+

Kevin Vandenbergh est un véritable renard des surfaces, qui, quand il évolue dans une équipe qui se crée des occasions, parvient à trouver facilement le chemin des filets. Bon sang ne peut mentir, on peut le considérer comme le digne successeur de son père Erwin, buteur patenté s'il en est. Même si ce sera difficile pour lui d'atteindre le même quota de buts que son paternel, le joueur d'Eupen fait partie de la race des vrais finisseurs. Les buts marqués samedi à Sclessin (dont le premier à la Gerd Müller comme en finale de Coupe du Monde 74) en sont la preuve éclatante.
...

Kevin Vandenbergh est un véritable renard des surfaces, qui, quand il évolue dans une équipe qui se crée des occasions, parvient à trouver facilement le chemin des filets. Bon sang ne peut mentir, on peut le considérer comme le digne successeur de son père Erwin, buteur patenté s'il en est. Même si ce sera difficile pour lui d'atteindre le même quota de buts que son paternel, le joueur d'Eupen fait partie de la race des vrais finisseurs. Les buts marqués samedi à Sclessin (dont le premier à la Gerd Müller comme en finale de Coupe du Monde 74) en sont la preuve éclatante. L'ex-international belge est doté d'une très bonne frappe de balle. Bien que droitier, il se débrouille également avec son deuxième pied. Il possède une spontanéité dans l'enchaînement contrôle-frappe qui lui permet d'être un danger permanent pour le gardien adverse. Il hésite rarement quand le ballon retombe dans ses parages en zone de finition et ses gestes naturels lui facilitent la tâche quand il doit terminer les actions. Quand il est face au gardien, il enroule très bien ses frappes. Il fait preuve d'un excellent feeling devant le but adverse. Il sent où le ballon va arriver et quand un défenseur commet une bourde dans son propre rectangle, il est très souvent présent sur le deuxième ballon. Son anticipation sur les centres est également d'un très bon niveau. Il devine littéralement la trajectoire du centre du partenaire Il réagit en conséquence en coupant la trajectoire par un appel au premier piquet ou en rodant face au but voire en attendant le cuir au second poteau. L'ancien élève de Jan Ceulemans à Westerlo maîtrise la plupart des gestes techniques de base. Son dribble est de bonne qualité mais il s'appuie plus sur la lecture du comportement de l'adversaire que sur des trouvailles techniques exceptionnelles. Il parvient à éliminer son opposant direct en l'incitant à se jeter dans ses pieds, profitant ainsi du fait que l'adversaire doive se retourner pour tenter de revenir. La vitesse sur les premiers mètres est d'un très bon niveau. Il amplifie cette qualité en démarrant avant son défenseur et en utilisant parfaitement le contrôle orienté pour gagner du terrain sur les premiers appuis. Il pivote aussi très vite que ce soit avec ou sans ballon. Par contre, sur 30-40 mètres, il manque clairement de puissance. La volée fait partie de ses grandes spécificités. Un ballon qui traîne dans les airs à hauteur de pied et à proximité du but se transforme presque toujours en une frappe cadrée, précise et bien appuyée. Il est aussi capable de volleyer du pied gauche avec une très grande efficacité. A 27 ans, il possède déjà une belle expérience du foot de haut niveau même si son palmarès se limite à une Coupe de Belgique. Il a débuté très jeune à Westerlo (17 ans) et sa progression avec son transfert à Genk lui a permis de franchir un palier. Son expérience à Utrecht, même si elle ne fut pas une grande réussite, lui a quand même apporté un vécu supplémentaire. Kevin est quelqu'un qui doit évoluer dans une position axiale qui le place le plus souvent possible en situation de finisseur. Il est aussi très à l'aise quand il décroche pour évoluer en tant que pivot et son jeu en déviation est d'excellent niveau. Quand il doit conserver le ballon en attendant que le bloc remonte le terrain, il se montre adroit et permet à son équipe de prendre possession de la moitié de terrain adverse. Avec son 1m79 et ses 71 kilos, le numéro 83 (son année de naissance) d'Eupen est plutôt d'un gabarit léger. Bien qu'il utilise toute son expérience et les ficelles du métier, il manque de force dans les duels. Il éprouve des difficultés face à des adversaires très athlétiques. Il résiste difficilement aux charges et il préfère alors se faire oublier pour surgir au bon moment. Depuis qu'il a quitté Genk en 2007, sa carrière se traîne un peu. Toutes ses stats sont en baisse, que ce soit le nombre de rencontres disputées ou le total de buts inscrits. Son expérience à Eupen va être déterminante pour son avenir et un sauvetage des germanophones, accompagné de beaucoup de temps de jeu en étant décisif, pourrait lui permettre de la relancer. Malgré le fait qu'il est adroit sur les ballons aériens traînant dans les 16 mètres, il se montre très peu présent dans les vrais duels de la tête. Sa taille est un handicap et il doit souvent, à sa décharge, rivaliser avec des adversaires type double mètre... Son volume de jeu est clairement insuffisant et, quand il décide de sortir de son rôle dans l'axe, son rendement s'en ressent immédiatement. Sa zone d'action privilégiée se situe plein centre, dans les 30 derniers mètres et sa capacité à déborder pour amener le danger devant le but pour ses partenaires se résume à la portion congrue. Kevin est quelqu'un qui manque un peu de force mentale. Le passage à vide qu'il connaît depuis trois ans le confirme. Le fait que son club relève la tête va lui faire du bien. Quand son équipe traverse une période négative, il ne faut compter sur lui pour qu'il se comporte en leader, emmenant tout le monde dans son sillage. Comme beaucoup de vrais buteurs, c'est quelqu'un qui connaît beaucoup de moments creux durant un match. On peut évidemment prétendre qu'il adopte cette attitude pour se faire oublier et surgir au moment opportun. Pourtant, une plus grande implication dans le jeu donnerait plus de crédit à ses prestations. Il est encore trop tributaire du fait de marquer. Son jeu en perte de balle et son repositionnement défensif sont nettement insuffisants même si, à ce niveau, Albert Cartier lui en demande plus que ses précédents coaches. Il manque d'intelligence tactique pour éviter de faire des efforts superflus. Analyser la situation ou anticiper le comportement des adversaires équivaudrait à éviter certaines courses et certains sprints pour couper les angles ou pour réaliser un pressing. né en 1963, étienne delangre joua comme défenseur au standard de 1981 à 1992 (267m en d1 et 6b, champion en 82 et 83). ex-chargé de cours à l'école du heysel, il coacha de la P1 à la d1 (charleroi). PAR ÉTIENNE DELANGRE