Si en Belgique les accros du ballon rond connaissent le Rubin Kazan s'est pour beaucoup grâce à l'escapade de Cédric Roussel dans ce club en 2003. Depuis lors, ce nabot du football russe a grandi pas à pas pour en être aujourd'hui un puissant. Grâce à son partage face au Zénith Saint-Pétersbourg (0-0), et à la défaite du Spartak Moscou face au CSKA, le Rubin a reconduit la semaine dernière sa ceinture de meilleur club russe.
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Si en Belgique les accros du ballon rond connaissent le Rubin Kazan s'est pour beaucoup grâce à l'escapade de Cédric Roussel dans ce club en 2003. Depuis lors, ce nabot du football russe a grandi pas à pas pour en être aujourd'hui un puissant. Grâce à son partage face au Zénith Saint-Pétersbourg (0-0), et à la défaite du Spartak Moscou face au CSKA, le Rubin a reconduit la semaine dernière sa ceinture de meilleur club russe. Arrivé parmi l'élite il y a seulement sept saisons, ce club issu de la république du Tatarstan (nichée à 720 km à l'est de Moscou), dont Kazan est la capitale, n'avait aucun palmarès avant son titre de champion fin 2008. Un sacre surprise qui faisait suite à celui du Zénith Saint-Pétersbourg en 2007 précédé de 11 années d'hégémonie moscovite. Un sacre également entouré de suspicions puisque certains observateurs avaient jugé la mainmise du Rubin Kazan en déplacement (dix victoires en 14 déplacements) très étonnante... Cette année, les Grenats n'ont pas fonctionné autrement : s'ils venaient à s'imposer le week-end prochain au FC Kuban, ils totaliseraient le même nombre de succès hors de leur base. Ce deuxième titre confirme en tous les cas le réel potentiel de cette équipe. Un potentiel qui s'exporte plutôt bien puisque sur la scène européenne le Rubin Kazan a eu le privilège d'être le premier, toutes compétitions confondues, à faire chuter l'ogre Barcelone. Et au Camp Nou de surcroît (1-2). Pour le reste, on ne sait que très peu de cette formation dirigée par Kurban Berdyev. Un coach qui vit sa religion musulmane ostensiblement : après le titre de l'an dernier, Berdyev s'était rendu en pèlerinage à la Mecque et ne quitte jamais son chapelet en bord de terrain. Le président Alexandre Gusev préfère, lui, rester discret. Question d'habitude peut-être. Son cv fait état d'un passé au KGB avant sa nomination comme Ministre de l'Intérieur du Tatarstan. Rustem Saymanov, directeur technique du club de l'an dernier, a par contre dû quitter le navire. Et pour cause : il a été arrêté pour trois accusations de meurtre. Sportivement parlant, l'équipe est bien moins médiatique. Mis à part, le capitaine, Sergei Semak (seul joueur à faire partie de l'équipe nationale russe), qui est venu s'enterrer il y a quelques années au PSG, rien de très connu à se mettre sous la dent. Un nom devrait toutefois revenir régulièrement dans un futur proche : Alejandro Dominguez. Cet attaquant argentin, très efficace dans ses frappes, arrive en fin de contrat fin décembre et serait notamment dans le viseur du Milan AC et de la Juventus. Si le départ de leur joueur vedette est fort probable, la direction reste très ambitieuse d'autant qu'elle vient d'assurer une deuxième qualification de suite pour les poules de la Ligue des Champions. Pour pallier le départ de Dominguez, on évoque la venue de l'attaquant espagnol, Roberto Soldado. Un contrat de quatre millions d'euros par an l'attendrait à Kazan, quatre fois plus que ce qu'il gagne à Getafe. C'est ce qu'on appelle l'eldorado russe... THOMAS BRICMONT