J'aurais pronostiqué Chelsea-Manchester si je croyais aux pronostics davantage qu'aux coups de dés,... eh bien ce sera une finale Liverpool-Milan ! Mais s'il fallait vraiment tenter d'expliquer l'échec des Londoniens, je parlerais surtout d'infériorité dans le turnover. Chez les Reds, mis à part Steven Gerrard, il peut manquer n'importe quel joueur au coup d'envoi et on n'aura jamais l'impression de réserviste aligné : Rafael Benitez a vraiment 22 gars pour 11 postes, et c'est son grand mérite d'avoir construit pareille situation. Alors qu'à Chelsea, quand tu démarres une demi-finale de Champions's League avec Salomon Kalou et John Obi Mikel, l'impression domine qu'il manque forcément des caïds pour que ...

J'aurais pronostiqué Chelsea-Manchester si je croyais aux pronostics davantage qu'aux coups de dés,... eh bien ce sera une finale Liverpool-Milan ! Mais s'il fallait vraiment tenter d'expliquer l'échec des Londoniens, je parlerais surtout d'infériorité dans le turnover. Chez les Reds, mis à part Steven Gerrard, il peut manquer n'importe quel joueur au coup d'envoi et on n'aura jamais l'impression de réserviste aligné : Rafael Benitez a vraiment 22 gars pour 11 postes, et c'est son grand mérite d'avoir construit pareille situation. Alors qu'à Chelsea, quand tu démarres une demi-finale de Champions's League avec Salomon Kalou et John Obi Mikel, l'impression domine qu'il manque forcément des caïds pour que ces gars-là soient alignés. Et surtout, quand John Terry et Ricardo Carvalho ne constituent pas cette paire terrible, destructrice et fantastique, entre Petr Cech et Claude Makelele, quelle que soit la formule de remplacement, tu sens que Chelsea ne sera pas Chelsea parce que la défense ne sera pas d'acier trempé. Tout ceci ne m'empêchant pas d'ajouter que ça s'est joué aux penos, et que Chelsea a dû les botter dans la chaleureuse ambiance d'Anfield Road : après avoir résisté 120' en déplacement, résistance que son adversaire n'avait dû opposer que 90' à l'aller ! Je rappelle qu'en pareil contexte, pour plus de justice, ma proposition est que le visiteur démarre les bottés avec un peno d'avance... Le lendemain, il y avait deux matches à la télé, j'ai commencé par délaisser Milan-Manchester : au profit de Sarko- Ségo dont le réalisateur était Jérôme Revon, lequel démarra dans la profession voici 22 ans en filmant le foot, et en innovant réellement, pour Canal + naissant. Qu'est-ce que Revon, qui est aussi passé par la variété, les Césars, la Star Ac et plein de machins spectaculaires, a dû s'emmerder avec grosso modo deux bêtes caméras fixes ! C'était le premier match de sa vie où tout plan de coupe lui était interdit (pas question de montrer les mimiques de l'un ou l'une pendant que causait l'autre) et où lui étaient imposés deux réalisateurs/conseils, un de chaque camp ! Et je me suis dit qu'un jour, ce pourrait hélas être aussi le cas en foot, dans la mesure où les sanctions sont appelées de plus en plus à s'articuler sur les images télé. Prenons comme exemple l'attitude lamentable de Milan Baros récemment face au Rennais Stéphane Mbia : dans la mesure où le Revon de service aura déniché un gros plan stigmatisant un Lyonnais, le réalisateur/conseil lyonnais, sous prétexte d'équité, pourra ensuite lui enjoindre de dénicher et montrer un gros plan de Rennais fautif de quelque chose... Valait mieux regarder Milan et Maniou, ouais, soyons branchés comme sur BeTV : fini de dire Manchester ou Younaïtid, maintenant c'est Maniou ! Maniou s'est fait manger par Clarence Seedorf, qui n'est jamais aussi beau à voir que quand on le laisse aimer les mouchoirs à l'orée des rectangles, et par Ricardo Izecson Santos Leite, dont la seule malchance dans la vie fut d'avoir un petit frère qui prononçait mal le prénom Ricardo. Cette saison en Ligue des Champions, Kaka évacue tous ses adversaires directs pour mettre des buts au fond comme il respire, lui qu'on cite souvent comme un neuf et demi, concept footeux alambiqué créé jadis par Michel Platini pour lui-même et signifiant : " J'aime mieux jouer derrière deux attaquants mais, s'il n'y en a qu'un devant moi, ça me va aussi et je marque fastoche ". Admettons. Mais le risque rigolo, quand on veut nuancer les positions des uns et des autres, c'est qu'on n'en finit plus de nuancer les nuances et de s'emmêler les pinceaux, je n'en veux pour preuve que ce que je viens de lire sur Kaka dans le France Football du 27 avril : " Sa position est celle d'électron libre -mi-attaquant de soutien, mi-neuf et demi - derrière la pointe milanaise ". Mi-neuf et demi ! Si je calcule bien, l'attaquant de soutien étant communément un n°10, ça nous donne enfin la définition exacte de l'électron libre : (10/2) + (9,5/2) = 9,75... l'électron libre est un neuf trois-quarts ! Franchement, quand je vois jouer l'AC Milan, je trouve surtout que Kaka est un attaquant qui bouge bien. Tout bêtement. par bernard jeunejean