Le Depor en demi-finales de la LC

Mercredi passé, c'était Galice au pays des merveilles. Mais, même si cela a eu un éclat particulier face à Milan, il ne faut pas oublier que La Corogne a l'habitude de pondre trois ou quatre matches hors norme chaque saison. Ce brio a collé avec un off-day total de l'AC Milan. Les Lombards ont renoncé à leur jeu habituellement lié, passant par des étapes dans l'entrejeu, au profit d'options très directes entre la défense et les attaquants. Le but était de placer des ballons dans le dos des arrières espagnols. Il en résulta comme importante conséquence que Kaka ne vit jamais la sphère.
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Mercredi passé, c'était Galice au pays des merveilles. Mais, même si cela a eu un éclat particulier face à Milan, il ne faut pas oublier que La Corogne a l'habitude de pondre trois ou quatre matches hors norme chaque saison. Ce brio a collé avec un off-day total de l'AC Milan. Les Lombards ont renoncé à leur jeu habituellement lié, passant par des étapes dans l'entrejeu, au profit d'options très directes entre la défense et les attaquants. Le but était de placer des ballons dans le dos des arrières espagnols. Il en résulta comme importante conséquence que Kaka ne vit jamais la sphère. La Corogne en profita pour poser son jeu tout en étant, cette fois, efficace à la percussion, ce qui n'avait pas été le cas à Milan. Le Depor a dominé le débat de la tête et des épaules mais n'a pas obtenu dix occasions de but. J'en ai compté cinq ou six tout au plus mais quatre se terminèrent dans les filets de Dida. A ce jeu-là, un homme s'est encore plus illustré que d'autres : Juan Carlos Valeron. A mon avis, il est aussi fort que Zinédine Zidane, si pas plus même. Valeron n'est évidemment pas aussi médiatisé mais son apport au profit du groupe est plus important que celui de Zizou. Le Français tente toujours de surclasser son adversaire, de se moquer gentiment de lui, en inventant un truc sur le terrain. Valeron pourrait le faire mais il préfère être concret, collectif, efficace dans le dernier geste à la finition. Zidane se place à gauche, à droite, au centre et en tire parfois un effet de surprise. Valeron est axial, toujours disponible, et ne cherche pas à étonner par un placement excentré et cela réduit l'effet de surprise tactique. Mais Valeron n'en a cure et émerge quand même balle au pied. La Corogne a un concept offensif sans cesse ambitieux avec trois attaquants et un soutien très actif. Ce club ne change pas d'occupation de terrain au moindre problème venu. Enfin, il ne faut pas oublier non plus que le groupe ne manque pas de maturité avec Mauro Silva, Nouredine Naybet, Jose Francisco Molina, etc. Si La Corogne a cassé la baraque, le Real et Arsenal, à la peine dans leur compétition nationale respective, sont passés par la fenêtre. Dans le chef des Anglais, cette élimination n'est pas un accident. Il y a trois ans maintenant qu'Arsenal n'a pas de défense à la hauteur de ses ambitions européennes. Les Londoniens comptent en leur sein un carton de champions du monde mais ne parviennent pas à briller sur la scène internationale. Au Real, c'est différent et il ne faut pas tout remettre en question. Je ne crois pas que la vérité viendra par le transfert d'un grand arrière. Une équipe gagne grâce aux joueurs. Mais elle ne perd pas... grâce au travail du coach. C'est à ce dernier de travailler une stratégie défensive. Or, j'ai l'impression que cela ne se fait pas depuis deux ou trois ans au Real. Les magnifiques matches des quarts de finale de la Ligue des Champions ont aussi été marqués par des innovations, ou retours aux traditions d'antan, dans le placement des joueurs. Les arrières centraux ne s'avancent plus en zone adverse comme on le leur demandait de plus en plus régulièrement. A La Corogne, Nouredine Naybet et Andrade, ne cherchent pas à être beaux mais sont efficaces. Il en va de même pour les couples défensifs de Porto ou Chelsea. Là où ce souci ne fut pas le même, cela a foiré dans ce secteur vital comme ce fut le cas du Real, de l'AC Milan et d'Arsenal. Mais où étaient les arrières centraux du Real Madrid sur le deuxième et le troisième but de Monaco ? Les médians défensifs en profitent. Ce sont des arracheurs de ballons qui portent désormais le danger dans le camp adverse. A Arsenal, Claude Makelele a tiré violemment au but. Et qui était là afin de reprendre le cuir lâché par Jens Lehmann ? Frank Lampard, l'autre médian défensif de Chelsea. Porto séduit par son organisation tactique. Un détail m'a frappé. Sur les phases arrêtées, surtout lors des corners, Vitor Baia ne plaçait personne au premier ou au deuxième poteau. C'est son domaine et il estimait, à juste titre, devoir en être le patron. Et puis, quand le gardien s'empare de la balle, il a forcément plus de solutions car l'effectif se redéploie plus vite. Emilio Ferrera