"Cavens, le Belge marque une fois ! " Sur le site officiel de l'Olympique de Marseille, c'est en dessous de la vanne préférée des Français sur leurs voisins qu'est diffusée une des rares vidéos du passage de JurgenCavens à l'OM. Ce soir de décembre 2001, le natif de Broechem s'illustre en ouvrant la marque pour sa toute première titularisation face à Lorient. Au Vélodrome, qui plus est. Euphorique, il se met à genou et envoie des coups de mitraillette à ses coéquipiers avec ses index.
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"Cavens, le Belge marque une fois ! " Sur le site officiel de l'Olympique de Marseille, c'est en dessous de la vanne préférée des Français sur leurs voisins qu'est diffusée une des rares vidéos du passage de JurgenCavens à l'OM. Ce soir de décembre 2001, le natif de Broechem s'illustre en ouvrant la marque pour sa toute première titularisation face à Lorient. Au Vélodrome, qui plus est. Euphorique, il se met à genou et envoie des coups de mitraillette à ses coéquipiers avec ses index. " Avant ce but, je pouvais me promener où je voulais sans être interpellé. Après, c'est devenu impossible. J'avais l'habitude de souper les dimanches dans un restaurant italien de Cassis (ville située à 30 kilomètres de Marseille où vivait Cavens, ndlr). Dès que la patronne a appris que j'étais un joueur de l'OM, je n'ai plus pu payer quoi que ce soit (rires). " Si la carrière de Jurgen Cavens ne se résume évidemment pas à cette seule réalisation, force est de constater que l'ancien Lierrois a toujours apprécié les coups d'un soir. Buteur avec la Belgique pour son premier match en compétition officielle contre la Lettonie en 2001, il remet le couvert lors de ses débuts avec le Standard contre Charleroi (6-0). Mais c'est sans conteste son doublé en finale de la Coupe de Belgique 1998-99 - sa meilleure saison - avec le Lierse (3-1 contre le Standard) qui s'est inscrit dans la mémoire collective. Les Pallieters sortaient alors d'une saison historique qui les avait vus décrocher le titre en D1. " On n'était pas les plus talentueux mais le coach, Eric Gerets, est parvenu à créer un vrai groupe. D'ailleurs on se retrouvait souvent pour aller boire un verre dans des cafés de Louvain ou Anvers. Et le lundi, c'était champagne. " Le lendemain d'une soirée "compliquée" où les Lierrois ont découvert l'amour de leur entraîneur pour la Duvel, le Polonais Andrzej Rudy s'est ramené dans le vestiaire avec une casquette à l'effigie de la bière anversoise. " Tout le monde s'est marré sur le coup ", se remémore Cavens. " Mais dès que Gerets a commencé son discours, le silence et la concentration ont repris le dessus. C'était ça l'ambiance lierroise de l'époque. " Transféré pour plus de deux millions d'euros au Standard en 2001, Cavens sent très vite qu'il n'est pas le premier choix des Liégeois quand il est envoyé en prêt quelques semaines seulement après son arrivée en bord de Meuse. Après Marseille, l'attaquant découvre Twente et Gand, toujours sans avoir son mot à dire. Mais surtout sans convaincre. Ses entraîneurs évoquent alors son besoin de confiance trop important. Cavens confirme. " Je suis réaliste. Je sais qu'en changeant quelques petites choses, j'aurais pu mieux réussir et jouer plus haut. " Après un passage plutôt correct au GBA, l'ancien Diable Rouge retourne à ses premiers amours au Lierse où il vit une toute belle association avec Tomasz Radzinski. " À notre échelle, certains nous comparaient au duo qu'il avait formé avec Jan Koller à Anderlecht ", rigole Cavens. " C'est vrai que ça fonctionnait très bien entre lui, le petit buteur rapide, et moi le pivot qui aime donner les assists. " Un matin d'été 2012, au moment de se rendre à l'entraînement, Cavens découvre pourtant son casier vide. Le club ne veut plus de lui. C'est ce jour-là que s'ouvre sa cicatrice avec le sport-roi. " Avec le recul, je peux être fier de ma carrière ", nuance néanmoins celui qui a porté cinq fois la vareuse de l'équipe nationale. " Je n'oublie pas non plus qu'à 19 ans, je pouvais signer à Dortmund, au Bayern ou à l'Ajax. Mais tout ça est fini. " Et Cavens n'a pas attendu une seconde pour se reconvertir. " Je n'ai pas hésité quand mon beau-père m'a proposé du travail dans sa station service à Essen, près d'Anvers. Au départ, j'avais comme job de servir à la pompe mais j'ai gravi les échelons. " La preuve : muté au sein d'une filiale à Geel, notre homme prend petit à petit d'autres responsabilités au sein de l'entreprise Tempo Oil, chargée de livrer le mazout chez le particulier mais aussi au gouvernement flamand. En 2015, il devient directeur de la station de Geel, où il gère un terrain de 17.500 m2 rempli notamment d'énormes cuves contenant jusqu'à 2 millions de litres de fuel. Installé dans son bureau décoré d'une carte géante de la Belgique - " On livre partout dans le pays " - et de plusieurs photos de camions, Cavens n'a pas beaucoup de temps libre. Entre ses heures à Geel et ses visites récurrentes à Essen pour prendre le pouls et faire les comptes, il garde néanmoins une mince connexion avec le football. " Durant ma carrière, beaucoup d'anciens entraîneurs m'ont conseillé de me diriger vers le coaching. Finalement, c'est un peu ce que je fais. Je gère une dizaine d'employés, je m'occupe des différentes feuilles de route des chauffeurs qui distribuent le mazout. À la manière d'un entraîneur, je veille au bon fonctionnement de mon groupe. " Dans un secteur rongé par la concurrence, Jurgen Cavens apprécie les nombreux contacts qu'il peut avoir avec ses clients, " surtout ceux de plus de 50 ans ". Les discussions permettent au directeur de sentir le côté humain du métier. " Il m'arrive surtout de parler de cyclisme. Mes favoris sont Philippe Gilbert et Greg VanAvermaet. " Quant au foot... " Je joue encore avec des amis en vétérans. Il n'y a aucun côté compétitif, c'est surtout pour que je ne prenne pas trop de poids parce que j'adore le vin. " La boucle marseillaise est bouclée... par émilien hofman - photo pg " A 19 ans, je pouvais signer à Dortmund, au Bayern ou à l'Ajax. " Jurgen Cavens