" J'ai une conscience sociale mais je m'en méfie. D'ailleurs j'ai une Coccinelle et une Porsche 911. " Toute la sincérité mais aussi la lucidité d'un homme qui sait d'où il vient mais surtout où il va. En n'oubliant pas qui il est ni ce qu'il représente. JurgenKlinsmann est un croche-pied vivant aux bonnes convenances. Comme joueur, on avait tout le temps l'impression qu'il allait trébucher. Instable équilibre trompeur. Il allait toujours tout droit. Vite et bien. Vers le but. Buteur improbable mais plein de certitudes.
...

" J'ai une conscience sociale mais je m'en méfie. D'ailleurs j'ai une Coccinelle et une Porsche 911. " Toute la sincérité mais aussi la lucidité d'un homme qui sait d'où il vient mais surtout où il va. En n'oubliant pas qui il est ni ce qu'il représente. JurgenKlinsmann est un croche-pied vivant aux bonnes convenances. Comme joueur, on avait tout le temps l'impression qu'il allait trébucher. Instable équilibre trompeur. Il allait toujours tout droit. Vite et bien. Vers le but. Buteur improbable mais plein de certitudes. Un palmarès à faire pâlir les starlettes d'un soir. Un objectif à faire pâlir le plus gonflé des ambitieux : donner aux Américains un sport de plus pour dominer le monde. Pas de jeux de guerre mais un jeu de stratégie pacifique. Le Soccer va perdre ses accents sudistes, nordistes, estistes et ouestistes. Jurgen va faire de ces millions de petites graines US une forêt éclatante où la diversité sera reine. Dans un pays rongé par les injustices sociales liées à la naissance raciale, il est en train de créer un code social qui va permettre la justice totale. Le football offre cette merveilleuse vertu de faire de tout homme une vérité de terrain. Permettre à des Latinos, des Africains, des Polonais ou encore des Asiatiques de corriger des Américains est l'une des plus belles vertus du sport en général, du foot en particulier. Et nous, on va pas la ramener. Même si on pouvait. On les a écrasés, étouffés, bouffés à toutes les sauces . Tactiquement, physiquement, humainement, techniquement. On les a De Bruynisé, Lukakuysé. Classieusement. No match. Sweepé les Ricains. Ça va leur faire un bien fou parce qu'ils ne sont pas fous. Ils le savent, ils ne tomberont pas toujours sur des Belges intouchables. Ils reviendront plus forts. Juste une question de temps. Le temps que le bon sens et la raison aient raison de la déraison. Ce pays commence à aimer le foot mais ne le connaît pas. Jurgen s'est fait traiter de " non-Américain " parce qu'il a déclaré avant le Mondial : " Imaginer gagner la Coupe du Monde me paraît irréaliste ". Ne pas envisager la victoire n'est pas américain. Envisager de les y emmener est Klinsmanien. Le vivier est inépuisable. Faut juste organiser la bonne pêche. La bonne pioche. Souvenir de ma découverte des Amériques. 1984, promenade dans les rues. Les cours de récré offrent leur beauté juvénile aux passants. Parmi eux, moi et que vois-je ? Les gamins jouent au foot. Et plutôt les gamines. Je crois rêver. Je suis bien éveillé. Et l'éveil de mon émerveillement a mis du temps mais maintenant, l'heure est arrivée. Jurgen a pris les choses en main. Comme de rappeler que le foot se joue avec les pieds mais aussi et surtout avec la tête. In the USA, les sports sont saisonniers. 8 mois pour la NBA, 6 mois pour le foot américain et le baseball, guère plus pour le hockey sur glace. Autres biorythmes qui ne rentrent pas dans le rythme du sport roi. Donc Jurgen a tout changé. A l'école, au collège, dans les unifs et en MLS. Ce sera 10 mois de compet comme dans le reste du monde. Programme établi par lui et son staff dès les internationaux U14. Utilisation des réseaux sociaux pour expliquer et communiquer. Il envoie, en personne, des messages à toutes les équipes nationales US pour démontrer sa méthode. Celle qui a marché en Allemagne. Faut pas oublier que c'est lui qui a insufflé à la Mannschaft une nouvelle vie. Celle du foot qui passe par le talent avant le tout devant. Par la technique du caresser avant la technique de course. Celle du passage en beauté avant le passage en force. L'équipe américaine a séduit. Le monde mais aussi le peuple US. Les tellement importantes audiences Tv ont explosées. Les Ricains ont été les plus grands acheteurs de billets pour cette " Copa do Mundo ". Juste derrière les Brésiliens. 196.000 heureux ont ravi les stades de leur juvénile soutien. Le pays de l'Oncle Sam est en train d'écrire le premier tome de sa nouvelle vie footballistique. Nos Diables viennent de l'enrichir d'une belle leçon. Sûr qu'ils la retiendront. Les Américains ont été les plus grands acheteurs de billets du Mondial, juste derrière les Brésiliens.