1. Courtrai réalise un début de saison encourageant, malgré la défaite de dimanche face à un Standard réduit à dix. Quels sont tes objectifs personnels et ceux de ton club ?

Je vais commencer par ceux du club : c'est forcément de terminer le plus haut possible. Le club rêve bien sûr des PO1 et nous, les joueurs, également. Je trouve qu'on a beaucoup de qualités dans l'équipe et un match comme celui qu'on a livré contre Anderlecht (victoire 4-2, ndlr) nous prouve qu'on est capables de belles choses, d'autant que le team n'a pas trop changé. La saison sera longue, il y aura des hauts et des bas, comme ce week-end, mais c'est dans ces moments-là qu'il faut rester soudé. Sur le plan personnel, je veux continuer sur ma lancée de la saison passée, en ajoutant plus de goals, plus d'assists.

2. Le club se trouve actuellement en plein coeur d'un imbroglio dans le transfert de Faïz Selemani, qui a utilisé la loi de 1978 pour rompre son contrat avec l'Union Saint-Gilloise. Ce n'est pas un peu bizarre de s'entraîner avec un coéquipier dans une telle situation ?

Il n'y aucune tension chez nous. Ce n'est pas un sujet tabou. Si on commente l'actualité des transferts au jour le jour, qu'on s'entraîne avec lui, on n'en a même pas parlé dans le vestiaire. On est juste contents qu'il soit avec nous, parce que c'est un bon joueur, qui va beaucoup nous apporter. On ne pense vraiment pas qu'il puisse ne plus être là dans un mois, voire être suspendu. Le reste, on laisse ça aux gens dans les bureaux, ils peuvent se prendre la tête entre eux (rires).

3. L'affaire Selemani fait écho au dossier de ton frère, Alexis, qui s'est quant à lui servi d'une erreur administrative de Saint-Trond pour rallier l'Antwerp, libre. C'est comme si, au fil des années, le joueur était devenu roi. Qu'est-ce que cela révèle sur le monde du foot actuel, selon toi ?

Je ne pense pas que les joueurs soient " rois ". S'ils arrivent à leurs fins, c'est qu'il y a des failles dans les contrats et que c'est tout à fait légal. On en parle pour la simple et bonne raison que les contrats ne sont pas parfaits. Les clubs ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Les joueurs, eux, utilisent tous les moyens possibles pour obtenir ce qu'ils désirent. Je ne trouve ça ni bon ni mauvais, mais si les clubs pouvaient être plus enclins à la négociation, à penser au bien-être des joueurs, ces derniers ne tenteraient pas d'utiliser de tels moyens.

4. Dans notre dernier numéro, nous évoquions le racisme en tribunes. Courtrai dit agir pour endiguer le problème, mais on a l'impression que le discours se répète sans pour autant qu'il y ait de changement. Est-ce qu'il n'y a pas un peu d'hypocrisie ?

Le problème, c'est qu'il s'agit souvent de cas isolés. C'est difficile de viser dix personnes sur 20.000 dans un stade. Mais c'est clair que ça n'a pas sa place dans un stade. Le football, c'est la mixité. Les joueurs dégagent une alchimie et c'est ce qui fait la beauté de notre sport. Même au niveau des supporters : à Courtrai, des supporters sont venus d'Angleterre. Jea ne sais pas quelle est la meilleure solution, mais ce qui est sûr, c'est que les gens qui ont proféré des insultes racistes à l'encontre de certains joueurs sont probablement les mêmes qui ont adoré ces derniers. Pour moi, ce sont eux les hypocrites.

5. Tu viens tout juste d'être papa. Sachant que tu avais beaucoup apprécié ton expérience anglaise, tu voudrais voir grandir ton fils à l'étranger ou tu vas chercher à trouver un peu de stabilité pour lui ?

Je ne sais pas où le football va m'amener dans les années à venir. Mais si c'est à l'étranger, je pense que ça pourrait être une bonne chose pour mon fils, puisqu'il pourrait apprendre une autre langue, une autre culture, très jeune. Alors, pourquoi pas ? Il faudra trouver l'équilibre entre stabilité et aventure à l'étranger : une escapade en Arabie saoudite me semble impensable, aujourd'hui. Mais si c'est en Europe ou pas trop loin, il n'y a pas de problème. Après, on verra si on le met au foot. Il décidera. Mes parents ne nous ont pas obligés, mais on est tombé dedans tout petits. Dans la famille, il faut dire qu'on a quelques gènes...

1. Courtrai réalise un début de saison encourageant, malgré la défaite de dimanche face à un Standard réduit à dix. Quels sont tes objectifs personnels et ceux de ton club ?Je vais commencer par ceux du club : c'est forcément de terminer le plus haut possible. Le club rêve bien sûr des PO1 et nous, les joueurs, également. Je trouve qu'on a beaucoup de qualités dans l'équipe et un match comme celui qu'on a livré contre Anderlecht (victoire 4-2, ndlr) nous prouve qu'on est capables de belles choses, d'autant que le team n'a pas trop changé. La saison sera longue, il y aura des hauts et des bas, comme ce week-end, mais c'est dans ces moments-là qu'il faut rester soudé. Sur le plan personnel, je veux continuer sur ma lancée de la saison passée, en ajoutant plus de goals, plus d'assists. 2. Le club se trouve actuellement en plein coeur d'un imbroglio dans le transfert de Faïz Selemani, qui a utilisé la loi de 1978 pour rompre son contrat avec l'Union Saint-Gilloise. Ce n'est pas un peu bizarre de s'entraîner avec un coéquipier dans une telle situation ? Il n'y aucune tension chez nous. Ce n'est pas un sujet tabou. Si on commente l'actualité des transferts au jour le jour, qu'on s'entraîne avec lui, on n'en a même pas parlé dans le vestiaire. On est juste contents qu'il soit avec nous, parce que c'est un bon joueur, qui va beaucoup nous apporter. On ne pense vraiment pas qu'il puisse ne plus être là dans un mois, voire être suspendu. Le reste, on laisse ça aux gens dans les bureaux, ils peuvent se prendre la tête entre eux (rires). 3. L'affaire Selemani fait écho au dossier de ton frère, Alexis, qui s'est quant à lui servi d'une erreur administrative de Saint-Trond pour rallier l'Antwerp, libre. C'est comme si, au fil des années, le joueur était devenu roi. Qu'est-ce que cela révèle sur le monde du foot actuel, selon toi ?Je ne pense pas que les joueurs soient " rois ". S'ils arrivent à leurs fins, c'est qu'il y a des failles dans les contrats et que c'est tout à fait légal. On en parle pour la simple et bonne raison que les contrats ne sont pas parfaits. Les clubs ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Les joueurs, eux, utilisent tous les moyens possibles pour obtenir ce qu'ils désirent. Je ne trouve ça ni bon ni mauvais, mais si les clubs pouvaient être plus enclins à la négociation, à penser au bien-être des joueurs, ces derniers ne tenteraient pas d'utiliser de tels moyens. 4. Dans notre dernier numéro, nous évoquions le racisme en tribunes. Courtrai dit agir pour endiguer le problème, mais on a l'impression que le discours se répète sans pour autant qu'il y ait de changement. Est-ce qu'il n'y a pas un peu d'hypocrisie ?Le problème, c'est qu'il s'agit souvent de cas isolés. C'est difficile de viser dix personnes sur 20.000 dans un stade. Mais c'est clair que ça n'a pas sa place dans un stade. Le football, c'est la mixité. Les joueurs dégagent une alchimie et c'est ce qui fait la beauté de notre sport. Même au niveau des supporters : à Courtrai, des supporters sont venus d'Angleterre. Jea ne sais pas quelle est la meilleure solution, mais ce qui est sûr, c'est que les gens qui ont proféré des insultes racistes à l'encontre de certains joueurs sont probablement les mêmes qui ont adoré ces derniers. Pour moi, ce sont eux les hypocrites. 5. Tu viens tout juste d'être papa. Sachant que tu avais beaucoup apprécié ton expérience anglaise, tu voudrais voir grandir ton fils à l'étranger ou tu vas chercher à trouver un peu de stabilité pour lui ?Je ne sais pas où le football va m'amener dans les années à venir. Mais si c'est à l'étranger, je pense que ça pourrait être une bonne chose pour mon fils, puisqu'il pourrait apprendre une autre langue, une autre culture, très jeune. Alors, pourquoi pas ? Il faudra trouver l'équilibre entre stabilité et aventure à l'étranger : une escapade en Arabie saoudite me semble impensable, aujourd'hui. Mais si c'est en Europe ou pas trop loin, il n'y a pas de problème. Après, on verra si on le met au foot. Il décidera. Mes parents ne nous ont pas obligés, mais on est tombé dedans tout petits. Dans la famille, il faut dire qu'on a quelques gènes...