Anderlecht traverse un petit creux et le Clasico constitue une confirmation de ce qu'on avait remarqué en match aller des demi-finales de la Coupe de Belgique contre Genk. On ne parlait que de la série de onze succès des Mauves en championnat. L'attente est alors de plus en plus élevée : gagner ne suffit plus, il faut élever sans cesse son niveau de jeu. Anderlecht n'y est pas parvenu face à un Standard bien organisé mais il ne faut pas tout jeter par la fenêtre. En infériorité numérique, que ce soit à 10 ou à 9, Anderlecht a fait preuve de caractère pour égaliser.
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Anderlecht traverse un petit creux et le Clasico constitue une confirmation de ce qu'on avait remarqué en match aller des demi-finales de la Coupe de Belgique contre Genk. On ne parlait que de la série de onze succès des Mauves en championnat. L'attente est alors de plus en plus élevée : gagner ne suffit plus, il faut élever sans cesse son niveau de jeu. Anderlecht n'y est pas parvenu face à un Standard bien organisé mais il ne faut pas tout jeter par la fenêtre. En infériorité numérique, que ce soit à 10 ou à 9, Anderlecht a fait preuve de caractère pour égaliser. La carte rouge de Milan Jovanovic est incompréhensible au regard de son métier. Il a " lâché " son équipe en bousculant bêtement et inutilement Daniel Opare. Jova s'est déjà puni lui-même en prenant la mesure de ce qu'il avait fait. Un de ses fils était en pleurs au stade, me dit-on. Il sera suspendu, c'est normal, mais cette stupidité était quand même moins grave que le coup de coude volontaire que Sacha Kljestan a offert à Buyens. Si Jova doit être sanctionné, il en va de même pour Kljestan qui a fait pire que lui. Zulte Waregem continue son bout de chemin et n'est qu'à six points d'Anderlecht au classement général. L'équipe de Francky Dury est jeune, solide, bien organisée dans tous ses secteurs. Il faut la féliciter et la prendre au sérieux, c'est. Si elle gagne son match de rattrapage à.... Anderlecht, son retard par rapport aux Bruxellois au coup d'envoi des PO1 pourrait être réduit à sa plus simple expression. Grâce à Dury, les PO1 ne se résumeront peut-être pas à un cavalier seul des Mauves.Les Belges cassent la baraque en Premier League. J'ai été sidéré par la performance de Marouane Fellaini qui se promène en Angleterre. Et cela a sauté aux yeux lors d'Everton-Aston Villa (3-3) : il n'y a pas que ses deux buts car l'ancien Standardman y a ajouté sa présence, son sens du jeu, etc. Everton devient évidemment trop petit pour lui. On parle de Marouane à Chelsea mais il peut réussir partout au top niveau. C'est le cas aussi de Christian Benteke qui vaut déjà le double des 10 millions d'euros que Genk a encaissé en le cédant à Aston Villa. Le Standard n'a jamais cru en lui, l'a loué deux fois puis vendu et est passé à côté de la montre en or. Benteke a fait le plein de confiance à Genk et à Aston Villa. Sur un de ses deux buts contre Everton, il a fait joujou avec son garde du corps. Avec lui et Romelu Lukaku, Marc Wilmots est paré en pointe. Jelle Vossen et Pelé Mboyo n'ont pas été retenus pour le match amical contre la Slovaquie. Même si le duo Benteke-Lukaku est indiscutable, ils ne doivent pas se décourager. Dries Mertens (deux buts magnifiques, deux assists) et Daniel Van Buyten ont été excellents dans leur club respectif aussi.A l'étranger, j'ai évidemment été sidéré par le retour en fanfare de Mario Balotelli en Italie. En dispute avec tout le monde à Manchester City il a tout de suite cassé la baraque avec l'AC Milan contre Udine (2-1 et deux buts de Super Mario dont un but sur penalty durant le temps additionnel) : il faut le faire. Il n'y a plus de comparaison possible avec le Standard du début de saison. Il s'agit même d'une véritable métamorphose à mettre à l'actif de MirceaRednic. Son équipe m'a laissé la meilleure impression tout au long du Clasico. Les Liégeois ont fait preuve d'une saine agressivité et, au bout du compte, ils ont perdu deux points au Stade Constant Vanden Stock, c'est tout dire. A 11 contre 10, les Rouches ont raté le coche car un troisième but était à leur portée. Les jeunes, qui globalement livrèrent un bon match, ont parfois fait les mauvais choix dans leurs contre-attaques. Cela viendra avec le métier. La deuxième carte jaune de William Vainqueur était exagérée : son tacle n'était pas condamnable. Il a touché le ballon, pas Guillaume Gillet. Ce moment a été décisif car le Standard y a perdu la moitié du coeur de son équipe, le duo Vainqueur-YoniBuyens. Vainqueur est un excellent milieu de terrain qui, quand cela chauffe, doit plus jouer avec la tête qu'avec le coeur. Sans lui, le Standard a reculé plus qu'il ne le fallait. Pour moi, Ono est peut-être monté trop vite au jeu : il a bien vu qu'un Clasico, c'est une autre paire de manches que la venue de Courtrai à Sclessin. Il y a quelques années maintenant que je ne devine plus la moindre ligne de conduite au Club Bruges. La direction change sans cesse son fusil d'épaule. Il y a d'incessants mouvements dans l'effectif. Les coaches passent et rien ne change, rien n'est clair. À Genk, Juan Carlos Garrido a essuyé sa première défaite en championnat mais, plus que cela, il n'a pas donné l'impression d'avoir avancé dans l'étude de son effectif. Ce n'est stable dans aucun secteur. Ryan Donk s'est partagé entre la défense et le rôle d'essuie-glaces. Eidur Gudjohnsen a été acquis chez le voisin du Cercle pour apporter son métier mais est resté longtemps sur le banc à Genk malgré le poids de ses 34 ans. Bruges a pris l'eau à Genk et Garrido ne donne pas l'impression de pouvoir colmater les brèches. Quelle différence par rapport à Genk. Je ne crois pas qu'elle se glissera dans le Top 3 des PO1 mais, au moins, l'équipe de Mario Been joue bien au football.PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC - PHOTOS: IMAGEGLOBE