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Karim Benzema est un joueur aux qualités techniques exceptionnelles qui adore provoquer son adversaire direct en 1 contre 1. Il est un des maîtres des passements de jambes qu'il réalise des 2 côtés avec grande habileté. Ses dribbles et ses crochets sont dévastateurs et, dans les 16 mètres, cela représente un danger permanent pour un adversaire un peu fougueux. La sanction aux 11 mètres risque de tomber à chaque instant...
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Karim Benzema est un joueur aux qualités techniques exceptionnelles qui adore provoquer son adversaire direct en 1 contre 1. Il est un des maîtres des passements de jambes qu'il réalise des 2 côtés avec grande habileté. Ses dribbles et ses crochets sont dévastateurs et, dans les 16 mètres, cela représente un danger permanent pour un adversaire un peu fougueux. La sanction aux 11 mètres risque de tomber à chaque instant... La frappe de balle fait également partie de ses grandes qualités. Il s'appuie plus sur sa maîtrise du geste que sur sa puissance musculaire. Ses enchaînements sont effectués de façon naturelle et il utilise toutes les surfaces des 2 pieds avec beaucoup de précision. Ses tirs de l'intérieur du pied sont un modèle du genre et on a pu encore s'en rendre compte pour l'ouverture du score face à l'Ajax le 23 novembre dernier. Son pied gauche n'est pas en reste comme le prouve le but inscrit face à l'Angleterre avec l'équipe de France. A 23 ans le 19 de ce mois, ses statistiques sont affolantes et elles témoignent d'un véritable instinct de buteur. Il est déjà à un total avoisinant les 100 buts en un peu plus de 200 matches de haut niveau disputés aussi bien en club qu'en sélection. Cela lui confère déjà une solide expérience. Sa marge de progression est très grande et le fait d'évoluer dans un club comme le Real de Madrid où la concurrence et le niveau des entraînements sont exceptionnels (grâce au mage Jose Mourinho) ne peut lui être que bénéfique. Le numéro 9 du Real possède une vitesse de course d'excellent niveau et son démarrage, malgré son mètre 83, est également performant. Mais le domaine dans lequel il excelle littéralement, c'est la vitesse d'exécution, ballon aux pieds. Le cuir lui colle aux pieds et quand il s'engage dans des raids en possession de balle, cela va très, très vite. Ses appels dans la profondeur sont incisifs et presque toujours réalisés en direction du but. L'ancien joueur de Lyon cultive véritablement l'art du démarquage. Il se libère de son adversaire en maîtrisant parfaitement l'appel-contre appel. Cette technique de recherche d'espaces rend l'anticipation du défenseur extrêmement difficile. Cela lui permet souvent de faire la différence sur les premiers mètres que ce soit en décrochage ou en appel profond. Le Merengue excelle dans le jeu en combinaisons courtes. Il cherche souvent la petite passe dans des espaces réduits en s'appuyant sur le 1-2. Son jeu en déviation et en pivot est particulièrement efficace et le fait d'évoluer aux côtés de joueurs tels Angel Di Maria et Cristiano Ronaldo, dotés d'une explosivité exceptionnelle, rend ses services encore plus tranchants. Le Français est très à l'aise en face-à-face avec le gardien. Il anticipe superbement le comportement de celui-ci et parvient à le contourner grâce à ses qualités techniques mais aussi par son sang- froid hors du commun. Il sent parfaitement s'il doit utiliser la force ou la finesse pour trouver le chemin des filets. Avec 74 kg et 1m83, l'international français ne fait pas partie des déménageurs. Même s'il compense par son habileté, il se fait facilement bouger par un adversaire plus costaud. Quand son adversaire parvient à jouer l'anticipation (ce qui est rarement le cas), il ne parvient pas à faire suffisamment écran avec son corps. Malgré sa taille et le fait qu'il soit capable de couper une trajectoire de la tête pour finir une action, le jeu aérien ne fait pas partie de ses grandes qualités. Il évite le plus souvent le combat dans les airs en sollicitant le ballon dans les pieds. Son coach, sachant qu'il est loin d'être le meilleur de la tête, lui demande, sur corner offensif, de se positionner dans le petit rectangle pour perturber la sortie du gardien et pour disputer les deuxièmes ballons. Le manque de polyvalence est, chez lui, un défaut majeur. Dans un système qui, dans les équipes de haut niveau, est généralement le 4-3-3 ou le 4-2-3-1, Karim ne peut quasiment revendiquer que le poste d'attaquant axial. Son style de jeu le rend peu performant sur un flanc même si, de sa position axiale, il lui arrive de temps en temps de plonger dans l'espace laissé libre par un joueur de couloir qui est rentré dans le jeu. Son volume de jeu est loin d'être exceptionnel. En possession de balle, il se contente généralement de travailler sur une bande axiale qui va de la ligne médiane jusqu'au but adverse. En perte de balle, il défend très bien sur les 2 défenseurs axiaux en tentant d'intercepter les transmissions par un bon pressing mais son travail en récupération se limite à peu près à cela. Dès que le ballon est transmis à l'échelon médian, il devient spectateur. Sa personnalité n'est pas très facile à gérer car son implication aux entraînements n'est pas toujours digne d'un footballeur professionnel. José Mourinho l'a suffisamment déclaré depuis son arrivée à Madrid. Il va devoir faire preuve d'une grande force de caractère pour s'imposer face à une telle concurrence car c'est quelqu'un qui a tendance à vivre sur ses acquits. Mais en est-il capable ? Sa position sur le terrain et le fait qu'il aime évoluer très haut dans le jeu le placent souvent à l'extrême limite du hors-jeu. Dès qu'il évolue face à une défense qui s'aligne bien et qui a tendance à remonter le terrain sur les ballons profonds, il est souvent pris au piège et il doit encore progresser en appelant le ballon latéralement avant de plonger. De manière générale, Karim est quelqu'un qui manque de constance dans ses prestations. Il a aussi besoin de toucher beaucoup de ballons pour prendre confiance. Face à l'Ajax, il a reçu son premier ballons après 5 minutes puis il a fallu attendre la 36e minute et son but pour qu'il se libère totalement et s'implique davantage dans les combinaisons. Son rendement sur 90 minutes est globalement déficient mais il sauve souvent sa prestation par un but au moins ! né en 1963, étienne delangre joua comme défenseur au standard de 1981 à 1992 (267m en d1 et 6b, champion en 82 et 83). ex-chargé de cours à l'école du heysel, il coacha de la P1 à la d1 (charleroi). PAR ÉTIENNE DELANGRE