Le Tour de Belgique constituait l'objectif principal de Dave Bruylandts qui y remporta la dernière étape - la mini Doyenne - et termina cinquième au général. Une vilaine chute aux Quatre Jours de Dunkerque avait pourtant fait douter le coureur de 26 ans de Marlux-Wincor, qui restait sur un beau printemps.
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Le Tour de Belgique constituait l'objectif principal de Dave Bruylandts qui y remporta la dernière étape - la mini Doyenne - et termina cinquième au général. Une vilaine chute aux Quatre Jours de Dunkerque avait pourtant fait douter le coureur de 26 ans de Marlux-Wincor, qui restait sur un beau printemps. Dave Bruylandts : Pas vraiment. Je m'étais bien préparé et j'ai toujours cru en mes chances. On me croit incapable de rouler des classiques mais en Juniors, j'étais bon et ça ne se perd pas. Les classiques wallonnes me conviennent mieux mais pour un Flamand, le Tour des Flandres est la plus belle épreuve et j'étais sur-motivé. Un pro doit se montrer là où l'intérêt médiatique est le plus grand. L'année prochaine, j'envisage de prendre le départ de Paris-Roubaix avec des ambitions. C'est incroyable ! Palmans-Collstrop, qui est évidemment une équipe de D1, a été reprise sans avoir de coureurs susceptibles de s'y imposer et a eu du mal à en mettre un dans le final. J'ignore pourquoi. Posez-lui la question. De fait, je misais là-dessus car il n'y avait aucune certitude quant à l'équipe et à l'encadrement. La fusion de Lotto et de Domo a encore compliqué les choses. Je voulais être sûr de débarquer dans une structure établie, ce qui n'était pas le cas au moment où j'aurais pu prolonger. Deux ans avant, j'avais signé chez Domo et ensuite, j'ai roulé pour Farm Frites. Ce fut dur, compte tenu du passé. Nous avons trouvé un terrain d'entente avant. Patrick devait venir en Espagne pour tout officialiser mais je ne l'ai pas vu. Ensuite, j'ai tenté de le joindre, en vain. On m'a mis sur la touche sans la moindre gratitude. Quand j'ai compris que je ne pouvais compter sur Quick Step-Davitamon, j'ai téléphoné à Noël Demeulenaere. Il m'a engagé. A ce moment, les équipes de D1 n'avaient plus de marge financière. Gerolsteiner et Sidermec - devenue Vini Caldirola - se sont intéressés à moi mais j'aurais roulé pour des queues de cerise. Non mais en quatre ans, j'ai remporté 11 victoires. Combien de Belges ont gagné une étape de montagne dans un Tour de France ou d'Espagne, ces dernières années ? Je ne suis pas un crack mais j'ai des qualités. Où s'entraînait Bahamontes ? Il habitait Tolède. Quand j'avais huit ou neuf ans, avec ma mère, j'allais faire les commissions à Heist. En voyant la petite colline, je voulais à tout prix la grimper. Ma mère m'accompagnait. C'était moins marrant pour elle, avec tous les paquets. Evidemment, ce n'était pas l'Angliru mais pour un gosse, c'était raide. Je pense que c'est un don inné. J'ai également lu qu'en courant contre le vent, on développe les muscles nécessaires dans les côtes. Or, j'ai souvent roulé le long du canal, car c'était plus sûr. Sans le vouloir, je me suis peut-être entraîné pour la montagne. Comme Oscar Sevilla, qui vient d'Albacete, une région venteuse. Je me suis refroidi avant la première étape de montagne. J'ai dû prendre des antibiotiques. Alors que je me rétablissais, j'ai chuté dans une descente. Je pouvais à peine monter l'escalier mais j'ai quand même pris le départ le lendemain. Dans la descente de la Madeleine, j'ai à nouveau chuté et je suis arrivé en dehors du temps réglementaire. J'ai eu peur. Après la première chute, pendant deux minutes, je suis resté couché. Je ne pouvais remuer ma jambe gauche. Depuis, je suis plus prudent dans les descentes. J'espère retrouver mon assurance tout seul mais si je constate que je n'y arrive pas, je demanderai de l'aide. Après tout, un grimpeur ne peut se permettre de se faire lâcher dans les descentes. Les coureurs rapides peuvent évidemment tout miser sur le sprint et attendre. Heureusement qu'il y a des concurrents comme nous, sinon, les épreuves seraient ennuyeuses. Dans la Flèche wallonne, j'ai été le seul à démarrer derrière le peloton de tête. Si trois autres avaient embrayé, nous aurions rejoint les premiers. Je sens mieux les courses et je mets plus de force dans mes démarrages. L'année dernière, j'ai participé à beaucoup de finales. Le téléspectateur qui allume sa TV à 50 kilomètres de l'arrivée se demande pourquoi un coureur est déjà largué mais il n'a pas vu qu'il avait peut-être contenu des rivaux pendant 200 km. C'est nécessaire pour prester. Je mangeais trop de frites et le samedi, on me retrouvait à la discothèque. La moitié de mon sac contenait des friandises. Un après-midi de repos ? Je regardais un film, avec des chips et une bouteille de coca. A 18 ans, maintenant, les coureurs vivent comme des moines. Mais comment vont-ils tenir dix ou 15 ans à ce train ? Pendant les tours, j'entends des coureurs se demander comment sont les discothèques du coin. Ils n'en ont pas la moindre idée. Moi bien. Je trouve triste que, pendant la Vuelta, certains pros fassent la fête jusqu'à quatre heures du matin. C'est parce qu'ils découvrent la vie nocturne alors que ce moment devrait être révolu. Ce n'est pas une obsession mais je vis en professionnel. J'aime m'entraîner, je ne le fais jamais à contre-c£ur. Les jeunes y sont contraints. Moi, je me suis glissé progressivement dans ce rôle. C'est devenu un style de vie. Je n'ai plus envie de frites ni de chips. Je surveille mon alimentation mais je me grée de temps à autre un petit plaisir. Il faut donner à son corps ce dont il a besoin. Un peu. Je lis mon horoscope. J'y puise du courage s'il est positif. Sinon, je n'y crois pas (il rigole). Ma marraine me l'a ramenée d'Inde. Ma s£ur avait lu quelque chose à ce sujet. On peut l'interpréter différemment. J'aurais tout aussi bien pu voler dans un ravin et mourir. On ne m'a encore jamais donné de produit suspect. Aucune idée. Le lendemain, j'ai fait procéder à un nouveau contrôle. Le taux était redevenu normal. Tout le monde est susceptible d'avoir un taux plus élevé mais les coureurs dont l'équipe a un médecin ne courent pas ce risque. Je reste partisan de ces contrôles. Sans eux, certains pourraient être tentés de se préparer à 55 ou 60, comme c'était apparemment le cas auparavant. Je trouve positif le fait qu'on puisse maintenant détecter l'EPO. Je pense aussi que le cyclisme a réalisé à temps qu'il devait s'assainir. Je participe à la Bicicleta Vasca, une course de cinq étapes de première catégorie, début juin. Cette épreuve est taillée sur mesure pour moi car chaque journée comporte des côtes. Nous avions programmé le Tour de Suisse mais il semble que nous ne puissions en prendre le départ. Je consacrerai l'automne à préparer le championnat du monde. J'espère être sélectionné, sur base de mes performances. Le parcours me convient. Tous les coureurs n'ont pas nécessairement envie de rester frais jusqu'à la fin de la saison pour le Mondial. Il ne faut pas non plus oublier le décalage horaire, qu'il faudra digérer. Ce n'est pas rien. Quand tout va bien, non. Mais quand je chute à Dunkerque et que nous n'avons pas de médecin... Un professionnel éprouve quelques difficultés avec ce genre de choses. Dans les classiques flamandes, par exemple, vous avez plus de chances si vous pouvez partager le leadership de l'équipe avec un autre. Dans mon cas, de préférence quelqu'un qui sache sprinter, afin que je puisse me cacher derrière lui et vice-versa. Car je sais qu'il m'est extrêmement difficile de m'imposer au sprint. Oui. Je souhaite déterminer moi-même mes courses, enfin, dans la mesure du possible. J'aimerais courir Paris-Nice, comme les classiques auxquelles j'ai pris part cette année, plus éventuellement Paris-Roubaix et certainement Liège-Bastogne-Liège. Un grand tour ? Si c'était le cas, je préférerais être au service d'un leader. Roel Van den Broeck" J'ai peut-être développé mes talents de grimpeur à force de rouler contre le vent "