" La France du grand large, celle qui exporte ses footballeurs aux quatre coins de l'Europe, a connu ses premiers grands succès avec Raymond Kopa (Real Madrid : 1956-1959) et Michel Platini (Juventus : 1982-1987). Avant cela, ils s'étaient respectivement révélés au Stade de Reims et à Saint-Etienne. J'ai eu la chance de les connaître, de jouer contre Kopa avec les Diables Rouges et de croiser Platini lors de l'un ou l'autre séminaire. Tout cela m'est revenu en mémoire alors que j'assistais au match des play-offs Club Bruges-Anderlecht. Jean-Pierre Papin fut reçu en grandes pompes, ovationné par le public brugeois qui n'a rien oublié de sa magnifique saison 1985-1986, avant de prendre possession du trophée de meilleur joueur étranger de l'histoire du Club.

Jipépé faillit pourtant bifurquer vers Lille avant de signer à Bruges. J'étais coach des Lillois et notre Directeur technique, Charly Samoy, me parla d'un jeune attaquant ultra tonique qui évoluait en L2, à Valenciennes... Je l'ai suivi lors d'un match et, pour moi, ce jeune homme de 21 ans à l'époque, avait tout pour faire son trou dans une équipe lilloise très offensive. Valenciennes avait besoin de beurre dans ses maigres épinards. Bien renseigné par l'agent de joueurs Fernand Goyvaerts, le Club Bruges demanda à une de ses légendes, Raoul Lambert, de scouter attentivement Papin. Pour le LOSC, le prix du transfert (± 375.000 euros) était trop élevé, pas pour le Club Bruges. JPP brilla de mille feux en Belgique : buts à la pelle, belle campagne européenne, succès en finale de la Coupe 3-0 contre le Cercle, premières sélections avec les Bleus.

Bernard Tapie, grand manitou de Marseille, jeta son dévolu sur cet attaquant phénoménal qui dégainait plus vite que Lucky Luke. Nanard fit venir la crème des dirigeants brugeois, Michel D'Hooghe et Michel Van Maele, au stade Vélodrome en affirmant : -Je réglerai ce transfert en une demi-heure avec les Belges. Van Maele fit semblant de ne pas parler français et les négociations traînèrent toute la journée. Excédé, roulé, Tapie dépensa un peu plus de deux millions d'euros pour transférer le joueur dont il rêvait et se jura de ne plus jamais s'asseoir à une table de négociations avec le Club Bruges. A malin, deux malins et demi. Professionnel de 1984 à 1999, Papin devint une icône du foot mondial. Lille se mordit les doigts et deux... attaquants belges en profitèrent. En 1986, j'ai recruté Erwin Vandenbergh et Filip Desmet. Si Lille avait recruté l'inventeur des papinades, ils n'auraient pas signé chez les Dogues du Nord. "

PIERRE BILIC

" La France du grand large, celle qui exporte ses footballeurs aux quatre coins de l'Europe, a connu ses premiers grands succès avec Raymond Kopa (Real Madrid : 1956-1959) et Michel Platini (Juventus : 1982-1987). Avant cela, ils s'étaient respectivement révélés au Stade de Reims et à Saint-Etienne. J'ai eu la chance de les connaître, de jouer contre Kopa avec les Diables Rouges et de croiser Platini lors de l'un ou l'autre séminaire. Tout cela m'est revenu en mémoire alors que j'assistais au match des play-offs Club Bruges-Anderlecht. Jean-Pierre Papin fut reçu en grandes pompes, ovationné par le public brugeois qui n'a rien oublié de sa magnifique saison 1985-1986, avant de prendre possession du trophée de meilleur joueur étranger de l'histoire du Club. Jipépé faillit pourtant bifurquer vers Lille avant de signer à Bruges. J'étais coach des Lillois et notre Directeur technique, Charly Samoy, me parla d'un jeune attaquant ultra tonique qui évoluait en L2, à Valenciennes... Je l'ai suivi lors d'un match et, pour moi, ce jeune homme de 21 ans à l'époque, avait tout pour faire son trou dans une équipe lilloise très offensive. Valenciennes avait besoin de beurre dans ses maigres épinards. Bien renseigné par l'agent de joueurs Fernand Goyvaerts, le Club Bruges demanda à une de ses légendes, Raoul Lambert, de scouter attentivement Papin. Pour le LOSC, le prix du transfert (± 375.000 euros) était trop élevé, pas pour le Club Bruges. JPP brilla de mille feux en Belgique : buts à la pelle, belle campagne européenne, succès en finale de la Coupe 3-0 contre le Cercle, premières sélections avec les Bleus. Bernard Tapie, grand manitou de Marseille, jeta son dévolu sur cet attaquant phénoménal qui dégainait plus vite que Lucky Luke. Nanard fit venir la crème des dirigeants brugeois, Michel D'Hooghe et Michel Van Maele, au stade Vélodrome en affirmant : -Je réglerai ce transfert en une demi-heure avec les Belges. Van Maele fit semblant de ne pas parler français et les négociations traînèrent toute la journée. Excédé, roulé, Tapie dépensa un peu plus de deux millions d'euros pour transférer le joueur dont il rêvait et se jura de ne plus jamais s'asseoir à une table de négociations avec le Club Bruges. A malin, deux malins et demi. Professionnel de 1984 à 1999, Papin devint une icône du foot mondial. Lille se mordit les doigts et deux... attaquants belges en profitèrent. En 1986, j'ai recruté Erwin Vandenbergh et Filip Desmet. Si Lille avait recruté l'inventeur des papinades, ils n'auraient pas signé chez les Dogues du Nord. " PIERRE BILIC