koen revenait souvent en pleurant. À force de plonger, il avait des plaies sur les flancs. Il en a vu de toutes les couleurs. Jos voulait vraiment qu'ils aient les pieds sur terre. Si Gilbert a tendance à protéger ses garçons et à être un peu trop gentil, Jos, lui, est terriblement dur. Si ça ne va pas, c'est le conflit. Mais au bout d'un mois, Koen s'y était habitué. Une fois, contre le Standard, il a attrapé du bout des doigts un ballon qui frôlait le poteau. Je n'en ai pas cru mes yeux. " Pourtant, Koen Casteels n'a pu éclore complètement à Genk. 2011 a été l'année du tournant. La famille pointe toujours du doigt Frank Vercauteren, l'entraîneur principal du moment. " Koen n'y pouvait rien, faisait tout son possible et Genk lui-même était impuissant et pour le moins embêté par la tournure des événements " confirme l'ancien gardien Nico Vaesen, devenu agent de joueurs. " Quand un entraîneur ne voit pas ce qu'il peut faire d'un footballeur et que le courant ne passe pas, l'affaire est vite classée, dans la mesure où il n'y a pas de base de travail possible. Il avait effectué son choix et ne souhaitait plus en parler. Il avait d'autres options et Koen n'en faisait donc pas partie. Il était donc préférable de chercher un autre club. Genk a tout mis en oeuvre pour conserver Koen mais l'histoire touchait à sa fin. " Même le président des jeunes s'est montré perplexe quand Guy, dans un ultime entretien, a exhibé une feuille reprenant les statistiques de Koen. " Vous ne pouvez quand même pas dire qu'il progresse alors qu'il est plus souvent dans la tribune que sur le banc ? Il était le gardien d'avenir de Genk. Koen n'a disputé que huit matches pour les espoirs durant sa dernière saison et il en a passé autant sur le banc. C'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. J'en ai tiré mes conclusions. Vercauteren a cassé notre fils. Koen a cessé de progresser. Mais je ne nourris absolument aucune rancune envers Genk. " Louvain constitue une piste, grâce à Ronny Van Geneugden, qui a repris Koen Casteels dans le noyau A de Genk, mais Hoffenheim l'emporte grâce au projet à long terme présenté par son entraîneur, Ralf Rangnick, et le coach hongrois des gardiens, l'ancien Gantois Zsolt Petry. " Le club allemand a consenti d'énormes efforts. Il avait une confiance aveugle en l'avenir de Koen ", affirme Vaesen. " Il a vraiment fait le pressing, ce qui nous a conféré un sentiment favorable. Petry avait bien fait son travail. Il est venu à Genk à quatre reprises, incognito, et a suivi l'entraînement dissimulé derrière un arbre. Le recrutement de Koen était donc soigneusement pensé. " Koen Casteels est préparé à l'équipe première pendant une saison en U23. Depuis l'année dernière, il est en concurrence avec des joueurs du calibre de l'ancien international allemand Tim Wiese, du Brésilien Heurelho Gomes et de Jens Grahl. Hoffenheim peine à conférer de la stabilité à sa défense mais Casteels n'a pas grand-chose à se reprocher sur les nombreux buts encaissés. Le club a inscrit notre compatriote à des cours de taekwondo puis de kickboxing, pour accroître son agressivité. " Koen est une garantie de sobriété. Hoffenheim a pu le constater dans les équipes nationales belges ", précise Matthijs. " Il n'insulte jamais ses défenseurs ", ajoute Guy. " Il est le calme personnifié, il est toujours courtois ", confirme Kathleen. Le club est enchanté de son gardien. En novembre, il lui a offert un nouveau contrat, valable jusqu'en 2017. Peu après, l'entraîneur, Markus Gisdol, lui a octroyé deux semaines de repos mental mais depuis le début du second tour, Casteels est de nouveau le numéro un. " Il reste le plus jeune gardien titulaire de Bundesliga ", rappelle fièrement sa mère. " Koen a encaissé pas mal de coups, ce qui aurait pu le frustrer très fort mais non, ça a fait de lui un gardien plus complet ", intervient Vaesen. " Quand je l'observe, je ne vois pas de gardien abattu mais un portier adulte, empreint d'assurance, qui bombe le torse et redresse les épaules. Il est devenu un homme, il a de la personnalité. Il a beaucoup progressé sur les hauts ballons. Si le sélectionneur le reprend pour le Mondial, il lui offrira le plus beau des stimuli pour l'avenir. Marc Wilmots a été un Kampfschwein, vanté pour sa mentalité. Il connaît parfaitement les qualités de Koen, comme gardien et comme homme. Un joueur empreint de l'esprit d'équipe. "PAR FRÉDÉRIC VANHEULE" Il est le plus jeune gardien titulaire en Bundesliga. " Kathleen, sa maman " Vercauteren a cassé mon fils. " Guy, le papa