La vie d'une sportive de haut niveau n'est pas toujours rose. Passez donc dix jours seule, enfermée dans une chambre d'hôtel à Orenbourg, en Russie, à 4.000 kilomètres de votre famille et de vos amis en Belgique. C'est la situation de la Belgian Cat Julie Vanloo quand nous lui téléphonons un lundi soir. La raison? Son test PCR avant un déplacement à Orenbourg, l'équipe de sa collègue internationale Kyara Linskens, s'est avéré positif. Elle est donc restée seule là-bas, alors que les autres joueuses du Enisey Krasnoyarsk prenaient l'avion pour Athènes et leur prochain match.
...

La vie d'une sportive de haut niveau n'est pas toujours rose. Passez donc dix jours seule, enfermée dans une chambre d'hôtel à Orenbourg, en Russie, à 4.000 kilomètres de votre famille et de vos amis en Belgique. C'est la situation de la Belgian Cat Julie Vanloo quand nous lui téléphonons un lundi soir. La raison? Son test PCR avant un déplacement à Orenbourg, l'équipe de sa collègue internationale Kyara Linskens, s'est avéré positif. Elle est donc restée seule là-bas, alors que les autres joueuses du Enisey Krasnoyarsk prenaient l'avion pour Athènes et leur prochain match. Dans la vie comme sur le parquet, Julie Vanloo est une battante. Bourrée d'énergie, de joie de vivre et de combativité. Ce n'est pas pour rien que son profil Instagram est titré "Living the dream". Tout a commencé aux Blue Cats Ypres, où elle a été formée avec ses amies HanneMestdagh et EmmaMeesseman par PhilipMestdagh, devenu plus tard le sélectionneur de l'équipe nationale. Elle a encore joué en Belgique à Waregem, avant d'entamer une odyssée impressionnante en 2013. Elle est successivement passée par l'USO Mondeville (France), le BBK Lulea (Suède), Virtus Ragusa (Italie), Istanbul Universitesi (Turquie), l'ASVEL Lyon (France), le PEAC Pecs (Hongrie), Townsville Fire (Australie), à nouveau Lulea, Saragosse Basket (Espagne) et, depuis cet été, Krasnoyarsk, en Sibérie. "Je n'ai pas besoin de stabilité. J'aime découvrir de nouveaux pays, de nouvelles cultures", déclare la meneuse de 28 ans. "C'est à Lulea que j'ai été la plus heureuse. C'est d'ailleurs le seul club où je suis revenue. J'aime la mentalité des gens, l'environnement est magnifique et l'ambiance est formidable: il y avait 3.000 personnes à chaque match. Tout se passait bien sur le terrain. Je ne souffre pas du mal du pays. Ce dépaysement n'est pénible que quand on est malade, comme maintenant. J'ai besoin de rencontrer des gens. Sportivement, c'est l'Australie qui a constitué le plus grand défi. Le championnat est très fort. Il compte beaucoup de joueuses de WNBA. Certains pensent que j'y suis allée pour le climat, mais je peux vous dire que j'ai souffert. On s'entraînait à sept heures du matin, avant la canicule." Depuis cet été, elle évolue en Sibérie, au Enisey Krasnoyarsk, un club moyen de la compétition. La ville d'un million d'habitants abrite des usines d'armement nucléaire. Les hivers y sont rudes. Le mercure chute à -20° en moyenne. Ça ne semble pas être le coin le plus idyllique de Russie, mais Julie Vanloo réfute cette impression: "C'est une des plus belles offres que j'ai jamais reçues. Le championnat est relevé, les conditions financières formidables, l'entraîneur me voulait vraiment et Kyara, qui y a déjà joué, m'a rassurée quant au club et aux conditions de vie. Krasnoyarsk est une ville vivante, qui m'offre tout ce dont j'ai besoin. J'habite un appartement à côté d'un centre commercial ultra moderne. Les infrastructures sont parfaites, tout me plaît. La froideur de la salle constituera un défi mais bon, j'ai déjà connu des conditions semblables en Suède. Je peux supporter beaucoup de choses si on joue bien. Et je bénéficie de la totale confiance de l'entraîneur. Elle me considère comme son relais et m'octroie beaucoup de liberté, ce qui me permet de mieux m'exprimer sur le plan offensif. Ceux qui m'octroient des libertés reçoivent beaucoup en échange." La Flandrienne a connu des moments moins fastes. Elle a perdu sa place en équipe nationale début 2020. Philip Mestdagh ne l'a pas sélectionnée pour le tournoi olympique à Ostende, sa ville natale. "J'ai été mal. J'ai même pensé arrêter, mais j'ai préféré me regarder dans la glace: que pouvais-je changer? Philip et moi avons aplani notre différend depuis, mais le changement de sélectionneur n'en constitue pas moins une libération. ValéryDemory, que j'ai connue à Lyon, me permet de me montrer. J'ai prouvé que je n'étais pas finie dans les matches contre la Bosnie et l'Allemagne, qualificatifs pour l'EURO." Vanloo a toujours voulu être un modèle, ballon à la main comme dans la vie. C'est pour ça qu'elle organise des stages de basketball pour jeunes filles ou qu'elle va rassembler des joueuses de renom pour un All-Star Game en fin d'année, pour la troisième fois, à Alost. "C'est important d'être une source d'inspiration pour les sportives. Elles doivent savoir qu'elles ont la possibilité de devenir professionnelles. Il faut leur apprendre à gérer la pression tout en leur faisant comprendre que ça doit rester amusant. Poursuivez vos rêves, mais have fun! Il faut faire ce qui nous procure du bonheur. Je suis parfois sous pression, bien sûr, mais j'essaie de la traduire en gratitude. Il faut appréhender l'ensemble: j'ai un cercle d'amis fantastique et une belle famille, je peux vivre de mon sport. Je vis vraiment mon rêve."