"Tant d'argent pour ça ", soupire un ancien employé du Club dimanche. Anderlecht l'a balayé. La libération que signifiait le départ de GeorgesLeekens pour certains n'a pas eu beaucoup d'effets sauf peut-être une demi-heure contre Newcastle. Mercredi dernier, un dirigeant du Club avait émis cette crainte : la semaine risquait de mal se terminer. De fait, 6-1. L'humiliation. Pour trouver trace d'un score pareil, il faut remonter à septembre 1983. Zéro point sur 15, deux sur 21, le bilan est dramatique. Tant d'argent pour ça. Pour rien.
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"Tant d'argent pour ça ", soupire un ancien employé du Club dimanche. Anderlecht l'a balayé. La libération que signifiait le départ de GeorgesLeekens pour certains n'a pas eu beaucoup d'effets sauf peut-être une demi-heure contre Newcastle. Mercredi dernier, un dirigeant du Club avait émis cette crainte : la semaine risquait de mal se terminer. De fait, 6-1. L'humiliation. Pour trouver trace d'un score pareil, il faut remonter à septembre 1983. Zéro point sur 15, deux sur 21, le bilan est dramatique. Tant d'argent pour ça. Pour rien. Depuis des semaines, le Club est certes affaibli par des blessures. Dimanche, il a aligné Högli, Almebäck, Figueras et Buysse en défense, au lieu du quatuor titulaire Hoefkens, Donk, Larsen, Stenman. Contre Newcastle, Philippe Clement avait déjà secoué Jordi, estimant qu'il reculait trop et avait ainsi amené les deux buts de l'égalisation. Rebelote dimanche. Un jeu trop bas et peu de réactions face aux actions bruxelloises. L'Espagnol a raté son duel sur le premier but, il a été abusé sur le deuxième, il a commis un penalty sur le cinquième et a raté son heading sur le sixième. Figueras a coûté 600.000 euros il y a moins d'un an et Rayo Vallecano, actuellement septième, ne voulait pas le laisser partir. Dans l'axe, Almebäck (500.000 euros, piqué au nez et à la barbe de l'AZ) n'est nulle part, pas plus que Högli à droite -somme de transfert à peu près équivalente. Même durant une saison où Carl Hoefkens n'a pas livré ses meilleurs matches, il n'a pu s'imposer. Un million d'euros pour ces deux Scandinaves, soit autant que le débours nécessaire pour enrôler Jorgacevic. A la mi-temps du match contre Newcastle, face aux caméras de Club-RTL, PhilippeVande Walle, l'entraîneur des gardiens, a imputé les buts à son portier. Le lendemain, Philippe Clement a encore épinglé le keeper, responsable selon lui du deuxième but. Ce qui explique que le Club suit Adrian, le gardien du Bétis Séville. Jorgacevic, coupable sur le premier but dimanche, puis malheureusement lobé sur le deuxième, n'a plus d'avenir au Club. Le Serbe y joue plus ou moins bien depuis un an, sans plus. Il ne prend pas de points, sa technique n'est pas brillante et il s'appuie sur un physique qui l'a lâché dimanche. Si le Club cherche un gardien, il a aussi besoin d'un arrière droit, voire d'un vis-à-vis à gauche car Bart Buysse n'a pas été brillant contre le jeune Bruno, comme s'il avait voulu donner raison à Leekens de ne plus l'avoir aligné. " On peut enrôler dix autres joueurs mais à quoi bon s'ils sont du même acabit ", soupire notre insider. Le Club le sait et restructure sa cellule de scouting. Fini l'ère HenkHouwaart, ouverte il y a un an et demi. Heureusement serait-on tenté de dire. Son embauche était une erreur, comme le choix de Georges Leekens. Une erreur coûteuse, très ennuyeuse, au moment où la reprise du Club fait déjà jaser. Le Club n'est-il donc nulle part ? Rien n'est jamais tout noir et il y a d'autres défenseurs, meilleurs. A commencer par ceux sur qui le Club a dû faire l'impasse lors de son déplacement au Parc Astrid. Mais au-delà de ce constat, il y a surtout un problème de mentalité. Contre Newcastle, Vleminckx s'est échauffé mollement, comme s'il n'avait pas envie d'entrer au jeu. Högli avait déjà manifesté la même nonchalance en Coupe, contre Zaventem. Les joueurs manquent de combativité, c'est clair. Au-delà de la mentalité, on épinglera aussi la tactique. Alors qu'Anderlecht procède par triangles et a monopolisé le ballon 66 % du temps, le jeu offensif du Club s'est appuyé sur des courses ou des actions individuelles. Il y a un cadre, le 4-3-3, mais sans animation. Clement a tenté de fondre les îlots en un ensemble, il y est parvenu contre Newcastle, pas au Sporting. L'entraîneur intérimaire ne pèse pas assez lourd et il ne peut compter sur la fierté des joueurs. Or, le Club prend son temps dans sa quête d'un entraîneur. Il veut un consensus et Clement a son mot à dire aussi. Il n'est plus question d'erreur de casting. La modernisation du Club déplaît, l'équipe n'est pas populaire, alors imaginez que tout foire encore avec le nouvel entraîneur... Le Club s'est tourné vers le sud, alors qu'il a une tradition plutôt britannique. Le manager de Carlos Bacca a présenté Juan Carlos Garrido, ex-Villareal. Le Chilien Manuel Pellegrini a fait la grandeur de ce club avant de rejoindre le Real. Ernesto Valverde, son successeur, a échoué mais Garrido est venu à la rescousse : quatrième en championnat, demi-finaliste de l'Europa League, ce n'est pas mal. Trop de départs ont fait perdre sa substance à l'équipe et Garrido en a fait les frais. Pourquoi viendrait-il travailler chez nous ? Prenez l'avion vers l'Espagne. Elle va très mal. Dans certaines régions, des fonctionnaires locaux ne sont plus payés depuis des mois. Les indemnités de chômage sont faibles et les banques saisissent les maisons au moindre retard de paiement. Ici, l'entraîneur serait certain de toucher son salaire. Le Standard, Gand et le Club sont devenus attractifs pour les Espagnols, joueurs y compris. Mardi soir, au terme d'un long entretien au restaurant, l'affaire semblait conclue. Mais un concurrent a présenté un autre Espagnol, les partisans de Garrido y ont vu un complot car l'autre candidat était une connaissance de... Victor Vazquez. Oscar Garcia, entraîneur du Maccabi Tel Aviv, a en effet travaillé pour l'équipe B de Barcelone. VincentMannaert a démenti l'affaire, même s'il a bien reçu un courriel à ce propos. Quel que soit l'heureux élu cette semaine - le Club ne peut tergiverser, il fera face à une mission périlleuse. Il devra remonter le moral des troupes, apporter de la clarté, corriger la tactique, insuffler une nouvelle rage de vaincre au groupe. Pour cela, il faut un entraîneur chevronné. PAR PETER T'KINT - PHOTO: IMAGEGLOBE