Comme le Standard, l'AZ a perdu son premier match de Ligue des Champions : 1-0 à l'Olympiakos. Et comme les Rouches, les Néerlandais avaient des regrets au coup de sifflet final. Ils avaient l'impression qu'il y avait davantage à retirer de cette confrontation. Un journaliste local nous rappelle une occasion unique en début de match, alors que le score était toujours de 0-0 : suite à un débordement de MoussaDembelé sur le flanc droit, le ballon avait rebondi sur la cuisse de MaartenMartens isolé à trois mètres du but. Et la seule réalisation de l'Olympiakos est tombée de nulle part en fin de rencontre.
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Comme le Standard, l'AZ a perdu son premier match de Ligue des Champions : 1-0 à l'Olympiakos. Et comme les Rouches, les Néerlandais avaient des regrets au coup de sifflet final. Ils avaient l'impression qu'il y avait davantage à retirer de cette confrontation. Un journaliste local nous rappelle une occasion unique en début de match, alors que le score était toujours de 0-0 : suite à un débordement de MoussaDembelé sur le flanc droit, le ballon avait rebondi sur la cuisse de MaartenMartens isolé à trois mètres du but. Et la seule réalisation de l'Olympiakos est tombée de nulle part en fin de rencontre. Ce goût de trop peu est sans doute le prix à payer pour une équipe qui débute au plus haut niveau. Car l'AZ et le Standard ont de nombreux points communs. Outre les couleurs communes (les quatre équipes du groupe H affichent d'ailleurs du rouge et du blanc), l'AZ est aussi un club qui a renoué avec le titre de champion depuis 1981. La comparaison va plus loin : comme le Standard il y a un an, l'AZ a payé ce titre par le départ de l'entraîneur qui l'avait conquis. LouisvanGaal, après cinq ans de bons et loyaux services, a fini par répondre aux sollicitations du Bayern Munich qui le courtisait depuis un bout de temps. RonaldKoeman, son successeur, se retrouve donc un peu dans la situation de LaszloBöloni en 2008 : il est confronté à un lourd héritage, avec l'obligation de faire au moins aussi bien que son prédécesseur - ce qui n'est guère évident lorsque le club a terminé premier quelques mois plus tôt -, mais il a aussi hérité d'une équipe déjà bien en place qui n'a subi que peu de modifications durant l'entre-saison. Une équipe qui aborde la Ligue des Champions avec très peu d'expérience à ce niveau. " Et cela s'est ressenti ", affirme Koeman. " On reproche une erreur de placement à mes joueurs sur le but des Grecs. Elle est peut-être due, en partie, à la fatigue. Mais il faut dire, aussi, qu'il y a une différence avec le championnat des Pays-Bas, où chaque erreur ne se paie pas nécessairement cash et où l'on peut renverser la situation avec plus de facilité lorsqu'on est mené. Je n'irai pas jusqu'à dire que les défenses néerlandaises sont laxistes, mais on doit apprendre à défendre à l'européenne : plus durement, plus près de son homme. Le lendemain de notre match en Grèce, j'ai regardé le match de l'Ajax contre Timisoara (NDLR : dans la poule d'Anderlecht en Europa League). Timisoara, ce n'est pourtant pas un grand nom du football européen, mais il fallait voir comment les Roumains ont défendu. Et cela a payé : 0-0 à l'Arena. "A l'Olympiakos, Koeman avait opté pour un milieu de terrain renforcé, avec Martens dans l'axe et trois milieux axiaux au lieu de deux. " Je ne regrette pas ce choix. Je souhaitais donner à l'équipe l'opportunité de contrôler l'entrejeu et j'assume. J'ai aussi opté pour une construction rationnelle à partir de la défense. C'est la marque de fabrique du football néerlandais. Là aussi, j'assume. Le physique joue aussi un rôle. Il arrive un moment où, lorsque l'adversaire est plus grand ou plus lourd, il prend le dessus. Les défenseurs de l'Olympiakos sont grands et costauds. Leur jeu peut paraître frustre, au point que s'ils joueraient de la sorte en Eredivisie on se moquerait d'eux, mais ils parviennent à garder le zéro en compétition européenne. " En Grèce, MounirElHamdaoui - le meilleur buteur de l'AZ en championnat - a aussi constaté la différence entre la compétition néerlandaise et la Ligue des Champions. " Il n'a pas livré la meilleure prestation de sa carrière ", reconnaît Koeman. Et Dembelé, aligné sur le flanc droit ? " C'est un grand joueur, très technique, capable de conserver le ballon dans les pieds et de déstabiliser un adversaire. J'estimais qu'il était plus mobile que son opposant direct, RaulBravo. Mais il doit apprendre à devenir plus concret devant le but. C'est son principal défaut. " Résultat : l'AZ n'a pas trouvé le chemin des filets en terres olympiennes. Comment Koeman voit-il, maintenant, la suite de la Ligue des Champions pour son équipe ? " Je sais qu'on affronte le Standard ", dit-il. " Mais, excusez-moi : je ne tiens pas à en parler pour l'instant. Chaque chose en son temps. J'ai d'abord un match de championnat samedi prochain ( NDLR : au FC Utrecht) et c'est celui-là qui me hante l'esprit. " Avant cela, il y aura même un match amical contre... Liverpool ce mercredi. " RafaBenitez nous fait, effectivement, l'honneur d'une visite ", poursuit Koeman. " Mais ce match est surtout destiné à offrir du temps de jeu aux joueurs qui en manquent. J'alignerai essentiellement des jeunes et des réservistes. Je pense que Liverpool en fera d'ailleurs de même. " Pour une petite partie de remise en jambes, on pouvait trouver un adversaire moins prestigieux. Si Koeman ne souhaite pas encore parler du Standard, il ne manquera évidemment pas de s'informer. Il nous demande si, dans les rangs d'Arsenal, le Néerlandais RobinvanPersie était bien absent à Sclessin, comme annoncé : " Vous voyez, même avec cinq ou six titulaires habituels sur la touche, les Gunners sont encore capables de s'imposer. Ils possèdent un effectif extraordinairement riche, avec un noyau très large. " Ce n'est pas le cas de l'AZ, qui devra gérer la succession des matches : " Ce n'est pas facile : il faut garder de la fraîcheur dans le groupe tout en restant compétitif. Faire souffler certains joueurs à bon escient, sans que cela n'occasionne une perte de points. C'est un élément nouveau pour l'AZ. Mais c'est mon boulot de trouver la solution à cette équation. "Y a-t-il un lien de cause à effet avec la Ligue des Champions ? L'AZ a perdu le match de championnat qui précédait l'Olympiakos (2-1 à ADO La Haye, sans SébastienPocognoli, HectorMoreno et Mounir El Hamdaoui) et également celui qui l'a suivi (0-1 contre le NEC Nimègue de BjörnVleminckx). " Je m'attendais à un match difficile contre le NEC ", dit Koeman. " C'est une équipe au tempérament agressif qui, au contraire de l'AZ, n'avait pas dû se farcir un match en milieu de semaine. " Pour le reste, Koeman a été impressionné par la prestation du Real Madrid, victorieux 2-5 au FC Zurich : " Quand on possède des joueurs comme CristianoRonaldo ou Kaka, on peut faire la différence à tout moment. " Bref, l'AZ a peut-être, aussi, la sensation de débarquer sur une autre planète en Ligue des Champions. Comment Koeman gère-t-il l'héritage de Van Gaal ? " Il travaille dans la continuité de son prédécesseur ", estime Pocognoli. " Le système de jeu, et l'équipe en elle-même, ont peu changé. Il a simplement une autre personnalité. "Un peu plus relax, dit-on, même s'il peut être dur également ? Poco : " Tout à fait. Koeman est un coach hollandais, donc lorsqu'il a quelque chose à dire, il le dit en face. Disons qu'il réagit de manière moins émotionnelle que Van Gaal. Ce dernier gesticulait beaucoup le long de la touche et n'hésitait pas à hausser la voix. Koeman prend un peu plus ses distances vis-à-vis des joueurs. Van Gaal était très proche : il analysait beaucoup nos prestations, nous faisait part de ce qu'il avait apprécié et moins apprécié. Il était constamment derrière nous, on avait l'impression de toujours l'avoir sur notre dos. Et comme il en imposait par sa stature... Koeman nous parle moins, mais laisse sa porte ouverte si on veut le trouver. Il constate aussi ce qui ne va pas, mais nous fait part de ses remarques plus calmement. "Poco était venu à l'AZ en grande partie pour travailler avec Van Gaal. Son départ l'a touché : " J'adorais Van Gaal, je ne le cache pas. J'apprécie les gens vrais. Cela ne me dérange pas qu'on me recadre, même durement, lorsque c'est nécessaire. Quand l'entraîneur s'occupe d'un groupe jeune, il doit le mener à la baguette. A l'entraînement, il fallait répondre présent, sinon il nous passait un savon. La nonchalance n'avait pas sa place avec lui. Pour autant, Van Gaal n'était pas un tyran, il nous accordait aussi certaines libertés. Mais pas autant que Koeman. On n'en abuse pas. Au fil des cinq années sous Van Gaal, une autodiscipline s'est installée dans le groupe. Koeman doit rarement intervenir. Les joueurs ont un comportement très professionnel, beaucoup s'adonnent à des heures supplémentaires en dehors des entraînements. Chacun est très ponctuel aussi, il y a peu de retards à table par exemple. "Autre différence : Koeman est un peu plus enclin à modifier son système de jeu lorsque les circonstances l'exigent. " Avec Van Gaal, c'était toujours le même système, quel que soit l'adversaire. Pour le déplacement à l'Olympiakos, Koeman avait procédé à de légères retouches : Martens évoluait dans l'axe et j'avais BrettHolman devant moi sur le flanc gauche. " Van Gaal et Koeman sont tous les deux passés par Barcelone, il est donc logique qu'ils apprécient les combinaisons au sol. Poco : " Mais, par rapport à Van Gaal, Koeman acceptera plus facilement une longue balle vers l'avant. Van Gaal ne jurait que par de courtes combinaisons au sol et n'acceptait un dégagement que lorsqu'on était sous pression. Au contraire de Van Gaal, Koeman ne m'adresse aucun reproche lorsque j'expédie un long ballon vers l'attaquant sans passer par l'entrejeu. L'AZ a un jeu un rien plus direct avec lui. ". Pour l'AZ, la venue du Standard ne constitue pas vraiment une grande affiche. Un peu comme à Liège, beaucoup de joueurs auraient aimé accueillir davantage de ténors européens dans la poule. " Je pense que le stade sera bien rempli malgré tout, avec une bonne ambiance comme on l'a connue en Coupe de l'UEFA l'an passé. Ce n'est pas encore l'effervescence, mais il en va souvent ainsi à Alkmaar : c'est une ville calme, qui ne commence à s'exciter que la veille ou l'avant-veille d'un grand événement. "Pour Poco, ce sera spécial : " Le dernier match à Sclessin, le 9 décembre, le sera encore plus. Liège est ma ville natale et le Standard, mon club formateur. Mais, si beaucoup de joueurs sont restés pour la Ligue des Champions, on doit éviter de bâcler les matches de championnat : si l'on veut encore être européen la saison prochaine, il faudra se classer en ordre utile. J'ai beaucoup de respect pour le Standard qui est parvenu à remporter un deuxième titre d'affilée. J'espère qu'on en sera capable également, mais c'est loin d'être gagné. "On doit apprendre à défendre à l'européenne, pas à la hollandaise. (Ronald Koeman)