Samedi, sa victoire spectaculaire face aux Pays-Bas a permis à la Tchéquie de se qualifier pour les quarts de finale. Elle a été la première à assurer la suite de son tournoi. La modestie avec laquelle Karel Brückner, le sélectionneur, a goûté ce succès, démontre qu'il sait se distancier des émotions du moment.
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Samedi, sa victoire spectaculaire face aux Pays-Bas a permis à la Tchéquie de se qualifier pour les quarts de finale. Elle a été la première à assurer la suite de son tournoi. La modestie avec laquelle Karel Brückner, le sélectionneur, a goûté ce succès, démontre qu'il sait se distancier des émotions du moment. Karel Bruckner : Les résultats du premier tour ne signifient strictement rien. Nous allons tous repartir à zéro. Le monde entier a les yeux tournés vers nous. Pour beaucoup de joueurs, il s'agit d'une occasion unique de montrer ce qu'ils valent. Pour cela, il faut être extrêmement concentré. Tout à fait. Il n'y a pas grande différence entre ce qu'on attend des équipes. Sans vouloir mésestimer les qualités d'équipes comme l'Argentine et le Brésil, je pense que les formations européennes recèlent énormément de qualités. Certainement. En dix ans, la Ligue des Champions a profondément modifié la structure du football européen. Elle a un impact énorme, financièrement et sportivement, à tel point que les aspects économiques ont pris le dessus, ce que je ne trouve pas si bien que ça. Il s'agit d'une compétition de très haut niveau, à côté d'autres grands championnats comme la Serie A, la Liga, la Bundesliga et la Premier League. Oui, car c'est très différent. Les équipes nationales dépendent beaucoup moins des aspects économiques. Elles sont les seules à ne pas pouvoir acheter de joueurs, même si quelques cheiks ont essayé, comme au Qatar. Et les sélectionneurs ne sont pas confrontés à des problèmes pratiques tels que transferts et fins de contrat. Notre fonction est aussi très différente de celle d'un entraîneur de club. Chacune a ses avantages et ses inconvénients. J'ai entraîné au niveau des clubs pendant 30 ans, avant de m'occuper des internationaux de û21 ans puis d'être sélectionneur. Je connais donc les deux branches. Un entraîneur de club a l'avantage de disposer quotidiennement de ses joueurs tandis qu'un sélectionneur ne les voit qu'épisodiquement. L'ambiance est radicalement différente, évidemment. Il s'agissait pour chacun de survivre au premier tour. Après, tout est possible. Selon moi, beaucoup d'équipes luttent à armes égales. On ne peut discuter des résultats qu'après les matches, pas avant. Je n'aime pas m'exprimer au conditionnel, surtout en football. Nous nous sommes qualifiés très vite grâce à nos deux victoires. C'est l'essentiel. Nous devons continuer à accomplir notre devoir sportif. Je refuse de voir plus loin que la prochaine rencontre. Nous devons certainement rester les pieds sur terre, sans jamais oublier qu'on peut rejouer vingt fois un match contre la même équipe et qu'on obtiendra chaque fois un résultat différent. Nous voulons continuer à développer le style trouvé ces dernières années. C'est plus important que d'aligner une série de vingt matches sans défaite comme nous l'avons fait. Nous avons environ douze titulaires qui ont apporté la dernière main à ce style de jeu spécifique pendant les derniers matches amicaux. Cela dit, bientôt, les matches amicaux feront partie d'une époque révolue. Il est déjà difficile de trouver des dates pour les matches officiels, surtout qu'on va disputer les prochaines éliminatoires de l'Euro par groupes de sept pays ; alors, ces affrontements sans enjeu... J'admire beaucoup Didier Drogba, l'avant de Marseille, qui ne peut évidemment pas disputer l'Euro, puisqu'il est africain. Thierry Henry m'impressionne également. Je pourrais en citer d'autres mais ce n'est pas mon genre. D'ailleurs, je ne travaille pas avec de grandes vedettes mais avec des êtres humains, au sein de mon équipe... Nedved, Baros et Rosicky sont des joueurs très talentueux mais ils n'ont pas peur de retrousser leurs manches et de se placer au service du groupe. Plus encore que nos résultats, c'est le fantastique esprit de groupe de notre équipe qui m'impressionne. En deux ans, aucun joueur ne m'a encore demandé un quelconque répit à l'occasion d'un match amical. Cela en dit long sur la mentalité qui imprègne ces footballeurs. Je ne désire pas copier quelqu'un. Je puise mes idées un peu partout, j'essaie de tirer les leçons de chaque situation, d'apprendre de tout le monde. Assister à un match de jeunes ou à un entraînement constitue aussi une excellente leçon. J'ai grandi dans un tout petit village. Je n'avais qu'un vélo, un ballon. C'était la misère. Voilà d'où j'ai tiré ma volonté d'arriver à quelque chose dans la vie. (Keir Radnedge, ESM)Keir Radnedge, ESM