L'interview accordée la semaine passée par Roger Vanden Stock au quotidien De Morgen, après des mois de silence, avait quelque chose de contradictoire. D'un côté, l'ancien président d'Anderlecht affirme être désormais très heureux. Il se rend même à l'église pour y méditer et a de longs entretiens avec un abbé. On n'avait jamais décelé pareille spiritualité en lui. D'autre part, tout ce qui s'est produit les derniers mois l'ont profondément frustré : la rupture avec une riche histoire, le changement de nom du stade et beaucoup d'autres choses. Certaines déclarations sont étonnantes dans le chef de l'ancien président et égratignent la classe d'Anderlecht.

Chaque transfert d'Anderlecht comporte un risque.

Marc Coucke n'a pu s'empêcher de réagir par des tweets empoisonnés. Ce n'est pas raisonnable. Quand on occupe sa fonction, on doit rester au-dessus de la mêlée, contrôler ses émotions et se concentrer sur le présent. Mais sa réaction révèle surtout que Coucke se met la pression. Son passage à Anderlecht n'est toujours pas un succès. Les personnes qu'il a emmenées d'Ostende et qui, pour la plupart, ont déjà disparu, le jeu insipide, sans la moindre fulgurance... Il doit se regarder dans le miroir.

Vincent Kompany est tombé du ciel comme un ange salvateur mais ses idées requièrent du temps. Deux sur neuf, ce n'est pas ce qu'on espérait de ce transfert annoncé à cor et à cri. Et qu'a-t-il dû penser, la semaine passée, quand Anderlecht a présenté son nouveau gardien, Hendrik Van Crombrugge, avec tout notre respect, alors que le Club Bruges enrôlait au même moment Simon Mignolet ? Est-ce le symbole de nouveaux rapports de force ?

Pourtant, Anderlecht est clairement dans une spirale positive. Vincent Kompany cherche, tâtonne, il a déjà fait appel à 22 joueurs en trois matches et constate que le noyau recèle un grand potentiel. Contre Malines, le Sporting a bien joué, par moments. Seule la finition a fait défaut. Et quelqu'un qui délivre des centres depuis les flancs.

C'est dans ce contexte qu'il faut placer l'arrivée de Nacer Chadli, même si le Diable Rouge piétine depuis plus d'un an. C'est d'ailleurs frappant dans la gestion des transferts d'Anderlecht : quasi chaque transfert comporte un risque. Comme on le voit avec Samir Nasri, par exemple.

Maintenant, il appartient à Kemar Roofe de porter le poids de l'attaque. N'attend-on pas trop d'un avant qui est issu de Leeds, un club de division deux ? En plus, Roofe était blessé à son arrivée. Anderlecht oeuvre à sa reconstruction sans que quiconque se préoccupe de sa maigre récolte de points. Samedi, il se déplace à Courtrai, avant le premier choc, à Genk.

Le champion a un passage à vide. Un football sans piment contre Zulte Waregem, beaucoup de doutes, la peur au ventre en possession du ballon, des passes plus souvent en arrière que vers l'avant. Comment est-ce possible dans le chef d'une équipe qui s'appuyait sur ses atouts la saison dernière et paraissait invincible ? Naturellement, il y a eu des changements. Un autre entraîneur, un nouveau style de jeu, le départ de deux piliers. Mais le cadre est resté intact.

Felice Mazzù, dont les méthodes semblent pourtant appréciées à Genk, ne réalise pas une bonne entrée en matière. Il exige maintenant une réaction de ses joueurs. Mais combien de fois n'entend-on pas ce genre de déclaration dans la bouche d'un entraîneur qui vient de perdre ?

Cette compétition a débuté avec un FC Malines qui continue à surprendre et un Mouscron tout aussi étonnant. Après Bernd Storck, il a enrôlé en Bernd Hollerbach un autre entraîneur complètement inconnu au pays. Il a vendu les joueurs à partir desquels il avait formé l'équipe la saison passée. Ça ne semble pas perturber celle-ci. Certains hommes revivent. Ce week-end, Mouscron va continuer à chercher ses limites. Au Standard.

Michael Verschueren et Nacer Chadli, Photo News
Michael Verschueren et Nacer Chadli © Photo News
L'interview accordée la semaine passée par Roger Vanden Stock au quotidien De Morgen, après des mois de silence, avait quelque chose de contradictoire. D'un côté, l'ancien président d'Anderlecht affirme être désormais très heureux. Il se rend même à l'église pour y méditer et a de longs entretiens avec un abbé. On n'avait jamais décelé pareille spiritualité en lui. D'autre part, tout ce qui s'est produit les derniers mois l'ont profondément frustré : la rupture avec une riche histoire, le changement de nom du stade et beaucoup d'autres choses. Certaines déclarations sont étonnantes dans le chef de l'ancien président et égratignent la classe d'Anderlecht. Marc Coucke n'a pu s'empêcher de réagir par des tweets empoisonnés. Ce n'est pas raisonnable. Quand on occupe sa fonction, on doit rester au-dessus de la mêlée, contrôler ses émotions et se concentrer sur le présent. Mais sa réaction révèle surtout que Coucke se met la pression. Son passage à Anderlecht n'est toujours pas un succès. Les personnes qu'il a emmenées d'Ostende et qui, pour la plupart, ont déjà disparu, le jeu insipide, sans la moindre fulgurance... Il doit se regarder dans le miroir. Vincent Kompany est tombé du ciel comme un ange salvateur mais ses idées requièrent du temps. Deux sur neuf, ce n'est pas ce qu'on espérait de ce transfert annoncé à cor et à cri. Et qu'a-t-il dû penser, la semaine passée, quand Anderlecht a présenté son nouveau gardien, Hendrik Van Crombrugge, avec tout notre respect, alors que le Club Bruges enrôlait au même moment Simon Mignolet ? Est-ce le symbole de nouveaux rapports de force ? Pourtant, Anderlecht est clairement dans une spirale positive. Vincent Kompany cherche, tâtonne, il a déjà fait appel à 22 joueurs en trois matches et constate que le noyau recèle un grand potentiel. Contre Malines, le Sporting a bien joué, par moments. Seule la finition a fait défaut. Et quelqu'un qui délivre des centres depuis les flancs. C'est dans ce contexte qu'il faut placer l'arrivée de Nacer Chadli, même si le Diable Rouge piétine depuis plus d'un an. C'est d'ailleurs frappant dans la gestion des transferts d'Anderlecht : quasi chaque transfert comporte un risque. Comme on le voit avec Samir Nasri, par exemple. Maintenant, il appartient à Kemar Roofe de porter le poids de l'attaque. N'attend-on pas trop d'un avant qui est issu de Leeds, un club de division deux ? En plus, Roofe était blessé à son arrivée. Anderlecht oeuvre à sa reconstruction sans que quiconque se préoccupe de sa maigre récolte de points. Samedi, il se déplace à Courtrai, avant le premier choc, à Genk. Le champion a un passage à vide. Un football sans piment contre Zulte Waregem, beaucoup de doutes, la peur au ventre en possession du ballon, des passes plus souvent en arrière que vers l'avant. Comment est-ce possible dans le chef d'une équipe qui s'appuyait sur ses atouts la saison dernière et paraissait invincible ? Naturellement, il y a eu des changements. Un autre entraîneur, un nouveau style de jeu, le départ de deux piliers. Mais le cadre est resté intact. Felice Mazzù, dont les méthodes semblent pourtant appréciées à Genk, ne réalise pas une bonne entrée en matière. Il exige maintenant une réaction de ses joueurs. Mais combien de fois n'entend-on pas ce genre de déclaration dans la bouche d'un entraîneur qui vient de perdre ? Cette compétition a débuté avec un FC Malines qui continue à surprendre et un Mouscron tout aussi étonnant. Après Bernd Storck, il a enrôlé en Bernd Hollerbach un autre entraîneur complètement inconnu au pays. Il a vendu les joueurs à partir desquels il avait formé l'équipe la saison passée. Ça ne semble pas perturber celle-ci. Certains hommes revivent. Ce week-end, Mouscron va continuer à chercher ses limites. Au Standard.