Si le football belge a souvent fait la part belle aux joueurs africains, force est de reconnaître que peu d'entre eux étaient des gardiens. Du Nigérian Peter Rufai (Lokeren) au Guinéen Fode Camara (Harelbeke), en passant par Agu Alloy (FC Liège) et Saliou Diallo (Westerlo), aucun non plus n'a réellement défrayé la chronique sportive. Dans ce parterre, Boubacar Barry Copa (24 ans) fait indéniablement figure d'exception qui confirme la règle. Depuis le début de la saison, l'ultime rempart de Beveren venu de Rennes, s'est révélé comme l'une des absolues révélations à son poste. Un aboutissement d'autant plus remarquable que l'Ivoirien n'a débuté entre les perches que sur le tard.
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Si le football belge a souvent fait la part belle aux joueurs africains, force est de reconnaître que peu d'entre eux étaient des gardiens. Du Nigérian Peter Rufai (Lokeren) au Guinéen Fode Camara (Harelbeke), en passant par Agu Alloy (FC Liège) et Saliou Diallo (Westerlo), aucun non plus n'a réellement défrayé la chronique sportive. Dans ce parterre, Boubacar Barry Copa (24 ans) fait indéniablement figure d'exception qui confirme la règle. Depuis le début de la saison, l'ultime rempart de Beveren venu de Rennes, s'est révélé comme l'une des absolues révélations à son poste. Un aboutissement d'autant plus remarquable que l'Ivoirien n'a débuté entre les perches que sur le tard. Boubacar Barry Copa : Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours évolué au milieu du jeu, tantôt comme soutien d'attaque, tantôt encore en tant que médian défensif. Au moment où Jean-Marc Guillou mit sur pied son Académie à Abidjan, en 1994, j'étais l'un des tout premiers à m'y présenter. Malheureusement, j'avais un âge trop avancé et je fus éconduit. Pendant des semaines, j'ai alors effectué journellement, à pied, les 18 kilomètres qui séparaient mon domicile du Centre de Formation, à Sol Béni, dans l'espoir que l'on m'y accorderait une chance, tôt ou tard. Mais, chaque fois, c'était la même rengaine : je n'avais pas le profil requis. Jusqu'au jour où, par un heureux hasard, les Académiciens étaient en panne de gardiens. J'ai dit que j'étais parfaitement en mesure de faire l'affaire et j'ai été admis. Secrètement, j'avais dans l'idée d'abandonner le plus tôt possible ma place dans le goal au profit d'un rôle dans le jeu mais j'ai dû très vite me rendre à l'évidence : les autres étaient nettement plus forts que moi. Il est vrai qu'à mes débuts là-bas, je partageais la chambre avec Aruna Dindane et Kolo Touré, actif à Arsenal. Voilà qui se passe de commentaires, non (il rit) ? Je n'étais hélas pas tout à fait logé à la même enseigne qu'eux, dans la mesure où, parmi les coaches, il n'y avait pas d'entraîneur de gardien spécifique. J'ai dû apprendre sur le tas, en essayant vaille que vaille d'imiter les meilleurs. Longtemps, j'ai nourri des doutes quant à mon avenir dans cette attribution. Mais ils se sont dissipés en 1999 quand, avec les A de l'ASEC, j'ai eu l'immense bonheur de remporter la Supercoupe d'Afrique face à l'Espérance Tunis. Ce jour-là, j'avais contribué à la victoire par 3 buts à 1 des Mimos et je ne m'étais sûrement pas montré inférieur à mon vis-à-vis, Chokri El Ouaer, pourtant l'un des meilleurs portiers du continent à ce moment-là. Du coup, j'ai persévéré même si, à l'encontre de mes équipiers, je ne disposais pas d'un encadrement spécialement conçu pour moi. De fait, il m'a fallu patienter jusqu'à mon passage au Stade Rennes, en 2001, pour bénéficier pour la première fois d'un réel formateur en la personne de Christophe Lollichon d'abord, puis de l'ancien international français Pierrick Hiard. Si je les avais connus plus tôt dans ma carrière, il tombe sous le sens que mon bagage aurait été nettement plus étoffé aujourd'hui. Mais je ne me plains pas car, comme ex-jouer de champ, j'ai des qualités, balle au pied, que peu de mes collègues possèdent. Et comme j'officie régulièrement comme keeper volant derrière ma défense, cet acquit n'est pas négligeable du tout. En l'espace de deux saisons, j'avais peut-être appris beaucoup chez les Rouge et Noir au contact, successivement, de Bernard Lama et de Peter Cech. Mais j'étais aussi et surtout irrémédiablement barré par ces deux véritables monuments du football français et tchèque. Pour progresser, j'avais besoin de jouer et cette opportunité avait davantage de chances de se concrétiser à Beveren que chez les Rennais. Avec le recul, je n'ai pas encore eu à regretter un seul instant ce choix puisque je me suis signalé d'un bout à l'autre de la saison. De surcroît, j'aurai le privilège de disputer, cinq ans après, la deuxième finale de Coupe de ma jeune carrière. Après la première, Jean-Marc Guillou m'avait dit :-Avec un nom comme le tien, c'est pas étonnant qu'on gagne la coupe. J'ose espérer que l'histoire repassera les plats à présent et que nous battrons le Club Brugeois. En une seule manche, c'est tout à fait jouable. Pour moi, ce serait un formidable point d'orgue, en tout cas, à ma première campagne en Belgique. J'étais dégoûté (il rit). J'ai même brossé un entraînement, car j'avais besoin d'un soutien psychologique. Heureusement, lors de la troisième journée, nous avions gagné 1-2 à Lokeren et tout était oublié. A l'analyse, je ne suis pas mécontent du tout de mes prestations même si, avec plus de 50 buts concédés jusqu'ici, je ne suis devancé que par mes homologues de l'Antwerp et d'Heusden-Zolder. Mais à la différence de ces clubs, qui jouent essentiellement pour ne pas perdre, notre philosophie consiste à briguer toujours la victoire. Ce souci se traduit par le plus grand nombre de succès, par rapport aux équipes de la deuxième partie du classement, mais aussi, à l'exception une fois encore de l'Antwerp et d'Heusden-Zolder, du total le plus important de défaites. Avec Beveren, ça passe ou ça casse, mais l'équipe n'est pas vraiment capable de gérer un résultat, comme en attestent les quelques partages, à peine, que nous avons réalisés. Bizarrement, ce n'en est pas moins un nul qui m'aura laissé mon souvenir le plus agréable cette saison : le 0-0 qui scella notre demi-finale retour de la Coupe de Belgique contre Anderlecht. Je suis peut-être spectaculaire mais je ne recherche pas le show à tout prix. Au contraire, je m'efforce d'être le plus sobre possible, mais il y a des situations où des envolées sont nécessaires. Comme lors de mon saut de carpe face à Nenad Jestrovic à l'occasion du même match de coupe. Jusqu'à présent, mes sorties et mes dribbles ne nous ont pas encore coûté le moindre point. C'est la plus grosse satisfaction, pour moi, cette saison. Au même titre que les neuf rencontres au cours desquelles j'ai préservé mes filets intacts en championnat. Mon entraîneur personnel, Théo Custers, ne cesse de me répéter qu'un bon gardien doit arriver au chiffre de dix, année après année. Je suis donc sur le bon chemin (il rit). Même si je peux encore m'améliorer sensiblement dans bon nombre de domaines. En premier lieu Frédéric Herpoel. C'est l'homme élastique, tant il a cette faculté d'aller rechercher des balles impossibles malgré sa taille moyenne. Tristan Peersman aussi a une détente formidable et paraît monté sur ressorts. Mais, de tous les portiers belges, c'est peut-être bien Silvio Proto qui a le plus gros potentiel. Avec lui, l'équipe nationale belge est parée pour des années. Chez les Eléphants, je dois composer avec Losseni Konate, qui était titulaire à la Coupe d'Afrique des Nations 2002, le dernier grand rendez-vous auquel la Côte d'Ivoire ait participé. Sa préséance était normale, en ce sens qu'il était titulaire à l'ASEC alors que j'étais suppléant à Rennes à ce moment-là. Depuis lors, l'écart s'est amenuisé et si je continue à progresser à bon escient, les plus beaux espoirs me seront permis aussi de ce côté. J'ai été cédé ici, sur base locative, pendant un an. Compte tenu du départ de Peter Cech, qui a signé pour Chelsea, je devrais progresser d'un cran dans la hiérarchie et entrer en concurrence avec Florent Chaigneau, âgé de 20 ans. Je présume que les Bretons ne voudront pas se satisfaire de deux jeunes gardiens et qu'ils transféreront une valeur sûre. A choisir, je préfère jouer. Si cette perspective m'est offerte à Rennes, je presterai ma dernière année de contrat là-bas, tout simplement. Dans le cas contraire, il ne me déplairait nullement de rester au Freethiel, auprès de mes copains. A 24 ans, j'ai encore quelques belles années devant moi. Bruno Govers" Avec Beveren, ça PASSE ou ça CASSE "