" Le football était toute ma vie et pourtant, je n'ai pas eu de mal à l'abandonner. Je suis beaucoup plus heureux maintenant. Je profite davantage de l'existence. " Il y a deux ans, Jurgen Cavens (37 ans) a mis un terme à une carrière de près de vingt ans. Il joue désormais en vétérans au Gooreind VV (P3). Waasland-Beveren a été son dernier employeur parmi l'élite, en 2012-2013. Cavens a encore joué en D3, pour Cappellen et le Beerschot-Wilrijk mais des problèmes de genou l'ont finalement contraint à raccrocher.
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" Le football était toute ma vie et pourtant, je n'ai pas eu de mal à l'abandonner. Je suis beaucoup plus heureux maintenant. Je profite davantage de l'existence. " Il y a deux ans, Jurgen Cavens (37 ans) a mis un terme à une carrière de près de vingt ans. Il joue désormais en vétérans au Gooreind VV (P3). Waasland-Beveren a été son dernier employeur parmi l'élite, en 2012-2013. Cavens a encore joué en D3, pour Cappellen et le Beerschot-Wilrijk mais des problèmes de genou l'ont finalement contraint à raccrocher. Il ne le regrette pas. " Ce qui s'est passé lors de mes dernières années au Lierse, à Waasland-Beveren et à Cappellen m'a détaché de ce milieu. Au Lierse, j'ai vraiment encaissé un sale coup. " Cavens a fait ses classes au Lisp et il faisait partie du noyau A quand Eric Gerets a conduit l'équipe au titre, en 1997. Deux ans plus tard, devenu titulaire, il a gagné la Coupe de Belgique. Avec neuf buts en Coupe, dont deux en finale contre le Standard, il avait même été l'homme de cette campagne. Son second passage au Lierse, de 2008 - 2011, a rompu le charme. Cavens : " Au début de notre deuxième campagne au plus haut niveau, j'ai découvert que mon armoire avait été vidée, alors que j'avais quand même été capitaine et meilleur buteur de l'équipe qui était remontée en D1. Toutefois, compte tenu des services que j'avais rendus au club, on m'a autorisé à m'entraîner avec le noyau A. J'ai demandé à disputer des matches avec les espoirs. J'ai eu mal au coeur en voyant les contrats offerts à des joueurs qui n'avaient rien représenté pour le club. Par contre, le Beerschot m'a témoigné le respect dont le Lierse m'avait privé. C'est d'ailleurs le seul club que je suis encore de temps à autre. " Cavens est conscient d'avoir toujours été un joueur contesté. " Mon style de jeu ne laissait pas indifférent. Les uns me trouvaient élégant, les autres me jugeaient nonchalant. Mais je permettais aux autres d'obtenir un meilleur rendement. Je m'épanouissais vraiment en combinaison avec un avant rapide, comme François Sterchele, Tomasz Radzinski ou Tosin Dosunmu. " Malgré des adieux peu glorieux, l'avant est satisfait de sa carrière, qui l'a mené à Marseille, à Twente, au Standard et à Gand. " J'aurais peut-être pu faire mieux encore. Par exemple, Marseille s'est présenté trop tôt. Le Standard m'a prêté pendant six mois, en 2001. Je me suis retrouvé dans une équipe qui alignait Ibrahima Ba, Franck Leboeuf, Daniel Van Buyten, Vedran Runje, Fernandão... J'ai marqué contre Lorient dès mon premier match. La semaine suivante, tout le monde m'abordait en rue et je ne pouvais plus payer nulle part. Marseille respire la passion. Je suis revenu au Standard en hiver car Ali Lukunku, Ole-Martin Aarst et Michael Goossens étaient blessés. " Il rappelle ses six sélections en équipe nationale, non sans fierté. " J'ai finalement participé à cinq matches. J'ai inscrit mon unique but contre l'Estonie, sur passe de Marc Wilmots. Le sélectionneur, Robert Waseige, m'appréciait. C'était un gars spécial ", sourit Cavens. " Je me rappelle le match amical contre les Pays-Bas : 5-5 à Rotterdam. Je crois que Waseige n'a vu que deux des dix buts. Il n'arrêtait pas de blaguer sur le banc. " Le Lierrois travaille désormais pour deux vendeurs de combustibles : Tempo Oil, à Geel, et De Bie, à Essen. " Ça me plaît. Au début, j'ai même servi à la pompe ", rit-il. " Le métier d'entraîneur me tente. Au Lierse, Trond Sollied m'a dit qu'il me verrait bien coacher, que j'étais fait pour ça. J'ai eu des propositions de clubs de D3 et de Promotion mais ce n'est pas à l'ordre du jour. Je profite maintenant de la vraie vie, je suis occupé du matin au soir et je consacre du temps à mon épouse et à mes trois fils, Jaimy, Loick et Lewis. Bref, le trou noir, ce n'est pas pour moi. " PAR MATTHIAS STOCKMANS " J'obtenais mon meilleur rendement en duo avec un avant rapide style Sterchele, Radzinski ou Dosunmu. " JURGEN CAVENS