Dominique Monami a été la première Belge à émarger au top 10, en 1998. Elle s'est qualifiée à deux reprises pour les quarts de finales de l'Open d'Australie et a également été la première Belge à faire partie des huit élues pour les Masters. Elle a achevé une carrière rondement menée en beauté, avec une médaille de bronze en double, avec Els Callens, aux Jeux Olympiques de Sydney. Dominique n'a pas connu la progression fulgurante de Clijsters et de Henin. Elle s'est épanouie dans son rôle, améliorant progressivement son classement. Si elle a finalement été numéro neuf mondial, elle le doit essentiellement à sa volonté, à son engagement et à beaucoup d'entraînement. Depuis lors, la Verviétoise est devenue mère d'une petite fille, Ines, et elle a observé une pause de deux ans. Elle suit maintenant de près les prestations des Belges pour la chaîne AB3.
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Dominique Monami a été la première Belge à émarger au top 10, en 1998. Elle s'est qualifiée à deux reprises pour les quarts de finales de l'Open d'Australie et a également été la première Belge à faire partie des huit élues pour les Masters. Elle a achevé une carrière rondement menée en beauté, avec une médaille de bronze en double, avec Els Callens, aux Jeux Olympiques de Sydney. Dominique n'a pas connu la progression fulgurante de Clijsters et de Henin. Elle s'est épanouie dans son rôle, améliorant progressivement son classement. Si elle a finalement été numéro neuf mondial, elle le doit essentiellement à sa volonté, à son engagement et à beaucoup d'entraînement. Depuis lors, la Verviétoise est devenue mère d'une petite fille, Ines, et elle a observé une pause de deux ans. Elle suit maintenant de près les prestations des Belges pour la chaîne AB3. Dominique Monami : Justine. Pour moi, elle est nettement meilleure car elle a énormément évolué sur le plan mental tout en étant très forte physiquement. Je trouve Kim moins imposante de ce point de vue. Oui. Kim joue très bien mais tient moins longtemps. Pourtant, je trouve que Justine a enregistré plus de progrès physiquement et mentalement. Elle a été la meilleure à Toronto et à San Diego, en l'absence de son entraîneur, ce qui n'est pas rien. Son registre technique était déjà supérieur à celui de la Limbourgeoise. La puissance constituait la seule différence, surtout dans les tournois en extérieur. Je pense que oui, bien que je doive admettre que le caractère de Kim me plaise mieux que celui de Justine. Elle est plus spontanée, plus naturelle et plus jeune d'esprit. Justine délivre une impression de grande maturité pour son âge mais ça n'est pas très naturel. On sent à ses réponses qu'elle n'est pas vraiment spontanée. En effet mais elle est plus sympathique aux yeux du monde extérieur. Pourtant, son caractère n'est pas tellement différent de celui de Justine. Je les ai affrontées toutes les deux et je sais comment elles réagissent quand elles gagnent ou qu'elles perdent. Evidemment, c'est pour ça qu'elles figurent au top mondial. Elles ont une approche radicalement différente mais aucune n'aime ça. Un moment donné, on n'a plus besoin des journalistes car ceux-ci parlent automatiquement de vous. Je n'aimais pas tellement ces contacts non plus mais il faut faire avec. Kim est numéro un mondiale. Mais quand elle se fend d'une réponse, elle parle tellement vite que je ne comprends rien du tout (elle rit) ! Elle passe bien quand même, car elle a du charisme. Elle reste sympathique, même si, sur le court, elle n'a plus d'amis. C'est pour ça que le grand public l'apprécie tellement. Cependant, quand on sait tout ce qui se passe en coulisses, on peut dire qu'on ne voit pas toujours la vraie Kim... Non. A ce moment, il y avait beaucoup plus de concurrence à ce niveau. Les filles qui les suivent actuellement ne sont pas encore assez costaudes pour devenir de véritables rivales tandis que les meilleures joueuses d'il y a quatre ans arrivent en bout de course. Le gouffre est vraiment énorme. Les seules qui soient à même de leur résister sont les s£urs Williams mais elles sont constamment blessées, à moins que le tennis ne les intéresse plus. Elles nourrissent des ambitions dans d'autres domaines, ce qui n'est pas mauvais en soi. Prenez Mauresmo, par exemple : elle devait être une concurrente redoutable à l'US Open mais elle n'a rien fait. Davenport est à bout de souffle et Capriati ne me donne pas l'impression d'en vouloir encore. Dokic n'a rien de spécial et Hantuchova n'est pas des plus fortes sur le plan mental. Elles émergent progressivement mais elles ne sont pas encore assez fortes. Elles sont bien physiquement mais elles manquent de métier. Comment joue la s£ur de Marat Safin, au fond ? Oui. Zvonareva se bat bien. En revanche, je n'ai pas encore vu la nouvelle perle, Sharapova. Selon moi, la fédération aime conserver les rênes et il est trop difficile de diriger d'anciennes joueuses d'élite. C'est partiellement un petit jeu politique. La fédération veut conserver son contrôle sur certaines choses. Si des gens comme nous y travaillaient, elle ne pourrait plus conserver sa politique. Evidemment, j'ai clairement signifié que j'avais tourné la page du tennis mais durant ces deux dernières années, personne n'a tenté de me contacter. Pour être franche, je ne pense pas que je pourrais fonctionner au sein de ces instances car on m'imposerait des tâches que je voudrais peut-être effectuer autrement. Si c'est le cas, uniquement en motivation : une Belge a atteint le top-dix. Or, nous sommes meilleures. Nous allons donc essayer d'aller plus loin. Peut-être avons-nous joué un rôle jusqu'à ce qu'elles aient 14 ou 15 ans, mais une fois devenues professionnelles, elles ont suivi leur propre chemin. Nous n'étions pas vraiment un exemple pour elles. Elles avaient déjà leur caractère, leur personnalité quand je les ai rencontrées sur le circuit. Juste avant ses débuts professionnels, je me suis un peu entraînée avec Justine et j'ai mesuré le respect qu'elle éprouvait pour ce que je réussissais. Elle s'intéressait beaucoup à ma méthode de travail. Kim ne plonge pas assez au filet, surtout compte tenu de sa force. En double, elle a déjà prouvé que sa reprise de volée était bonne. Elle devrait en profiter davantage. Elle a aussi une marge de progression dans son service. Elle devrait mieux entraîner sa condition. Elle a une puissance naturelle incroyable qu'un entraînement plus spécifique permettrait d'améliorer encore. Elle a la souplesse de sa mère et la force de son père. On peut dire qu'elle a hérité des bons gènes de chacun. Je n'ai cependant pas l'impression qu'elle s'entraîne avec un véritable acharnement, surtout si on la compare avec Justine. Extrêmement, on peut le dire ! Par exemple, Justine exploite très bien le filet. Seul son service reste perfectible, pour le moment. Elle a déjà effectué un énorme pas en avant mais elle a encore du pain sur la planche. Tout à fait. Si l'une joue bien, l'autre est d'autant plus motivée. Ce n'est certainement pas un problème communautaire, car c'est plutôt le terrain des politiciens. Simplement, leur tempérament et leur orgueil sont stimulés, comme c'était le cas de Sabine et moi. Je trouve cette situation très saine et très positive pour notre tennis. Oui, sur le plan du show, surtout (elle rit). Cela n'a rien à voir. Si elles n'étaient pas présentes, c'est parce qu'elles n'en étaient pas capables. Rester en condition fait partie du jeu. D'ailleurs, dans dix ans, il n'y aura pas de note à côté du palmarès pour expliquer que les Williams étaient forfait. J'aimerais que le tennis féminin recèle davantage de surprises. A Toronto, par exemple, Lina Krasnoroutskaya a battu Clijsters au premier tour et s'est qualifiée pour la finale. Mais à ce stade, la pauvre était vidée et a été laminée par Henin. J'aimerais assister à la levée d'une génération de joueuses, qui assurent un vent nouveau au tennis. Vous parlez d'une joueuse. Il en faudrait davantage. Pour nous, évidemment, la situation actuelle est fantastique, puisque les Belges sont sans cesse en finale. Nous ne pouvons rêver mieux mais ça me rappelle le tennis d'il y a 15 ou 20 ans, quand les mêmes femmes dominaient les événements. Il y a trois ou quatre ans, nous avions quand mêmes des filles comme Hingis, Novotna, Sanchez-Vicario, Martinez, Huber, Tauziat. Le tennis était plus varié. Je la trouve plutôt moyenne. Il y a de bonnes joueuses et on assiste à de bons matches mais ils ne sont pas constamment attrayants. Il y a trop de fautes directes, pas assez de réflexion, de construction. Je préfère ne pas être trop négative, cependant, sinon, l'année prochaine, on ne passera plus de tennis féminin à la télé et je n'aurai plus de boulot (elle rit) ! Les Belges évoluent et atteignent un niveau tactique intéressant, en tout cas. C'est un scandale. C'est typiquement américain. Ils veulent avoir ce qu'il y a de plus grand mais ils ne réfléchissent pas. Pas vraiment. La surface me plaît mais c'est surtout un grand show. Les gens sont trop superficiels. On se croit parfois dans un film. La musique et les annonces publicitaires sont omniprésentes. Et regardez la programmation pendant les jours de pluie : les matches des femmes ont été repoussés en dernière minute au profit d'une rencontre impliquant un Américain. La télévision est maîtresse de tout le tournoi. Le public américain ne connaît que les grands noms et ses compatriotes. Le tennis féminin n'occupe certainement pas la première place dans la hiérarchie des sports télévisés. Il a déjà fait des progrès mais quand je jouais, il passait même après la pêche de compétition. Non. La femme est faite pour être regardée. Tant que les tenues ne deviennent pas exagérées... Un moment donné, les s£urs Williams étaient à la limite. Parfois, c'est tout juste si les seins de Venus ne sortaient pas de sa robe. Ce n'est pas mon genre mais sinon, les tenues peuvent être un peu sexy. Les filles sont toutes de belles athlètes et peuvent faire admirer leur corps. Il en a toujours été ainsi. Même de mon temps, les joueuses se plaignaient. Disons qu'elles n'ont qu'à mieux équilibrer leur programme (elle rit). Et à travailler leur condition plus dur. Rien de sérieux. J'ai eu de petits bobos, avec lesquels je pouvais vivre. Cependant, j'attachais beaucoup d'importance au travail de la condition et je programmais bien mes tournois. Vous savez, les joueurs aiment se plaindre. Nous avons une vie fantastique mais nous nous estimons malheureux. Non, absolument pas. A 40 ans, peut-être. Donnez-moi dix ans pour m'entraîner (elle rit). Els Callens a tenté de me faire revenir dans le circuit, pour jouer quelques doubles et les Jeux Olympiques, aussi, mais j'ai arrêté et c'est fini. Je ne peux pas recommencer. Pourtant, on peut gagner correctement sa vie en double, assez facilement, mais je ne veux plus revenir en arrière. Je suis ainsi faite. Je suis heureuse de rester dans le tennis, il a été ma vie jusqu'à présent, je ne peux le nier, mais le circuit ne m'attire plus. Il constitue une chance unique, il offre une vie formidable. Dès que vous atteignez un certain niveau, vous êtes très gâtée. Sur le moment, vous n'êtes pas toujours conscient de la facilité avec laquelle vous gagnez de l'argent. Vous vous payez des objets de luxe. J'ai toujours essayé de garder en tête le prix d'un pain, pour ne pas perdre pied avec la réalité. Maintenant, je sais d'ailleurs très bien ce que me coûte un passage à la boulangerie. " Tout juste si les seins de Venus ne sortaient pas de sa robe "