Lundi 26 juin Terre d'Orange

Hinterzarten devra se replonger dans la réalité. C'est là, au c£ur de la Forêt Noire que séjournait l'équipe néerlandaise. Le Parkhotel Adler peut retrouver sa clientèle huppée alors que Marco van Basten doit faire face aux critiques. Dans son approche de la presse, l'ancien attaquant a toujours gardé ses distances. Cela s'explique par son caractère qui balance entre réserve et arrogance. Jusqu'au match contre le Portugal,Van Basten a été épargné par la presse alors que son prédécesseur, Dick Advocaat n'avait pas joui du même crédit lors de l'Euro 2004. Pourtant, le protégé de Johan Cruijff, n'a rien apporté au jeu hollandais. Absent et froid en bord de ligne, peut-être devra-t-il réfléchir à une autre manière de travailler... même si la fédé néerlandaise devrait prolonger son contrat jusqu'en 2010.
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Hinterzarten devra se replonger dans la réalité. C'est là, au c£ur de la Forêt Noire que séjournait l'équipe néerlandaise. Le Parkhotel Adler peut retrouver sa clientèle huppée alors que Marco van Basten doit faire face aux critiques. Dans son approche de la presse, l'ancien attaquant a toujours gardé ses distances. Cela s'explique par son caractère qui balance entre réserve et arrogance. Jusqu'au match contre le Portugal,Van Basten a été épargné par la presse alors que son prédécesseur, Dick Advocaat n'avait pas joui du même crédit lors de l'Euro 2004. Pourtant, le protégé de Johan Cruijff, n'a rien apporté au jeu hollandais. Absent et froid en bord de ligne, peut-être devra-t-il réfléchir à une autre manière de travailler... même si la fédé néerlandaise devrait prolonger son contrat jusqu'en 2010. L'Allemagne est en deuil. Car Bruno, l'ours, rejeté par sa mère, est mort. Durant un mois, les Bavarois ont mené une véritable chasse à l'ours à travers les Alpes autrichiennes et italiennes. Preuve qu'en Allemagne, on ne s'occupe pas uniquement de foot. Bruno était devenu une sorte de mascotte pour la Mannschaft. On a vu arriver sur le marché des t-shirts à l'effigie de Bruno qui pourront toujours trouver place à côté du drapeau allemand. On n'est pas loin de penser que les Allemands sont prêts à observer une minute de silence en hommage à cette pauvre bête... Le chasseur qui a tué Bruno a même reçu des menaces de mort et le ministre bavarois de l'Environnement, Werner Schnappauf, a failli démissionner. La tristesse ne connaît pas de frontière. Cette histoire s'est même retrouvée dans les colonnes du New York Times, du Guardian et d' El Pais. Après 19 jours de compétition, le Mondial fait relâche. La population se demande que faire à l'heure des matches. Le Fan-Meile est vide. On compte les heures qui séparent ce moment de repos de la prochaine rencontre contre l'Argentine. Pendant ce temps, à Berlin, l'équipe allemande donne une conférence de presse. L'adjoint Joachim Löw parle la même langue que Jürgen Klinsmann : claire, analytique, mettant l'accent sur le travail d'équipe. Le responsable du scouting Urs Siegenthaler est aussi fort impliqué dans les prestations : il a minutieusement suivi toutes les rencontres de l'Argentine. " Il n'y a rien que nous ne sachions pas de cette équipe ", dit Löw. Mais à la question de savoir quels sont les faiblesses de l'équipe argentine, il reste évasif : " Ils font des fautes lorsqu'ils sont mis sous pression ". Un journaliste s'interroge quant à lui sur la montée en puissance de l'équipe allemande et la confiance croissante. Löw la joue " très collectif " en incluant tout le staff technique de l'équipe, y compris le psy... Franz Beckenbauer travaille dur à Berlin, dans son quartier général près de la porte de Brandebourg. Mercredi : conférence contre le racisme, à midi un dîner avec son équipe et le soir un barbecue avec tous ses collaborateurs du comité organisateur. Jeudi : une rencontre avec Pelé, et une visite du musée historique. Sans oublier une interview sur le site de la FIFA. Beckenbauer se montre satisfait de l'organisation. Quant à son rôle, il estime qu'il joue libéro et contribue à lancer les offensives de son équipe. Histoire de montrer aux jeunes qui ne l'ont jamais vu jouer qui est Der Kaiser. Au stade Olympique de Berlin, la fouille est de mise. Seul hic : on nous interdit de rentrer avec une bouteille d'Evian au prétexte que la marque d'eau française ne fait pas partie des sponsors de l'événement ! Autour de la porte de Brandebourg, véritable épicentre de la grand-messe du football, la bière coule à flot. Plus d'un million de personnes se sont pressées après la victoire allemande contre la Suède, une victoire qui a galvanisé les troupes avant le quart de finale. Et le conte de fée continue. En orgie de joie lorsque le gardien Jens Lehmann arrête deux penalties contre l'Argentine lors de la séance de tirs au but. Même les journalistes perdent leurs repères. Comme Monica Lierhaus, présentatrice télé qui, alors qu'elle attend les joueurs allemands devant leur hôtel, éclate de rire en direct lorsque Lukas Podolksi scande son nom. Personne n'est plus seul au monde que le sélectionneur argentin José Pekerman. L'élimination à peine actée, il a donné sa démission. Désespéré et désarçonné. Mis sous pression dès avant le mondial, il ne jouissait pas du soutien de Diego Maradona. En partant de son proche chef, il garde sa dignité. Il a conclu que son coaching lors du match contre l'Allemagne était fautif et que ses changements avaient failli. Il se demande ainsi pourquoi avoir sacrifié Juan Riquelme, le c£ur de l'équipe, pourquoi avoir remplacé Hernan Crespo et pourquoi avoir laissé sur le banc Lionel Messi. Il est rare de rencontrer un entraîneur qui s'autocritique... C'est maintenant Maradona qui se prépare pour la succession, ce qu'il ambitionnait déjà au moment de la nomination de Pekerman. Suite à ses nombreuses critiques, la fédération lui avait proposé de devenir conseiller mais il voulait être seul maître à bord. Dietzenbach, une petite cité des environs de Francfort, fut notre camp de base durant cette Coupe du Monde. Après la victoire contre le Costa Rica, on a assisté à l'apparition des premiers drapeaux allemands et le propriétaire d'un restaurant italien du village a tiré bénéfice du succès de l'Allemagne en plaçant un écran géant dans son restaurant. A chaque rencontre, il faisait salle comble. Un autre restaurateur italien offrait quant à lui une grappa à chaque but de l'Allemagne ou de l'Italie. Au fur et à mesure de l'avancée du tournoi, la ville prit de plus en plus les couleurs rouge, noir et or. Sur les autoroutes, toutes les voitures sont coloriées de drapeaux allemands. Et il n'est pas rare de croiser, dans une station service, une caissière avec des boucles d'oreille aux couleurs nationales. JACQUES SYS, ENVOYÉ SPÉCIAL EN ALLEMAGNE