A runa Dindane n'a nullement loupé son come-back sur le terrain après sa bouderie. A l'occasion du déplacement à Ostende, l'Ivoirien se sera érigé en véritable héros de la soirée, en signant un goal entrelardé de deux actions décisives. La première, après 20 minutes de jeu, permit au Sporting d'hériter d'un généreux penalty-cadeau après un faux contact de la perle noire des Mauves avec l'infortuné Dimitri Habran, qui méritait assurément tout sauf le renvoi aux vestiaires sur cette phase.
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A runa Dindane n'a nullement loupé son come-back sur le terrain après sa bouderie. A l'occasion du déplacement à Ostende, l'Ivoirien se sera érigé en véritable héros de la soirée, en signant un goal entrelardé de deux actions décisives. La première, après 20 minutes de jeu, permit au Sporting d'hériter d'un généreux penalty-cadeau après un faux contact de la perle noire des Mauves avec l'infortuné Dimitri Habran, qui méritait assurément tout sauf le renvoi aux vestiaires sur cette phase. En début de deuxième mi-temps, le génial Africain prouva toute l'étendue de son talent en paraphant de la tête û son point faible, paraît-il... û le but qui était censé être celui de la délivrance pour les siens. Après que le KV eut méritoirement réduit l'écart, Aruna Dindane témoigna une fois encore son caractère extrêmement précieux en offrant sur un plateau d'argent la troisième et dernière réalisation de ses couleurs, signée par le nouveau venu, Jonathan Legear. " Je savais que la plupart des observateurs auraient les yeux rivés sur ma personne ", dit après coup le grand bonhomme de la soirée. " Vu l'émoi dû aux événements que j'avais moi-même suscités, il ne pouvait en aller autrement. Je pense avoir prouvé à travers ma prestation que l'affaire est définitivement oubliée et que je suis à nouveau concentré à 100 % sur mon club. Il en a d'ailleurs toujours été ainsi, sauf dans la courte période où j'avais mes idées ailleurs (il rit). Mais tout cela est de l'histoire ancienne à présent ". Pour avoir séché deux entraînements ainsi qu'un match durant son bras de fer avec la direction, Dindane s'en tire finalement à bon compte. Anderlecht, qui a besoin de son Mister 50 %, comme l'Ivoirien l'a démontré à suffisance contre Benfica, ne lui a effectivement infligé aucune sanction sportive. Son seul préjudice sera une amende que le comité de direction du club prendra demain. Dans l'histoire quasi séculaire du Sporting, une seule fois seulement un cas semblable à celui de notre homme s'était produit. Il remonte à la saison 1973-1974. Au premier tour de la Coupe des Coupes, le RSCA avait hérité du modeste FC Zurich en tant qu'adversaire. Contre toute attente, les Suisses s'étaient inclinés de justesse, au Parc Astrid : 3-2. Mais, qu'à cela ne tienne, le retour ne devait constituer, en principe, qu'une simple formalité. C'était toutefois compter sans PaulVanHimst qui, à quelques minutes du coup d'envoi, lança un fameux pavé dans la mare mauve en décrétant qu'il ne voulait pas jouer. En cause, la volonté de l'entraîneur, Urbain Braems, de l'aligner sur le flanc droit de l'attaque, soucieux de ne pas dissocier le tandem formé par Attila Ladynszki et Robby Rensenbrink en pointe. Résultat des courses : une défaite par 1 à 0 et une élimination sans gloire dès l'entrée en matière du club sur la scène européenne cette saison-là. A l'époque, Popol fut pénalisé de 100.000 francs, un montant dérisoire par rapport au manque à gagner en CE2. Et même anecdotique quand on saura qu'après la conquête du titre, huit mois plus tard, la somme se dissipa comme par enchantement dans les brumes de l'oubli. En ira-t-il de même cette fois, trois décennies plus tard ? Pas sûr. En haut lieu, au Stade Constant Vanden Stock, chacun jure ses grands dieux que le joueur subira une ponction financière. De quel ordre ? " Conséquente ", observe le manager Herman Van Holsbeeck à ce propos. S'oriente- t-on, dès lors, vers une somme de 10.000 euros ? C'est ce qu'avait dû débourser Nenad Jestrovic, en cours de saison passée, pour avoir pété les plombs lors d'un match des Réserves alors qu'il revenait tout juste dans le parcours après son opération aux ligaments croisés du genou. C'est chérot à première vue mais véniel, en définitive, par rapport à l'argent qu'Aruna Dindane palpera un jour. Car dans le clash avec ses dirigeants, il n'y a pas à douter que le tout grand vainqueur, c'est lui. Il est en effet assuré de partir un jour, et si possible avant l'échéance de son contrat, le 30 juin 2006. Pour le club bruxellois, en revanche, les garanties ne sont pas du tout les mêmes. Certes, Anderlecht dispose de trois périodes de transfert avec l'espoir d'écouler son joueur-vedette. Mais de là à obtenir les 12 millions d'euros pour lesquels la tête de l'attaquant était mise à prix voici peu, il y a une fameuse marge. Dans le monde du football, tout le monde sait aujourd'hui que l'Ivoirien ne fera pas de vieux os dans la capitale. En soi, c'est déjà une bonne raison de ne pas s'aligner sur le prix réclamé. Et il est permis de douter que lors du prochain mercato d'hiver, les candidats acquéreurs se pressent déjà au portillon. Dernièrement, la plupart des grosses transactions se sont déroulées dans les dernières heures de la période des transferts et sans doute n'en ira-t-il pas autrement en ce qui concerne Aruna Dindane. Avec le risque que sa valeur ne soit plus à la hauteur souhaitée. Sauf, bien sûr, s'il fait des éclats en Ligue des Champions. L'année passée, à cet égard, l'intéressé avait démontré toute sa verve à domicile avec le Sporting. Mais il s'était planté royalement en déplacement, à l'image de toute l'équipe d'ailleurs. Anderlecht, qui est certain à présent de conserver son joueur jusqu'à la trêve hivernale au moins, a mis les bouchées doubles dans l'intervalle pour lui trouver un digne successeur. Une entreprise qu'il aurait sans doute déjà dû effectuer plus tôt, entendu que l'on sait quand même depuis plusieurs mois que Dindane n'est plus qu'un joueur en sursis à Bruxelles. Dans le vivier abidjanais du FC Bibo, où les Mauve et Blanc sont allés puiser déjà Bassalia Sakanoko et Cheik Ismaël Tiote, incorporés tous deux aujourd'hui dans le noyau Espoirs, aucune grande pointure ne s'impose actuellement pour la division offensive. En revanche, pour ce qui est du poste de latéral, le Sporting a peut-être trouvé la perle rare en la personne du jeune Fodé Diakité (19 ans), qui débarquera dès la fin de ce mois à Neerpede. A défaut d'une solution au sein de la jeune classe, le Sporting devrait peut-être se souvenir qu'il y a deux ans, après la Coupe d'Afrique des Nations 2002 au Mali, le nom d'un autre footballeur ivoirien, qui barrait alors Dindane en sélection, figurait en lettres grasses sur les petits calepins : celui de Kader Keita, actif à l'époque en Tunisie, à l'Etoile du Sahel. Parti entre-temps dans les Emirats, il rêve toujours d'une carrière européenne, dit-on. Ne serait-ce que pour récupérer chez les Eléphants la place qu'il a perdue au détriment de l'Anderlechtois et de son compère, DidierDrogba. Par ses qualités techniques et ses déhanchements diaboliques, l'intéressé est incontestablement celui qui se rapproche le plus d'Aruna Dindane. Par contre, si on abandonne l'idée d'un profil similaire, d'autres attaquants entrent bien évidemment en ligne de compte. A ce propos, nous ne sommes pas sûrs du tout qu'Herman Van Holsbeeck ait tout à fait abandonné l'idée de récupérer Wesley Sonck, qu'il avait connu en son temps au RWDM. La première tentative de rapprochement s'était, comme on s'en souviendra, soldée par un cuisant échec, puisque les responsables de l'Ajax avaient gentiment éconduit leurs homologues bruxellois. La deuxième se heurta à un njet catégorique de la part du principal intéressé lui-même, davantage soucieux de percer à Amsterdam que de reprendre le chemin de notre capitale. Reste à voir toutefois si ce raisonnement vaudra toujours au cas où Wes continuerait à faire banquette à l'Ajax. Dans ce cas aussi, un poste de titulaire au Parc Astrid le rapprocherait d'une sélection nationale où sa place n'est plus automatiquement réservée, comme il a pu s'en rendre compte dernièrement contre la Norvège. Bruno GoversJestrovic s'était farci 10.000 EUROS D'AMENDE : combien pour Aruna ?