Pour la quatrième fois en autant de rencontres disputées cette saison, le FC Brussels a encaissé un but. Mais contrairement à ce qui s'était déroulé contre Genk, Lokeren et La Louvière, celui encaissé au Standard, n'a pas porté à conséquence. Les Coalisés, qui n'avaient trouvé l'ouverture qu'à une seule occasion jusqu'ici, ont effectivement frappé fort à Sclessin où ils ont obligé Vedran Runje à se retourner à trois reprises.

" Au cours des trois matches précédents, nous étions parvenus à dérégler le jeu de l'adversaire, mais sans pouvoir imposer notre propre griffe en temps opportun ", commente le portier Patrick Nys, auteur d'une performance irréprochable dans l'antre des Rouches. " A présent, nous sommes non seulement parvenus à juguler parfaitement l'opposition, mais nos propres initiatives ont été couronnées de succès aussi. Toute l'équipe a joué un match plein et n'a donc nullement volé cette toute première victoire parmi l'élite ".

Zéro sur six face à Genk et Lokeren, puis quatre sur six devant La Louvière et le Standard : le FC Brussels est-il lancé ?

La situation que je vis actuellement me rappelle celle que j'ai connue à Genclerbirligi. Ici, j'ai commencé avec un titre en D2, la saison passée, tout en peinant un peu en ce début de compétition. En Turquie, au bout de ma première campagne, en 2001, j'avais remporté la coupe nationale avant de marquer le pas, avec le club d'Ankara, lors de la reprise. Ce qui ne nous avait pas empêchés d'opérer une belle remontée au classement, par la suite, et de nous qualifier en UEFA. Je ne prétends pas que le dénouement sera le même pour le Brussels mais je m'attends néanmoins à ce que nous prenions de la hauteur nous aussi pendant les mois à venir.

La transition n'est-elle pas énorme entre le championnat turc et l'élite du football belge ?

Après ces deux années formidables à l'étranger, j'espérais sincèrement me recaser dans une équipe de bon niveau en Belgique. Mais, sous cet angle-là, la désillusion aura été complète pour moi. Hormis Dessel Sport, absolument personne ne m'a fait un appel du pied. Loin des yeux, loin du c£ur, c'est bien connu. Cette expression-là, je l'ai malheureusement vérifiée plus d'une fois lors de mon expérience hors frontières. Je ne comprends toujours pas, par exemple, pourquoi je n'ai jamais fait l'objet d'un scouting chez les Diables, alors que ma cote, en Turquie, était égale à celle du gardien de la sélection de ce pays, Recber Rüstü. Si Rony Gaspercic et Erwin Lemmens, actifs en Liga espagnole, ont bénéficié de cet honneur, je me demande pour quelle raison on me l'a refusé. Aujourd'hui, à près de 36 ans, il est évidemment trop tard.

Malgré tout, vous avez été approché par Ankaraspor cet été. La preuve que votre aura est toujours intacte là-bas. Pourquoi ne pas y avoir donné suite ?

J'ai toujours soutenu que si je devais retourner en Turquie un jour, c'était pour militer dans l'un des trois grands d'Istanbul : Fenerbahce, Galatasaray ou Besiktas. Pendant l'intersaison 2001, les Sang et Or de la capitale songèrent à moi pour remplacer Claudio Taffarel. Mais le président de Genclerbirligi, Ilhan Cavcav, réclama ni plus ni moins 20 millions de dollars en échange de ma liberté. A ce prix-là, chacun aura compris que les discussions furent de très courte durée (il rit). C'est dommage car à défaut de porter un jour le maillot de la Belgique, c'eût été une belle revanche, pour moi, de disputer la Ligue des Champions avec le Gala. Cette perspective ne m'était évidemment pas offerte avec Ankaraspor, néo-promu parmi l'élite cette saison. Mais j'étais quand même flatté que l'entraîneur de cette formation, Samet Aybaba, que j'avais connu à Gencler, ait songé prioritairement à moi. C'est la preuve que j'avais marqué les esprits là-bas et qu'on m'y tient toujours en haute estime.

Davantage qu'au Brussels, qui s'était assuré les services d'Istvan Dudas entre-temps ?

Il y a quelques années, j'aurais peut-être mal encaissé une telle venue. Au cours de mon séjour à Lommel, de 1997 à 99, je me souviens d'une lutte très âpre avec Jacky Mathijssen, où aucun d'entre nous ne voulait céder d'un pouce face à son concurrent. Et ce, avec pertes et fracas quelquefois. A présent, j'aborde les événements avec nettement plus de sérénité. Je me dis que si le club a transféré l'ancien portier de Charleroi, ce n'est sûrement pas en raison d'un keeping approximatif tout au long du championnat écoulé. Car quoique je le dise moi-même, je n'ai pas eu grand-chose à me reprocher au cours de tous ces mois. Contrairement à ce qui s'était déroulé à Dessel Sport, en 2002-03, où j'étais passé complètement à côté de mon sujet. J'ai sans doute livré là-bas les pires prestations de ma carrière.

Du vin à table

Y avait-il une explication à cette méforme ?

Je venais de vivre une deuxième expérience exaltante en Turquie, avec une nouvelle qualification européenne à la clé. Et voilà que du jour au lendemain, pour ainsi dire, je quittais l'effervescence d'Ankara pour l'ambiance feutrée du petit club campinois. Au départ, j'ai poursuivi sur ma lancée de Genclerbirligi en réalisant quelques matches de très bonne facture. Mais comme victoires et défaites étaient manifestement reçues d'un même front à Dessel Sport, j'ai rapidement perdu mon spirit. Moi qui avais toujours été adepte d'une préparation monacale avant un match, avec eau et pigeonneau au menu, j'en étais arrivé à faire n'importe quoi aux abords d'une rencontre. Je me permettais même du vin à table, ce qui était tout simplement impensable auparavant. Sur base de mes performances, jamais je n'aurais dû intéresser le moindre candidat acquéreur durant cette période. Ma chance, ce fut Harm Van Veldhoven, nommé coach du RWDM en 2003-04. Il m'avait eu sous ses ordres à Lommel et savait ce dont j'étais capable. Sous sa coupe, je me suis complètement relancé. Et j'ai réalisé une saison plus qu'honorable.

La tension est-elle la même pour un gardien selon que son club joue la tête en D2 ou, au contraire, qu'il se bat pour sa survie parmi l'élite ?

Personnellement, je me sens tout de même plus serein aujourd'hui. La saison passée, mes coéquipiers et moi-même n'avions pas le droit à l'erreur. C'était le titre ou rien. Même le tour final était considéré comme un pis-aller. Cette fois, tout ce que la direction nous demande, c'est de réaliser le maintien. L'objectif me paraît plus facile car une demi-douzaine d'équipes au moins sont concernées par la lutte en bas de tableau. Elle promet d'être indécise jusqu'au bout. Mais j'ai bon espoir pour nous. Le Brussels a un véritable fonds de jeu, ce qui ne se vérifie pas toujours chez les autres menacés. Notre seul problème, c'est la finition, même si nous avons réussi au-delà des espérances à Sclessin. Ceci dit, avec l'apport de l'un ou l'autre renfort, nous devrions pouvoir résoudre ce manquement.

Vous aviez déjà goûté au football au plus haut niveau, chez nous, avec le Beerschot à la fin des années 80 ainsi qu'avec Lommel et le Lierse en fin de décennie suivante. Mais votre trajectoire sportive vous a mené aussi à Vorselaar, Hasselt, Beringen et Turnhout. N'est-ce pas étonnant pour celui qui fut désigné un jour roi de Turquie avec Genclerbirligi ?

Peut-être, mais j'ai souvent choisi de reculer pour mieux sauter. Lors de mes premiers pas à Grobbendonk, je ne faisais sûrement pas partie des meilleurs de ma corporation. En réalité, ce n'est qu'à l'âge de 16 ans que j'ai décollé, d'abord au sein du club où je m'étais affilié en bas âge, puis au Lierse. Un an après mon arrivée au Lisp, j'ai dû un jour remplacer Dany Verlinden au pied levé. Ce match contre Assent avait tourné à la déconfiture pour moi. Il s'était peut-être soldé par un nul vierge mais je n'avais pas fait preuve d'une grande autorité. Au bout d'un an à peine, je m'étais fait la réflexion qu'il valait mieux repartir sur de nouvelles bases ailleurs. Ce fut le Beerschot où, en tant que jeunot, j'ai beaucoup appris au contact de Peter Kerremans. Après trois ans, et une seule apparition parmi l'élite, j'ai estimé qu'il était grand temps de devenir titulaire. Cette occasion, je l'ai saisie à Vorselaar, en Promotion. A partir de ce moment, je n'ai cessé de progresser puisque j'ai transité par tous les autres échelons avant d'aboutir à Lommel, en D1. C'est là que je me suis finalement installé dans la durée, avec 62 rencontres à mon actif au sein du club campinois. Du coup, j'étais lancé. Je ne saurais trop conseiller aux jeunes d'imiter mon exemple. Certains rechignent à descendre dans la hiérarchie sous prétexte qu'on les perdra de vue à ce niveau. Je ne suis pas de cet avis : si un joueur est bon, il sera automatiquement repéré. Quelle que soit la division où il évolue.

Que réserve l'avenir au FC Brussels ainsi qu'à vous-même ?

J'ai paraphé un contrat de deux ans cet été. Mon souhait est de contribuer au maintien du club parmi l'élite, cette saison, avant de viser une place dans le ventre mou l'année prochaine. J'aurai près de 38 ans à ce moment-là et peut-être le moment sera-t-il venu, alors, de tirer ma révérence. Une chose est sûre : j'éprouve de bonnes sensations à tous niveaux aujourd'hui. Je me sens à la fois bien dans mon corps et dans ma tête. J'en suis redevable en grande partie à l'entraîneur des gardiens du club, Luc Duville. C'est le meilleur que j'aie connu à ce poste, tout simplement. Au cours de ma carrière, j'ai eu droit à quelques maîtres de choix sur le terrain. Comme l'ancien monument du Lierse, Carl Engelen, ou encore Lucien Huth, qui s'occupa de Michel Preud'homme à Benfica. Mais l'Anversois ne visait que sa propre gloriole. Avec lui, je me demandais parfois qui entraînait qui. C'est tout à fait différent aujourd'hui, avec un coach personnel qui vit dans l'ombre mais qui me pousse en pleine lumière. Cette première victoire au Standard, je la lui dédie d'ailleurs.

Quelle est la différence entre le Patrick Nys actuel et celui qui fit ses grands débuts au Beerschot en 1988 ?

Je suis beaucoup plus serein. Plus complet aussi. Et, ce qui ne gâte rien, j'apprends encore tous les jours. Depuis qu'il a pris les rênes du Brussels en mains, le coach Emilio Ferrera me demande d'anticiper le plus possible. Par la force des choses, je suis devenu un keeper volant alors que jadis, je n'osais pas trop me jeter dans la mêlée.

Bruno Govers

" Pourquoi n'ai-je jamais fait l'objet d'un SCOUTING CHEZ LES DIABLES ?"

Pour la quatrième fois en autant de rencontres disputées cette saison, le FC Brussels a encaissé un but. Mais contrairement à ce qui s'était déroulé contre Genk, Lokeren et La Louvière, celui encaissé au Standard, n'a pas porté à conséquence. Les Coalisés, qui n'avaient trouvé l'ouverture qu'à une seule occasion jusqu'ici, ont effectivement frappé fort à Sclessin où ils ont obligé Vedran Runje à se retourner à trois reprises. " Au cours des trois matches précédents, nous étions parvenus à dérégler le jeu de l'adversaire, mais sans pouvoir imposer notre propre griffe en temps opportun ", commente le portier Patrick Nys, auteur d'une performance irréprochable dans l'antre des Rouches. " A présent, nous sommes non seulement parvenus à juguler parfaitement l'opposition, mais nos propres initiatives ont été couronnées de succès aussi. Toute l'équipe a joué un match plein et n'a donc nullement volé cette toute première victoire parmi l'élite ". La situation que je vis actuellement me rappelle celle que j'ai connue à Genclerbirligi. Ici, j'ai commencé avec un titre en D2, la saison passée, tout en peinant un peu en ce début de compétition. En Turquie, au bout de ma première campagne, en 2001, j'avais remporté la coupe nationale avant de marquer le pas, avec le club d'Ankara, lors de la reprise. Ce qui ne nous avait pas empêchés d'opérer une belle remontée au classement, par la suite, et de nous qualifier en UEFA. Je ne prétends pas que le dénouement sera le même pour le Brussels mais je m'attends néanmoins à ce que nous prenions de la hauteur nous aussi pendant les mois à venir. Après ces deux années formidables à l'étranger, j'espérais sincèrement me recaser dans une équipe de bon niveau en Belgique. Mais, sous cet angle-là, la désillusion aura été complète pour moi. Hormis Dessel Sport, absolument personne ne m'a fait un appel du pied. Loin des yeux, loin du c£ur, c'est bien connu. Cette expression-là, je l'ai malheureusement vérifiée plus d'une fois lors de mon expérience hors frontières. Je ne comprends toujours pas, par exemple, pourquoi je n'ai jamais fait l'objet d'un scouting chez les Diables, alors que ma cote, en Turquie, était égale à celle du gardien de la sélection de ce pays, Recber Rüstü. Si Rony Gaspercic et Erwin Lemmens, actifs en Liga espagnole, ont bénéficié de cet honneur, je me demande pour quelle raison on me l'a refusé. Aujourd'hui, à près de 36 ans, il est évidemment trop tard. J'ai toujours soutenu que si je devais retourner en Turquie un jour, c'était pour militer dans l'un des trois grands d'Istanbul : Fenerbahce, Galatasaray ou Besiktas. Pendant l'intersaison 2001, les Sang et Or de la capitale songèrent à moi pour remplacer Claudio Taffarel. Mais le président de Genclerbirligi, Ilhan Cavcav, réclama ni plus ni moins 20 millions de dollars en échange de ma liberté. A ce prix-là, chacun aura compris que les discussions furent de très courte durée (il rit). C'est dommage car à défaut de porter un jour le maillot de la Belgique, c'eût été une belle revanche, pour moi, de disputer la Ligue des Champions avec le Gala. Cette perspective ne m'était évidemment pas offerte avec Ankaraspor, néo-promu parmi l'élite cette saison. Mais j'étais quand même flatté que l'entraîneur de cette formation, Samet Aybaba, que j'avais connu à Gencler, ait songé prioritairement à moi. C'est la preuve que j'avais marqué les esprits là-bas et qu'on m'y tient toujours en haute estime. Il y a quelques années, j'aurais peut-être mal encaissé une telle venue. Au cours de mon séjour à Lommel, de 1997 à 99, je me souviens d'une lutte très âpre avec Jacky Mathijssen, où aucun d'entre nous ne voulait céder d'un pouce face à son concurrent. Et ce, avec pertes et fracas quelquefois. A présent, j'aborde les événements avec nettement plus de sérénité. Je me dis que si le club a transféré l'ancien portier de Charleroi, ce n'est sûrement pas en raison d'un keeping approximatif tout au long du championnat écoulé. Car quoique je le dise moi-même, je n'ai pas eu grand-chose à me reprocher au cours de tous ces mois. Contrairement à ce qui s'était déroulé à Dessel Sport, en 2002-03, où j'étais passé complètement à côté de mon sujet. J'ai sans doute livré là-bas les pires prestations de ma carrière. Je venais de vivre une deuxième expérience exaltante en Turquie, avec une nouvelle qualification européenne à la clé. Et voilà que du jour au lendemain, pour ainsi dire, je quittais l'effervescence d'Ankara pour l'ambiance feutrée du petit club campinois. Au départ, j'ai poursuivi sur ma lancée de Genclerbirligi en réalisant quelques matches de très bonne facture. Mais comme victoires et défaites étaient manifestement reçues d'un même front à Dessel Sport, j'ai rapidement perdu mon spirit. Moi qui avais toujours été adepte d'une préparation monacale avant un match, avec eau et pigeonneau au menu, j'en étais arrivé à faire n'importe quoi aux abords d'une rencontre. Je me permettais même du vin à table, ce qui était tout simplement impensable auparavant. Sur base de mes performances, jamais je n'aurais dû intéresser le moindre candidat acquéreur durant cette période. Ma chance, ce fut Harm Van Veldhoven, nommé coach du RWDM en 2003-04. Il m'avait eu sous ses ordres à Lommel et savait ce dont j'étais capable. Sous sa coupe, je me suis complètement relancé. Et j'ai réalisé une saison plus qu'honorable. Personnellement, je me sens tout de même plus serein aujourd'hui. La saison passée, mes coéquipiers et moi-même n'avions pas le droit à l'erreur. C'était le titre ou rien. Même le tour final était considéré comme un pis-aller. Cette fois, tout ce que la direction nous demande, c'est de réaliser le maintien. L'objectif me paraît plus facile car une demi-douzaine d'équipes au moins sont concernées par la lutte en bas de tableau. Elle promet d'être indécise jusqu'au bout. Mais j'ai bon espoir pour nous. Le Brussels a un véritable fonds de jeu, ce qui ne se vérifie pas toujours chez les autres menacés. Notre seul problème, c'est la finition, même si nous avons réussi au-delà des espérances à Sclessin. Ceci dit, avec l'apport de l'un ou l'autre renfort, nous devrions pouvoir résoudre ce manquement. Peut-être, mais j'ai souvent choisi de reculer pour mieux sauter. Lors de mes premiers pas à Grobbendonk, je ne faisais sûrement pas partie des meilleurs de ma corporation. En réalité, ce n'est qu'à l'âge de 16 ans que j'ai décollé, d'abord au sein du club où je m'étais affilié en bas âge, puis au Lierse. Un an après mon arrivée au Lisp, j'ai dû un jour remplacer Dany Verlinden au pied levé. Ce match contre Assent avait tourné à la déconfiture pour moi. Il s'était peut-être soldé par un nul vierge mais je n'avais pas fait preuve d'une grande autorité. Au bout d'un an à peine, je m'étais fait la réflexion qu'il valait mieux repartir sur de nouvelles bases ailleurs. Ce fut le Beerschot où, en tant que jeunot, j'ai beaucoup appris au contact de Peter Kerremans. Après trois ans, et une seule apparition parmi l'élite, j'ai estimé qu'il était grand temps de devenir titulaire. Cette occasion, je l'ai saisie à Vorselaar, en Promotion. A partir de ce moment, je n'ai cessé de progresser puisque j'ai transité par tous les autres échelons avant d'aboutir à Lommel, en D1. C'est là que je me suis finalement installé dans la durée, avec 62 rencontres à mon actif au sein du club campinois. Du coup, j'étais lancé. Je ne saurais trop conseiller aux jeunes d'imiter mon exemple. Certains rechignent à descendre dans la hiérarchie sous prétexte qu'on les perdra de vue à ce niveau. Je ne suis pas de cet avis : si un joueur est bon, il sera automatiquement repéré. Quelle que soit la division où il évolue. J'ai paraphé un contrat de deux ans cet été. Mon souhait est de contribuer au maintien du club parmi l'élite, cette saison, avant de viser une place dans le ventre mou l'année prochaine. J'aurai près de 38 ans à ce moment-là et peut-être le moment sera-t-il venu, alors, de tirer ma révérence. Une chose est sûre : j'éprouve de bonnes sensations à tous niveaux aujourd'hui. Je me sens à la fois bien dans mon corps et dans ma tête. J'en suis redevable en grande partie à l'entraîneur des gardiens du club, Luc Duville. C'est le meilleur que j'aie connu à ce poste, tout simplement. Au cours de ma carrière, j'ai eu droit à quelques maîtres de choix sur le terrain. Comme l'ancien monument du Lierse, Carl Engelen, ou encore Lucien Huth, qui s'occupa de Michel Preud'homme à Benfica. Mais l'Anversois ne visait que sa propre gloriole. Avec lui, je me demandais parfois qui entraînait qui. C'est tout à fait différent aujourd'hui, avec un coach personnel qui vit dans l'ombre mais qui me pousse en pleine lumière. Cette première victoire au Standard, je la lui dédie d'ailleurs. Je suis beaucoup plus serein. Plus complet aussi. Et, ce qui ne gâte rien, j'apprends encore tous les jours. Depuis qu'il a pris les rênes du Brussels en mains, le coach Emilio Ferrera me demande d'anticiper le plus possible. Par la force des choses, je suis devenu un keeper volant alors que jadis, je n'osais pas trop me jeter dans la mêlée. Bruno Govers" Pourquoi n'ai-je jamais fait l'objet d'un SCOUTING CHEZ LES DIABLES ?"