Pour une surprise, c'est une surprise. Qui aurait cru, avant d'aborder les play-offs, que Kanu allait s'ériger comme l'un des acteurs-clés des débats ? Après un bon début de saison en Coupe d'Europe, le Brésilien s'était fait discret chemin faisant, au point d'être relégué dans le noyau B après avoir brossé un match avec les Réserves, fin janvier.

Déçu de ne pas avoir trouvé de club-acquéreur lors du mercato d'hiver, le joueur avait eu tort de se laisser complètement aller avant de se racheter une conduite et de boucler l'exercice 2011-2012 en force. Retour sur une métamorphose avec quatre témoins : Luiza De Melo, chargée du suivi des joueurs sud-américains, le press manager, David Steegen, le directeur-général Herman Van Holsbeeck et l'entraîneur adjoint Daniel Renders.

La mamma et l'écroulement brésilien FLASH-BACK.

Août 2011. Kanu n'est plus le seul Brésilien au Sporting. Il y a accueilli quatre autres compatriotes durant l'été : Reynaldo, Fernando Canesin, Diogo et Samuel. A l'image de ce que le Congolais Dieumerci Mbokani fera pour ses frères Patou Kabangu et Bedi Mbenza, arrivés lors du mercato d'hiver, le n°10 anderlechtois a tôt fait de jouer pour eux le rôle de guide. Sur le terrain, comme dans la vie de tous les jours.

Lors du dernier tour préliminaire de l'Europa League, face aux Turcs de Bursaspor (1-2), il montre d'emblée le bon exemple en provoquant le penalty qui permettra à Jonathan Legear d'ouvrir la marque (0-1). Dans cette compétition, il sera aussi à la base du but de Matias Suarez au Lokomotiv Moscou (0-1, score final 0-2) et, à Athènes, il délivrera encore l'assist sur le 0-1 de Guillaume Gillet (résultat final : 1-2).

TéMOIGNAGE.

Luiza De Melo : " La fin de saison 2010-2011 l'avait boosté. Et plus particulièrement le match en déplacement à Eupen où, contre toute attente, il avait obtenu la préséance, comme soutien de Romelu Lukaku, à Tom De Sutter, qui était pourtant redevenu opérationnel entre-temps après une longue blessure au genou. Du coup, il a réalisé qu'il avait un avenir en tant que n°10. A l'intersaison, il a tout fait pour poursuivre sur cette lancée. Il était d'autant plus motivé qu'il voulait constituer une référence pour la colonie brésilienne qui avait rallié le club. Canesin avait, certes, obtenu du temps de jeu lors de l'ultime match des play-offs contre Lokeren mais il lui restait, bien sûr, à confirmer. Titulaire au Cercle, Reynaldo avait encore tout à prouver en mauve. Idem pour les nouveaux Diogo et Samuel. Au départ, tout semblait prometteur. Si les deux transfuges avaient montré des choses intéressantes à l'occasion des matches amicaux et lors d'un tournoi au Portugal, tout s'est gâté très vite. Reynaldo, Canesin et Samuel ont payé d'entrée de jeu la défaite à Oud-Heverlee Louvain, Diogo n'a jamais eu sa chance en Première et Kanu a sombré lui aussi ".

L'homme de com' et le pestiféré FLASH-BACK.

Octobre 2011. Pour le premier rendez-vous de la saison en Coupe de Belgique, face à Rupel-Boom, équipe de D3, Ariel Jacobs décide de procéder à un turnover. Des garçons qui n'avaient que peu joué reçoivent leur chance. C'est le cas de DenisOdoi et DenisPraet, du revenant Ronald Vargas ou du super-sub De Sutter. Le match tourne à la déconfiture pour le Sporting, battu 1-2 sur son terrain. Kanu est le premier à devoir sortir, sous les huées du public.

Plus tard, lors du déplacement à Westerlo, il sera à nouveau pris en grippe par ses propres sympathisants, et aura un geste de désapprobation vis-à-vis d'eux. Suite à cette contre-performance, les choses ne s'arrangent pas vraiment pour le Brésilien. Jusqu'à la trêve, il n'a plus droit qu'à 128 minutes de jeu à peine, comme remplaçant, réparties sur 6 rencontres. Et il n'y trouve pas une seule fois l'ouverture.

TÉMOIGNAGE.

David Steegen : " A cette époque, il y a eu un mal-être chez tous nos Brésiliens. Tout paraissait bien emmanché au départ puis les déconvenues se sont succédé. Une carte rouge pour Samuel, une baisse de forme pour Canesin, un Reynaldo qui fait du surplace, Diogo qui ne décolle pas et Kanu en proie à des problèmes privés. Sa maman, souffrant de diabète, a perdu l'usage d'un £il durant cette période et a dû rentrer en clinique en raison de difficultés de mobilité. Le joueur n'a pas su faire la part des choses. Ses idées étaient ailleurs. Il a décroché. Ses compatriotes ne pouvaient pas lui venir en aide non plus, dans la mesure où leur propre situation n'était pas très fringante non plus. Diogo et Samuel évoquaient déjà, à demi-mots, un retour au pays. Et les deux jeunots se posaient des questions aussi, vu qu'ils ne quittaient plus le banc. Si, dans ces moments difficiles, Kanu avait pu compter sur le soutien des supporters, il se serait peut-être relancé. Il est vrai que dans son souci de bien faire, le joueur en faisait régulièrement trop, au point de perdre le ballon et de susciter la colère de la foule. Il a eu aussi quelques réactions de dépit qui n'ont pas arrangé ses affaires. Du coup, il s'est replié sur lui-même. Cent fois plutôt qu'une il a été avisé qu'il devait à tout prix se ressaisir. Mais il n'en a longtemps fait qu'à sa tête ".

Le DG et le pro friable FLASH-BACK.

Janvier 2012. Tandis que son coéquipier Matias Suarez se voit décerner le Soulier d'Or de la part du quotidien Het Laatste Nieuws, Kanu a droit au symbolique Soulier de Plomb sur le site 'FootGoal.net. Kanule, comme le site l'a surnommé, obtient 21 % des suffrages devant les attaquants du Standard Aloys Nong (17 %) et de Bruges Björn Vleminckx (12 %). Ce flop 5 est complété par le gardien du Germinal Beerschot Stijn Stijnen (8 %) et l'attaquant du Lierse, Wesley Sonck (7 %).

Le Brésilien, qui doute de son avenir au stade Constant Vanden Stock, n'est pas réfractaire à un transfert. Mais seul le Terek Grozny fait montre d'un très vague intérêt pour lui et la Russie n'est pas sa tasse de thé. Le 27, Kanu se met carrément hors-jeu. Convoqué pour jouer avec les réserves à Mons, il ne répond pas à l'appel. Dès lors, le coach décide de se passer de ses services.

TéMOIGNAGE.

Herman Van Holsbeeck : " Au même titre que Diogo et Samuel, Kanu trouvait subitement le temps long et tenait lui aussi à partir. Comme il ne sert à rien de retenir un joueur contre son gré, le RSCA a voulu collaborer à un transfert. A ce niveau-là, le joueur a dû très rapidement déchanter. Hormis l'intérêt du club tchétchène, aucun autre ne s'est manifesté. Et comme lui-même voyait plutôt son futur dans le sud de l'Europe, les tractations n'ont jamais vraiment démarré. Un autre joueur, dans le même cas de figure, aurait sans doute retenu la leçon et redoublé d'ardeur afin d'obtenir une nouvelle chance. Mais Kanu a eu tort de se laisser complètement aller. Il a multiplié les retards et, beaucoup plus grave encore, il a carrément snobé une convocation. A ce moment-là, j'ai franchement eu mes doutes quant à sa capacité de revenir au premier plan. Son talent n'a jamais été en cause. Quand il évolue à 100 % de ses moyens, le Brésilien n'a pas grand-chose à envier aux autres attaquants anderlechtois. En revanche, il est très friable mentalement. Un rien suffit à le décontenancer. Nous avons mis tout en £uvre pour lui faciliter la vie et faire en sorte qu'il n'ait à se soucier que du seul football. J'ai cru qu'il avait pris une autre dimension en début de saison quand il faisait réellement figure d'exemple à suivre mais il est rapidement retombé dans ses travers ".

Le T2 et repêché FLASH-BACK.

A la surprise générale, Kanu fait son retour sur les terrains, pour Anderlecht, lors de la 2e journée des play-offs, au Standard. Il entre à la 82e minute à la place de Milan Jovanovic. Sa dernière pige pour le compte des Mauves remonte au 15 janvier, lorsqu'il était monté en toute fin de match au Club Bruges. Le Brésilien s'impose depuis lors comme l'un des hommes en vue de l'équipe championne, paraphant au passage quelques buts de la meilleure veine : le 0-3 à Gand (score final : 1-4), le 0-1 et le 0-3 à Genk (0-4 au bout des 90 minutes) et le seul goal de la rencontre face aux Buffalos au Parc Astrid (1-0).

TÉMOIGNAGE.

Daniel Renders : " Sa mise à l'écart a été on ne peut plus salutaire. Kanu s'est rendu compte qu'il devait absolument se ressaisir s'il ne voulait pas gâcher sa carrière. Et il s'est repris de magistrale façon. Lors des séances de préparation, il lui est fréquemment arrivé de quitter le terrain en dernier lieu, tant il en redemandait. Je l'ai vu régulièrement aussi faire des heures supplémentaires en salle de musculation. Il a vraiment tout mis en £uvre pour être fin prêt le jour où le coach allait avoir besoin de lui. Le Brésilien nous a d'abord aidés à préserver le zéro au marquoir à Sclessin, puis il a fait montre de ses qualités offensives. Kanu est d'autant plus précieux qu'il n'y a probablement pas plus polyvalent que lui dans le noyau. Il est capable d'évoluer comme attaquant en retrait ou sur le flanc. Mais, ce qui ne gâte rien, on peut aussi l'aligner un cran plus bas. Face à Gand, récemment, il a été aligné à la pointe d'un triangle dont la base était formée de LucasBiglia et Bedi Mbenza. Mais il peut fort bien se tirer d'affaire aussi en étant titularisé au côté de l'Argentin devant la défense. Grâce à sa bonne couverture de balle et à ses qualités de relanceur, il fait figure d'option à cet échelon.

Même si c'est un cran plus haut qu'il a souvent fait montre d'utilité. En couverture de balle, il n'y a que Mbokani qui lui soit encore supérieur. C'est assez significatif. Kanu a prouvé lors de ces play-offs que lorsqu'il est au top, il a sa place dans le onze de base, malgré la concurrence. Pour lui, le défi sera de gagner en constance. Quand il est bon, il n'y a jamais grand-chose à redire mais quand il n'éprouve pas de bonnes sensations, il est trop souvent aux abonnés absents. Pourtant, il a toutes les qualités pour réussir et s'inscrire dans la durée ".

PAR BRUNO GOVERS - photos: imageglobe

" Quand il évolue à 100 % de ses moyens, Kanu est incontournable. " Herman Van Holsbeeck

" En couverture de balle, il n'y a que Dieumerci Mbokani qui lui est supérieur. " Daniel Renders

Pour une surprise, c'est une surprise. Qui aurait cru, avant d'aborder les play-offs, que Kanu allait s'ériger comme l'un des acteurs-clés des débats ? Après un bon début de saison en Coupe d'Europe, le Brésilien s'était fait discret chemin faisant, au point d'être relégué dans le noyau B après avoir brossé un match avec les Réserves, fin janvier. Déçu de ne pas avoir trouvé de club-acquéreur lors du mercato d'hiver, le joueur avait eu tort de se laisser complètement aller avant de se racheter une conduite et de boucler l'exercice 2011-2012 en force. Retour sur une métamorphose avec quatre témoins : Luiza De Melo, chargée du suivi des joueurs sud-américains, le press manager, David Steegen, le directeur-général Herman Van Holsbeeck et l'entraîneur adjoint Daniel Renders. Août 2011. Kanu n'est plus le seul Brésilien au Sporting. Il y a accueilli quatre autres compatriotes durant l'été : Reynaldo, Fernando Canesin, Diogo et Samuel. A l'image de ce que le Congolais Dieumerci Mbokani fera pour ses frères Patou Kabangu et Bedi Mbenza, arrivés lors du mercato d'hiver, le n°10 anderlechtois a tôt fait de jouer pour eux le rôle de guide. Sur le terrain, comme dans la vie de tous les jours. Lors du dernier tour préliminaire de l'Europa League, face aux Turcs de Bursaspor (1-2), il montre d'emblée le bon exemple en provoquant le penalty qui permettra à Jonathan Legear d'ouvrir la marque (0-1). Dans cette compétition, il sera aussi à la base du but de Matias Suarez au Lokomotiv Moscou (0-1, score final 0-2) et, à Athènes, il délivrera encore l'assist sur le 0-1 de Guillaume Gillet (résultat final : 1-2). Luiza De Melo : " La fin de saison 2010-2011 l'avait boosté. Et plus particulièrement le match en déplacement à Eupen où, contre toute attente, il avait obtenu la préséance, comme soutien de Romelu Lukaku, à Tom De Sutter, qui était pourtant redevenu opérationnel entre-temps après une longue blessure au genou. Du coup, il a réalisé qu'il avait un avenir en tant que n°10. A l'intersaison, il a tout fait pour poursuivre sur cette lancée. Il était d'autant plus motivé qu'il voulait constituer une référence pour la colonie brésilienne qui avait rallié le club. Canesin avait, certes, obtenu du temps de jeu lors de l'ultime match des play-offs contre Lokeren mais il lui restait, bien sûr, à confirmer. Titulaire au Cercle, Reynaldo avait encore tout à prouver en mauve. Idem pour les nouveaux Diogo et Samuel. Au départ, tout semblait prometteur. Si les deux transfuges avaient montré des choses intéressantes à l'occasion des matches amicaux et lors d'un tournoi au Portugal, tout s'est gâté très vite. Reynaldo, Canesin et Samuel ont payé d'entrée de jeu la défaite à Oud-Heverlee Louvain, Diogo n'a jamais eu sa chance en Première et Kanu a sombré lui aussi ". Octobre 2011. Pour le premier rendez-vous de la saison en Coupe de Belgique, face à Rupel-Boom, équipe de D3, Ariel Jacobs décide de procéder à un turnover. Des garçons qui n'avaient que peu joué reçoivent leur chance. C'est le cas de DenisOdoi et DenisPraet, du revenant Ronald Vargas ou du super-sub De Sutter. Le match tourne à la déconfiture pour le Sporting, battu 1-2 sur son terrain. Kanu est le premier à devoir sortir, sous les huées du public. Plus tard, lors du déplacement à Westerlo, il sera à nouveau pris en grippe par ses propres sympathisants, et aura un geste de désapprobation vis-à-vis d'eux. Suite à cette contre-performance, les choses ne s'arrangent pas vraiment pour le Brésilien. Jusqu'à la trêve, il n'a plus droit qu'à 128 minutes de jeu à peine, comme remplaçant, réparties sur 6 rencontres. Et il n'y trouve pas une seule fois l'ouverture. David Steegen : " A cette époque, il y a eu un mal-être chez tous nos Brésiliens. Tout paraissait bien emmanché au départ puis les déconvenues se sont succédé. Une carte rouge pour Samuel, une baisse de forme pour Canesin, un Reynaldo qui fait du surplace, Diogo qui ne décolle pas et Kanu en proie à des problèmes privés. Sa maman, souffrant de diabète, a perdu l'usage d'un £il durant cette période et a dû rentrer en clinique en raison de difficultés de mobilité. Le joueur n'a pas su faire la part des choses. Ses idées étaient ailleurs. Il a décroché. Ses compatriotes ne pouvaient pas lui venir en aide non plus, dans la mesure où leur propre situation n'était pas très fringante non plus. Diogo et Samuel évoquaient déjà, à demi-mots, un retour au pays. Et les deux jeunots se posaient des questions aussi, vu qu'ils ne quittaient plus le banc. Si, dans ces moments difficiles, Kanu avait pu compter sur le soutien des supporters, il se serait peut-être relancé. Il est vrai que dans son souci de bien faire, le joueur en faisait régulièrement trop, au point de perdre le ballon et de susciter la colère de la foule. Il a eu aussi quelques réactions de dépit qui n'ont pas arrangé ses affaires. Du coup, il s'est replié sur lui-même. Cent fois plutôt qu'une il a été avisé qu'il devait à tout prix se ressaisir. Mais il n'en a longtemps fait qu'à sa tête ". Janvier 2012. Tandis que son coéquipier Matias Suarez se voit décerner le Soulier d'Or de la part du quotidien Het Laatste Nieuws, Kanu a droit au symbolique Soulier de Plomb sur le site 'FootGoal.net. Kanule, comme le site l'a surnommé, obtient 21 % des suffrages devant les attaquants du Standard Aloys Nong (17 %) et de Bruges Björn Vleminckx (12 %). Ce flop 5 est complété par le gardien du Germinal Beerschot Stijn Stijnen (8 %) et l'attaquant du Lierse, Wesley Sonck (7 %). Le Brésilien, qui doute de son avenir au stade Constant Vanden Stock, n'est pas réfractaire à un transfert. Mais seul le Terek Grozny fait montre d'un très vague intérêt pour lui et la Russie n'est pas sa tasse de thé. Le 27, Kanu se met carrément hors-jeu. Convoqué pour jouer avec les réserves à Mons, il ne répond pas à l'appel. Dès lors, le coach décide de se passer de ses services. Herman Van Holsbeeck : " Au même titre que Diogo et Samuel, Kanu trouvait subitement le temps long et tenait lui aussi à partir. Comme il ne sert à rien de retenir un joueur contre son gré, le RSCA a voulu collaborer à un transfert. A ce niveau-là, le joueur a dû très rapidement déchanter. Hormis l'intérêt du club tchétchène, aucun autre ne s'est manifesté. Et comme lui-même voyait plutôt son futur dans le sud de l'Europe, les tractations n'ont jamais vraiment démarré. Un autre joueur, dans le même cas de figure, aurait sans doute retenu la leçon et redoublé d'ardeur afin d'obtenir une nouvelle chance. Mais Kanu a eu tort de se laisser complètement aller. Il a multiplié les retards et, beaucoup plus grave encore, il a carrément snobé une convocation. A ce moment-là, j'ai franchement eu mes doutes quant à sa capacité de revenir au premier plan. Son talent n'a jamais été en cause. Quand il évolue à 100 % de ses moyens, le Brésilien n'a pas grand-chose à envier aux autres attaquants anderlechtois. En revanche, il est très friable mentalement. Un rien suffit à le décontenancer. Nous avons mis tout en £uvre pour lui faciliter la vie et faire en sorte qu'il n'ait à se soucier que du seul football. J'ai cru qu'il avait pris une autre dimension en début de saison quand il faisait réellement figure d'exemple à suivre mais il est rapidement retombé dans ses travers ". A la surprise générale, Kanu fait son retour sur les terrains, pour Anderlecht, lors de la 2e journée des play-offs, au Standard. Il entre à la 82e minute à la place de Milan Jovanovic. Sa dernière pige pour le compte des Mauves remonte au 15 janvier, lorsqu'il était monté en toute fin de match au Club Bruges. Le Brésilien s'impose depuis lors comme l'un des hommes en vue de l'équipe championne, paraphant au passage quelques buts de la meilleure veine : le 0-3 à Gand (score final : 1-4), le 0-1 et le 0-3 à Genk (0-4 au bout des 90 minutes) et le seul goal de la rencontre face aux Buffalos au Parc Astrid (1-0). Daniel Renders : " Sa mise à l'écart a été on ne peut plus salutaire. Kanu s'est rendu compte qu'il devait absolument se ressaisir s'il ne voulait pas gâcher sa carrière. Et il s'est repris de magistrale façon. Lors des séances de préparation, il lui est fréquemment arrivé de quitter le terrain en dernier lieu, tant il en redemandait. Je l'ai vu régulièrement aussi faire des heures supplémentaires en salle de musculation. Il a vraiment tout mis en £uvre pour être fin prêt le jour où le coach allait avoir besoin de lui. Le Brésilien nous a d'abord aidés à préserver le zéro au marquoir à Sclessin, puis il a fait montre de ses qualités offensives. Kanu est d'autant plus précieux qu'il n'y a probablement pas plus polyvalent que lui dans le noyau. Il est capable d'évoluer comme attaquant en retrait ou sur le flanc. Mais, ce qui ne gâte rien, on peut aussi l'aligner un cran plus bas. Face à Gand, récemment, il a été aligné à la pointe d'un triangle dont la base était formée de LucasBiglia et Bedi Mbenza. Mais il peut fort bien se tirer d'affaire aussi en étant titularisé au côté de l'Argentin devant la défense. Grâce à sa bonne couverture de balle et à ses qualités de relanceur, il fait figure d'option à cet échelon. Même si c'est un cran plus haut qu'il a souvent fait montre d'utilité. En couverture de balle, il n'y a que Mbokani qui lui soit encore supérieur. C'est assez significatif. Kanu a prouvé lors de ces play-offs que lorsqu'il est au top, il a sa place dans le onze de base, malgré la concurrence. Pour lui, le défi sera de gagner en constance. Quand il est bon, il n'y a jamais grand-chose à redire mais quand il n'éprouve pas de bonnes sensations, il est trop souvent aux abonnés absents. Pourtant, il a toutes les qualités pour réussir et s'inscrire dans la durée ".PAR BRUNO GOVERS - photos: imageglobe" Quand il évolue à 100 % de ses moyens, Kanu est incontournable. " Herman Van Holsbeeck " En couverture de balle, il n'y a que Dieumerci Mbokani qui lui est supérieur. " Daniel Renders