La Pro League et ses grognards. Notre D1 et ses buteurs de longue haleine. Il y a Wesley Sonck, qui a déjà scoré près de 150 fois chez nous mais cale cette saison avec le Lierse et dont la fin de carrière semble pour demain. Il y a Kevin Vandenbergh, proche de la centaine de roses et qui s'offre une nouvelle jeunesse avec Eupen. Et Dieter Dekelver (31 ans) : près de 70 goals depuis ses débuts dans l'élite belge en 1997-1998 avec Lommel, et sa belle histoire continue.
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La Pro League et ses grognards. Notre D1 et ses buteurs de longue haleine. Il y a Wesley Sonck, qui a déjà scoré près de 150 fois chez nous mais cale cette saison avec le Lierse et dont la fin de carrière semble pour demain. Il y a Kevin Vandenbergh, proche de la centaine de roses et qui s'offre une nouvelle jeunesse avec Eupen. Et Dieter Dekelver (31 ans) : près de 70 goals depuis ses débuts dans l'élite belge en 1997-1998 avec Lommel, et sa belle histoire continue. Dekelver, pourtant, c'est l'antihéros. Il n'a pas une gueule de star. Pas une technique ou des déhanchements qui fassent rêver. Et il joue dans une équipe de Westerlo où les vedettes sont rares, où la médiatisation a toujours été très relative. Donc, on parle peu du joueur. Sans doute un tort. Epinglé dans le commentaire de Rodrigo Beenkens lors du récent match gagné contre Anderlecht : " Dieter Dekelver est un des attaquants les plus sous-estimés de notre football. " Ce soir-là, il a de nouveau tapé les Mauves en marquant le deuxième but campinois. Qui, en D1 belge, a déjà marqué autant de buts que lui contre Anderlecht ? Personne ! Il en a mis six, et chaque fois, ça a rapporté des points. Il a réussi l'exploit avec Lommel, avec le Cercle et avec Westerlo. Dekelver a eu des trous dans son parcours, il a joué quelques saisons en D2 avec Lommel et le Brussels, mais ça ne l'empêche pas d'être le meilleur face au meilleur club de Belgique. Depuis quelques semaines, il tourne à plein régime. Il a crucifié Anderlecht, il a aidé Westerlo à se qualifier pour les demi-finales de la Coupe en étant efficace contre le Lierse, il a inscrit le seul but du match au Cercle. De quoi dérider Jan Ceulemans et gagner enfin une place régulière dans l'équipe de base ? Pas sûr, car le coach a souvent du mal à faire confiance au buteur. Dekelver n'a pas été 15 fois titulaire depuis l'été et il est monté une dizaine de fois en cours de match. " C'est frustrant de ne pas recevoir sa chance quand on se sent bien. " Son problème est qu'il a des attaquants plus sexys pour lui faire concurrence : le Péruvien Daniel Chavez, le Colombien Jaime Alfonso Ruiz, les Brésiliens Paulo Henrique et Liliu Ellinton, l'Ukrainien Sasha Iakovenko. Dekelver reconnaît une évidence : " Tous ces gars-là savent peut-être mieux jouer au foot que moi. Mais il faut aussi tenir compte de l'efficacité. Et sur ce plan-là, peu de joueurs ont des leçons à me donner. Henrique et Iakovenko savent faire le spectacle, créer des actions spectaculaires, mais moi, je suis un pur finisseur. Dès que je suis en confiance, que je me sens bien dans ma peau, les ballons rentrent seuls dans le but. Qu'on fasse mon ratio nombre de minutes jouées/buts marqués : ce n'est pas mal. " Encore une autre pique gentillette aux coéquipiers sud-américains : " Ils parlent espagnol et portugais, c'est un avantage pour eux de pouvoir communiquer dans une langue commune et ils en profitent. Mais je joue au foot depuis suffisamment longtemps pour savoir que j'ai aussi des qualités, hein ! "Dekelver avait autrefois été presque viré du Brussels parce que Johan Vermeersch le trouvait insuffisant pour son équipe qui était pourtant en D2. Depuis qu'il a dû quitter la capitale, il a régulièrement fait mal à tous les grands : à Anderlecht, mais aussi au Standard, à Genk et au Club Bruges. Chaque fois ou presque, ces rendez-vous de prestige l'inspirent. " Je peux marquer contre n'importe quel adversaire. Il y a des footballeurs qui se paralysent quand il y a de la pression et du monde dans le stade. Moi, au contraire, ça me libère, ça me sublime. Ce sont aussi les seuls soirs où on parle un peu de Westerlo et j'aime ça. " La saison passée, il a plus d'une fois sorti son équipe de la mouise à une période où elle ramait. C'est à ce moment-là qu'il est devenu le chouchou du Kuipje. C'est depuis cette bonne passe que des coéquipiers le surnomment le Roy Makaay de la Campine. Il sourit : " Si je pouvais arriver à sa cheville, ce serait déjà bien. Makaay aussi avait la faculté d'exploser dans les grands rendez-vous. " Et les prochains moments chauds pour Westerlo, ce sont les matches de demi-finale de Coupe contre le Cercle. Encore un adversaire pas comme un autre pour Dekelver, qui n'y a laissé que des bons souvenirs (22 buts en 76 apparitions). Dans les deux matches contre les Brugeois en championnat, cette saison, il a marqué et a été décisif. Il est suspendu pour l'aller de ce mercredi soir mais est zen : " Pendant des années, le Cercle a été la bête noire de Westerlo. Nous ne prenions presque jamais rien contre eux. Maintenant, nous avons un avantage psychologique parce que nous avons pris six points sur six. Notre championnat est fort mitigé, nous devons faire un truc en Coupe et jouer la finale. " PAR PIERRE DANVOYE - PHOTO: IMAGEGLOBE Qui, en D1 belge, a déjà marqué autant de buts que lui contre Anderlecht ? Personne !