Le cashflow n'a même pas suffi, en fin de compte, à assumer les frais courants et le remboursement des intérêts. Les banques ont donc clôturé les comptes. La FIFA ne se tracassait pas, puisque Kirch, le conglomérat allemand, était prêt à sauter dans le train. Mais voilà, Kirch quitte également le navire. Car Kirch a aussi gravement surestimé ses capacités.
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Le cashflow n'a même pas suffi, en fin de compte, à assumer les frais courants et le remboursement des intérêts. Les banques ont donc clôturé les comptes. La FIFA ne se tracassait pas, puisque Kirch, le conglomérat allemand, était prêt à sauter dans le train. Mais voilà, Kirch quitte également le navire. Car Kirch a aussi gravement surestimé ses capacités.Il a versé trop d'argent à la FIFA pour la reprise des droits sur les Coupes du Monde 2002 et 2006, alors même que le secteur avait atteint depuis longtemps son plafond. Kirch n'a pas eu le sens des réalités. Il s'est endetté en moins d'un an en revendant les droits à des partenaires TV nationaux.Le bon sens européenSachant que Kirch avait un urgent besoin d'argent liquide, ces mêmes partenaires étaient en position de force. En échange d'un paiement rapide, ils ont donc obtenu des prix plus intéressants.Ce fait, joint à l' overstretch de la F1 et à la surestimation du potentiel de la télévision payante en Europe, a fait sombrer Kirch. Dans l'Europe continentale, la télévision payante éprouvera toujours des difficultés. Les patrons des médias ne doivent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Leur surenchère pour les droits de retransmission des événements sportifs a mis à mal leur bottom-line. En outre, les Européens, emplis de bon sens, exigent un prix minimal avant de se laisser convaincre de sortir leur portefeuille pour une énième chaîne. On peut comprendre que le marché anglais soit plus facile à envahir. Fous de foot, les Anglais se moquent de ce qu'ils paient pour voir leur match à la télé. Les rentrées des médias subsidient leurs propres clients et il n'y a pratiquement pas d'offre étrangère, si ce n'est par pay-tv. Le nombrilisme japonaisLes Japonais ne se laissent pas tourner la tête. Ils ont raison. Avec sept chaînes nationales, ils n'ont absolument pas besoin de chaînes étrangères, puisqu'une faible minorité maîtrise une autre langue que le japonais. Le pays ne manque pas non plus de nombrilistes, qui considèrent le Japon comme le nec plus ultra de l'univers. Ils ont donc bien plus de points communs avec les Américains qu'on ne le croit.Ensemble, les deux chaînes payantes japonaises n'ont que cinq millions de clients. Un chiffre ridicule au bout de cinq ans, pour 127 millions d'habitants. L'avenir proche nous réserve une volée de faillites et une vague de fusions. Du coup, bon nombre de clubs, qui dépendent étroitement des chaînes payantes, vont devoir se serrer la ceinture ou déposer leur bilan. Des organismes vont disparaître exceptés ceux qui ne se sont pas laissé appâter et ont conservé un sain équilibre entre le sponsoring, les droits TV, la billetterie et le licensing. Tout en témoignant du respect au premier sponsor: le supporter.